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Mais moi qui ne suis pas formé pour ces jeux folâtres, ni pour faire les yeux doux à un miroir amoureux, moi qui suis rudement taillé et qui n'ai pas la majesté de l'amour pour me pavaner devant une nymphe aux coquettes allures, moi en qui est tronquée toute noble proportion, moi que la nature décevante a frustré de ses attraits, moi qu'elle a envoyé avant le temps dans le monde des vivants, difforme, inachevé, tout au plus à moitié fini, tellement estropié et contrefait que les chiens aboient quand je m'arrête près d'eux ! eh bien, moi, dans cette molle et languissante époque de paix, je n'ai d'autre plaisir, pour passer les heures, que d'épier mon ombre au soleil et de décrire ma propre difformité. Aussi puisque je ne puis être l'amant qui charmera ces temps beaux parleurs, je suis déterminé à être un scélérat et à être le trouble-fête de ces jours frivoles.

Relecture de Richard III après quelques années. La fin de la guerre des Roses et les manigances sanglantes de Richard pour arriver sur le trône sont prenantes. Richard est l'archétype du méchant qui donne tout son sel à un bon récit d'autant que son point de vue est largement présentée.
Une pièce magistrale qui illustre pleinement l'ambiance de guerre civile, les alliances se nouant et se dénouant à la vitesse de l'éclair, les trahisons et changements d'allégeances étant nombreux au fil de l'évolution de Richard qui devient de plus en plus impitoyable au fil de ses réussites.

- James Tyrrel, votre très obéissant sujet.
- L'es-tu réellement ?
- Eprouvez-moi, mon gracieux lord.
- Oserais-tu te charger de tuer un ami à moi ?
- Si cela vous plaisait ; mais j'aimerais mieux tuer deux de vos ennemis.

Richard III bien qu'assez sinistre, reste une de mes pièces favorites de Shakespeare. Richard est le genre d'incarnation du mal qu'on a du mal à oublier, tant son ascension que sa chute sont agréable à suivre. Un classique.


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Une lecture effectuée dans le cadre du Challenge Elisabéthain d'Isil que je poursuivrai ce soir avec une petite provocation à son attention...

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Histoire de rester dans l'ambiance de la pièce, je compte visionner ce soir cette adaptation assez originale, tant pour sa transposition années 30 - 40, que l'adaptation du texte lui même. Nombre de scènes de transition ont été supprimées ainsi que quelques personnages secondaires telle la Reine Marguerite dont une tirade est léguée à la Duchesse d'York, rendant la pièce plus nerveuse, hantée par le personnage de Tyrrel. Ian McKellen semble pleinement dans son rôle de même que la plupart des actrices féminines qui l'entoure (Annette Bening, Kristin Scott Thomas et Maggie Smith). Un film que j'ai vu et revu et qui à le mérite de m'avoir amené à Shakespeare.