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L'ombre de Thot donc ou Benjamine Gates contre Jack l'éventreur à la poursuite des mystérieuses cités d'or. Bien qu'abordé sans a priori, j'ai été extraordinairement déçu par ce roman.

1883, un mystérieux assassin sême la terreur à Whitechapel. Des prostituées sont assassinées et mutilées de manière atroce, on leur a prélevé des organes : foie, viscères... A chaque fois, un dessin représentant un ibis stylisé est tracé avec le sang de la victime. Les agitateurs s'activent et les soupçons du peuple se portent sur le petit fils de la reine Victoria, président d'honneur d'un cercle d'égyptologue...

Sarah Kincaid est la fille prodigue d'un archéologue brillant récemment décédé. N'ayant pas réussi à faire son deuil, elle s'est plongée dans les travaux de son père dans la demeure provinciale de la famille lorsque son parrain, Mortimer Laydon, médecin royal, vient la chercher. Jeffrey Hull conseillé de la reine est aux abois et prêt à tout pour mettre un terme à ses meurtres, même faire appel à une femme malgré les préventions de la société victorienne.

Elevée sur les chantiers de fouille archéologique d'Egypte et de Lybie, elle est résolumment moderne dans son schéma de pensée. Une fois qu'elle a été imposée à Scotland Yard, elle fera appel à une ancienne relation le medium français Maurice du Gard.  Maître de l'art de percer les brûmes du futur via la consommation simultanée d'opium et d'absinthe. Ensemble, ils pourront forcer la porte du suspect royal et constater son innocence flagrante.

Le vieux principe socratique selon lequel les connaissances nouvelles provoquent de nouvelles questions s'est encore vérifié.

Avec un curieux mélange de soulagement et de trouble, Maurice du Gard et moi avons quitté le palais de St James ; soulagement que l'héritier du trône britannique ne soit apparemment pas le meurtrier qui commet ses forfaits dans l'East End ; mais trouble aussi parce que nous avons l'impression d'être parvenu au seuil d'un scandale d'une ampleur incalculable ; sans le savoir, nous nous sommes approchés de l'abîme du fond duquel le néant nous contemple.

Alors que grâce à une vision de du Gard, Sarah est un inspecteur tombe presque sur le meurtrier... Suite à cette réussite, de mystérieux sicaires enlèvent Mortimer Laydon dans sa résidence sous les yeux de Sarah laissant le symbole de l'ibis stylisé derrière eux. Résolue, Sarah poursuit son enquête avec l'aide de du Gard et découvre le mythe du Livre de Thot et de l'arme fantastique qui le défend, le feu de Thot, dont il est aussi la clé. Les assassinats ne seraient qu'un chantage exercé à l'encontre du prince pour financer une expédition archéologique en Egypte au profit d'une sinistre organisation secrète.

La jeune femme réussit à convaincre Hull et se retrouve à nouveau en Egypte dans son élément naturel, loin des corsets victoriens.

La jeune femme se présentant devant eux ne semblait pas être la même que celle qui avait voyagé avec eux. Sarah avait en effet troqué ses vêtements contre un pantalon de cavalier couleur sable ajustés au corps, et ses chaussures de ville contre des bottes de cuir montantes s'arrêtant juste sous les genoux. Un corsage blanc à manches larges et un gilet de cuir de bouc souple complétaient la tenue. Au lieu d'une écharpe et d'un chapeau, elle avait noué autour de sa gorge un foulard blanc, pas très différent de ceux que portent les Bédouins pour se protéger du soleil et du sable. Des lunettes aux verres fumés, ronds, hardiment juchées sur son nez, lui offraient leur protection contre la réverbération aveuglante. Ses longs cheveux étaient désormais relevés. Mais ce qui choqua le plus ses compatriotes, ce fut qu'une Anglaise, une lady qui plus est, fût armée.

Et là tout dérape, la mystèrieuse organisation multiplie les attentats contre l'expédition semblant vouloir mettre un terme à la quête archéologique, par ailleurs une autre organisation semble se dresser à son tour contre les anglais... Et le coup de grâce arrive avec les ficelle façons Indiana Jones : au début on a plein d'ouvrier pour déterrer des indices enfouis depuis des millénaires sous le sable pour finalement arriver avec une équipe plus que réduite dans la ruine finale à ciel ouvert en plein désert, pratique lorsque les ouvriers ont pris la fuite depuis longtemps. Sans oublier, le réservoir millénaire plein de crocodiles en plein désert mais muni d'une chasse d'eau toujours fonctionnelle fort pratique et le méchant qui débarque à la fin pour expliquer sa démarche par le menu. Quant au feu de Thot...

Bien que Sarah Kincaid soit une héroïne tête à claque qui a toujours raison même quand elle a tort : en voulant distancer une tempête de sable par exemple, la partie londonienne du roman fonctionne assez bien soutenue par les extraits du journal de la jeune femme. Le roman sombre définitivement avec l'arrivée en Egypte, le déploiement de l'archéologie d'opérette et les extraits du journal au présent quand l'héroïne est à l'agonie ou totalement entravée...  Pour ce qui est de Jack l'éventreur, le roman conclu de manière ridicule en explicitant les assassinats 1888 dont il avait repris l'ambiance générale à son commencement.

Bref L'ombre de Thot est un thriller mou qui ne convainc pas, plein de poncifs hollywoodiens et finalement assez ennuyeux.