Dilvish le damné de Roger Zelazny
Libérateur de la cité de Portaroy, Dilvish a disparu brusquement ne laissant derrière lui qu'une statue à laquelle les habitants reconnaissants de Portaroy ont fait une place de choix... Des siècles plus tard, alors que Portaroy est assiégée, la statue laisse place à Dilvish tout juste échappé des enfers grâce au concours d'un étalon d'acier noir, apparemment démoniaque...
- Il l'a changé en pierre !
- En effet. Dilvish a passé sur cette place plus de deux siècles. Il a lui-même servi de monument à sa gloire, la poing levé pour affronter les ennemis de la ville libérée par ses soins. Nul n'a jamais su ce qu'il était advenu de lui, mais ses amis ont vieilli puis sont morts, tandis que sa statue restait là, immuable.
- Il dormait dans la pierre.
- Non, l'Innommable n'a pas la malédiction aussi tendre. Pendant que le corps du malheureux se figeait, pétrifié dans son accoutrement guerrier, son esprit était banni jusqu'en l'Enfer le plus profond où le sorcier pouvait l'expédier.
- Oh...
Après avoir sauvé Portaroy une nouvelle fois, Dilvish se mettra en quête du responsable de ses siècles de damnation, le puissant mage Jélérak. Ce dernier étant quelque peu insaisissable et disposant de nombreuses places fortes, la vengeance de Dilvish se traduira par une errance plein de surprises et de péripéties inattendues... D'une rencontre avec un prétendu seigneur vampire jaloux à des magiciens ou dieux facétieux en passant par un coupeur de bourse surprenant.
- Vous allez en pèlerinage au sanctuaire, vous aussi ?
- Quel sanctuaire ?
- Celui de la déesse Souffrance, sur la colline.
Rogis montrait la piste, qui menait au sommet de l'éminence la plus proche.
- Non, j'ignorais jusqu'à l'existence de cette fameuse Souffrance. Dispose-t-elle de pouvoirs particuliers ?
- Elle a le don d'absoudre les meurtriers.
- Vraiment ? Serait-ce la raison de votre pèlerinage ?
- Oui et je l'ai déjà fait plus d'une fois.
- Vous venez de loin ?
- Non, je vis un peu plus haut sur la route. Ca rend les choses nettement plus simples.
- Je crois que je commence à comprendre de quoi il retourne.
- Tant mieux. Si vous aviez l'amabilité de me donner votre bourse, vous éviteriez à la déesse de se fatiguer à accorder une absolution supplémentaire.
Avec onze nouvelles et un roman, Roger Zelazny a dressé une petite saga de fantasy très agréable, marqué par quelques images déjà aperçu dans d'autres de ses oeuvres (notamment un personnage semblant échappé de Royaumes d'ombres et de lumières), assez originale dans ses rebondissements. La forme des textes donnent un ensemble assez elliptiques ce qui n'est pas désagréable et donne un certain dynamisme à la narration.
Il reculait toujours, donnant des signes de fatigue qui n'étaient pas totalement feints, étudiant le style du chaman, clignant des yeux à cause de la lame de feu. Il lui semblait avoir plongé la main dans un four. Pourquoi s'était-il précipité à l'aide d'une malheureuse qu'il savait condamnée, alors que les chances étaient à ce point contre lui ?
Une vision lui traversa brusquement l'esprit. Une autre nuit, il y avait bien longtemps ; une autre victime, promise au sacrifice par un autre magicien ; les conséquences de ses propres actes... Il sourit : voilà, il avait recommencé... et il recommencerait encore, le cas échéant, lui qui s'était souvent posé la question, pendant une éternité de souffrance. Un instant, il entrevi brièvement quelque chose de son être profond : il avait craint que les épreuves ne l'eussent brisé, mais force lui était de constater qu'il n'avait pas changé.
Le monde dépeint par Zelazny est assez sympathique tant par ses divinités oubliées ou issues de l'imaginaire de Lovecraft que pour ses magiciens savourant avec délectation le luxe que leurs activités leur ont procurées. Dilvish de son côté est assez sympatique, mélangé étonnant de noblesse et de pragmatisme faisant de ce recueil une lecture agréable, "la cité divisée" m'ayant semblé en être le seul moment faible.
La chronique de Délices et Daubes
Anthologie officielle des utopiales 2010
Après la préface de Pierre Bordage sur les frontières du genre qui m'a plutôt convaincu, c'est Vincent Gessler qui ouvre la bal avec Miroirs du Ciel. Un texte assez contemplatif sur les difficultées de cohabition entre les membres du colonie perdue et les terriens qui les ont retrouvés et entendent bien imposées leurs vues. L'inspecteur Hans Till chargé de suivre les opérations de pacification suivra un cheminement des plus prenants... Un texte très réussi qui confirme ma bonne opinion sur Vincent Gessler.
Avec La Chose, Peter Watts donne la parole à l'extra-terrestre du film de Carpenter. Surprenant, dépaysant et superbe réussite et hommage. Un très bon moment.
La fête de la comète de Juan Miguel Aguilera nous plonge dans une allemagne des années 30 alternatives mais fondamentalement pas très différente. Univers parrallèles et enjeux globaux, je n'ai pas été emballé, l'histoire m'a semblée vaine.
Dans Reviens, Carol ! dote un petit échantillon de l'humanité de la faculté de se téléporter. Une nouvelle efficace qui étudie toute les implications tant sociales que physiques du phénomène. Un très bon moment.
Iain McDonald met en place une ambiance à la fois désabusée et onirique pour sa conclusion dans Le vieux cosmonaute et l'ouvrier du bâtiment rêvent de Mars. Regrets et rancoeur suite à une conquête martienne avortée d'un côté et quotidien désanchanté de l'autre. Une improbable rencontre magnifiquement contée. Un excellent moment.
La ville féminicide est l'occasion pour Thomas Day d'aborder la disparition de centaines de femmes dans la ville mexicaine frontalière de Juarez. Un texte violent et amoral mais sans excès, la narration est parfaitement maîtrisée dans ce conte atroce.
Lucius Shepard avec Le Chasseur de Jaguar livre un texte superbe sur la disparition d'une culture dans un coin désenchanté d'Amérique du Sud. Un texte très fort, superbement mené.
Le recueil se termine avec Les rivages extrêmes de la mer intérieure de Justine Niogret, un récit introverti dans un univers post apocalyptique qui ne m'a pas convaincu. La fin tombant quelque peu à plat.
Avec une majorité de bons textes, cette anthologie se révèle plus que satisfaisante et à recommander. Une réussite !
Une lecture commune avec Lhisbei et Gromovar.
L'avis de Tigger Lilly et du Traqueur Stellaire.
Et parce que Lhisbei a écrit :"Et parce que la nouvelle de Ian McDonald nous parle de Mars, celle de Vincent Gessler nous emmène sur une exo-planète et que celle de Justine Niogret est pour moi du post-apo, j'appose solennellement une guirlande de logos", je fais de même.
Challenge Fins du monde Summer Star Wars Défi Martien
Saluons le Summer Star Wars V !

M et Mme Lhisbei ont lancés cet été le challenge Summer Star Wars V et je viens de me rendre compte que je n'ai pas salué l'évènement tout en comptant n'y participer que de manière anecdotique.
Alors pour lancer le RSF blog dans les étoiles, voici une petite dédidace hors concours à travers quelques extrait de la série Babylon 5.
Commençons avec cet extrait de la saison 1 qui introduit Morden l'effroyable laquais des ombres et le tragique ambassadeur centauri Londo Mollari.
Au cours la saison 2, les narns seront écrasés par les centauri assistés des ombres. L'occasion pour l'ambassadeur narn G'kar de gagner en profondeur et de commencer son cheminement...
Fin de la saison 2, le capitaine Sheridan a accordé un bref asile à un croiseur narn rescapé de la guerre mais l'ambiance change sur Terre et les centauri ont été prévenus.
Enfin saison 3, suite au coup d'état fasciste du président de l'alliance terrienne, Babylon 5 et les colonies terriennes éloignées ont déclarées leur indépendance. Alors que Sheridan rencontre deux autres navires en rébellion, les forces loyalistes montent à l'assaut... A noter que cette séquence est un montage par contre.
Et à bientôt sur ce challenge pour des lectures de space opera...
Gold Rush de Blengino, Sarchione et Pieri

Pas emballé plus que cela par le concept du Casse de Delcourt, j'étais passé à côté de cette perle, fort heureusement Gromovar l'a suffisament bien mise en avant pour que je finisse par me jeter dessus.
1899 en Alaska, un évadé en fuite retrouvera un ami organisateur de spectacles, prestidigateur et grand dévaliseur de trains. Très vite le premier entrainera le second dans une vengeance commune dont le point d'orgue sera le vol d'une pépite géante.
Las son propriétaire ancien officier nordiste (le contentieux avec les protagonistes remonte à cette époque où ils ont servis ensemble) est un véritable psychopathe qui a mis sa ville frontière du Yukon en coupe réglée, utilisant les pires crapules pour faire régner l'ordre.
Comme dans toute histoire de casse, le duo recrutera en cours de route les compagnons indispensables à l'opération. Une belle galerie de personnages, bien travaillés, sans parler des trognes de certains. La narration n'est pas en reste avec nombres de surprises et de rebondissements, certains attendus d'autre beaucoup moins.
Au final un très bel album, notamment pour ses paysages magnifiques et une histoire sans faille, rappelant les westerns de Sergio Leone. Un très bon moment.
Les tourbillons de Naruto de Hiroshige
Petit puzzle de 150 pièces, Les tourbillons de Naruto de Hiroshige s'avère un challenge distrayant de Puzzle Michèle Wilson. Il m'a fallu un peu plus d'une heure pour le terminer ce qui est très honnête à ce format.
Accessoirement c'est sans doute l'estampe de Hiroshige que je préfère.
Bon maintenant il va falloir s'attaquer aux plus gros...








