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Quatre individus différents que rien ne relie si ce n'est qu'ils sont morts, de manière violentes et sont destinés aux Enfers...

Il croise d'autres passagers sur la passerelle qui surplombe le pont inférieur, tous habillés d'une façon aussi délirante que ceux du dessous, et en aperçoit d'autres encore à travers la vitre d'un compartiment de places assises. Soudain, la vue à tribord attire son regard. par-delà le bastingage et la balafre d'un fleuve en hiver, malgré les nuages bas et le brouillard, il aperçoit un horizon qui n'est pas sans évoquer Manhattan, mais un Manhattan délabré, désert. On dirait que toutes les fenêtres de la ville des gratte-ciel ont explosé, que tous les bâtiments ont été mitraillés ou bombardés, que chaque surface visible est badigeonnée de poussières et de cendres.

Eli, suicidé est condamné à l'oubli en errant dans les rues jusqu'à ce que les autorités se souviennent de son existence.

"Ce petit camé ne raconte que des bobards, mais il a raison sur un point. Ici, personne n'en a rien à foutre de toi. Pas plus que quand t'étais en vie. Pas plus que toi tu ne te soucies des autres. C'est ça, l'Enfer, pour nous."

Belle, prostituée assassinée doit revivre quotidiennement les pires moments de son existence. Matthew, homosexuel sera "soigné". Seven revivra ce qu'il a subit et fait subir. Ce dernier est un dur, un enragé. Contre toute attente après un temps interminable de torture, il réussit à fausser compagnie à ses geôliers et à se frayer un chemin sanglant dans l'Institut...

C'est un avantage relatif, parce qu'il est tout seul contre une tripotée d'enfoirés, mais bon, il est en Enfer et putain, s'ils avaient des couilles, ces sales fils de pute ne se trouveraient pas dans cette situation. D'autre part, les probabilités, ça ne veut rien dire dans une logique faussée, dans un labyrinthe de couloirs qui ne vont nulle part, et Dieu sait quoi d'autre, putain ! Et si c'est la logique des cauchemars, dans ce cas-là, ce sont toujours les monstres qui gagnent.
La survie du plus méchant.
Il lui suffit donc d'être le pire de tous les fils de putes de l'Enfer.

La rage meurtrière de Seven n'est pas une nouveauté mais se grefferont à sa course aveugle Matthew dont les espoirs leurs permettront d'échapper à un premier dédale... Simultanément Belle profitant du désordre semé par Seven, réussit à échapper à son tortionnaire de l'après-midi, sa fuite lui fera croiser la route d'Eli... Quand les deux groupes de fuyards se recontreront, se produira alors une alchimie imprévue, chacun apportant l'élément nécessaire à l'avancée du groupe. Une descente qui les conduira aux tréfonds de l'Enfer vers une révélation et peut-être la clé de la sortie.

Evadés de l'Enfer, moins enlevé que le diptyque Vélum - Encre, strictement linéaire, n'en reste pas moins assez entrainant. Pas trop long et mené à rythme d'enfer, il se laisse dévorer. La vision de l'Enfer d'Hal Duncan est assez originale empruntant tant aux grecs qu'à la chrétienté largement modernisée question châtiment. La révélation et la conclusion sont sympathiques.
Ce n'est pas le meilleur roman de Hal Duncan mais un petit roman malin et très entrainant.

Les avis de : Gizeus et Anudar.