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Syn a ramassé ses sacoches et commencé à gravir l'étroit sentier. L'appréhension qui le saisit lorsqu'il est dans la proximité de ses pairs l'accompagnera aussi longtemps qu'il ne sera qu'il ne sera pas redescendu et retourné ai coeur de la forêt. Un mélange d'excitation, de crainte, de frustration, d'envie de malaise et de suspicion.

L'Apocalypse a été déclenchée, les civilisations belligérantes rayées de la carte. La nature a repris ses droits, la forêt recouvrant les ruines de l'ancien monde. Les survivants ne vivent plus qu'en petites communautés éparses ou errantes, promptes à s'étriper avec les armes du passé qui leur tombent sous la main. D'autres dangers hantent la forêt, les diasols, des robots qui vaquent à leurs occupations tout en éliminant tous les humains qu'ils croisent mais aussi une mystérieuse entité furtive qui orchestre des campagnes de terreur.

Syn jette un regard au mât qui se profile sur fond d'azur, soutenant les deux dépouilles entrelacées dans les flammes. La mort a frappé cette nuit, tout en bas du pic. Il connaît trop les hommes pour ne pas les suspecter de ce genre d'atrocités. Mais ce sont les démons de métal qui courent sur les lèvres, les diasols peuplant les légendes et les nuits de Méandre. Pourquoi des robots se donneraient-ils le mal d'une telle mis en scène, eux qui tuent comme ils creusent, rapides et précis ? Ou alors un épouvantail ? C'est la première pensée qui a frappé Syn au récit de la vieille. Mais qui prendrait au sérieux cette idée ? Autant parler de démons.

Syn est un trappeur, vivant en ermite avec son étrange loup, la plupart du temps, ne se mêlant aux hommes qu'en de brèves occasions. Lors d'une de ses visites à la bourgade de Méandre, la situation dégénère, la communauté troglodyte proche profite des festivités du printemps pour mener un raid et enlever des femmes.
C'est décidé, il y aura la guerre. Cette dernière, Syn, l'a déjà connue et est bien décidé à ne pas y participer.

Malgré cette décision, le conflit le frappera de plein fouet, la rumeur de la bataille à venir attirant dans la région toutes sortes de mercenaires et de pillards.

- Les diables du sol ! soupire Dek à voix basse, jetant un regard en biais sur les tables voisines. Si ces hommes avaient un peu de courage, ils pourraient nettoyer la forêt alentour ! Ce sont des lâches.
- Ce n'est pas si simple. Regarde les troglodytes : ils vivent la nuit et évitent le jour. Ils en ont si peur qu'ils se terrent dans leurs cavernes. Ils craignent qu'un morceau du soleil se détache et brûle le monde.
- Ridicule.
- Tant que ça ? Que crois-tu qu'il soit arrivé aux anciens.
Dek digère les mots de Syn sans répondre.
"Nous marchons sur leurs ruines toute l'année, continue Syn, nous devons nous battre contre les machines qu'ils ont créées avec l'aide de machines qu'ils ont créées. Nous leur devons notre mode de vie, une partie de nos problèmes et de nos solutions, et nous ignorons à peu près tout de ce qu'il s'est passé. Il y a un peu de vrai dans toutes les histoires qui se racontent."

Cygnis est écrit très agréablement et la poignée de protagonistes de cette histoire ne sont pas des héros au coeur pur, chacun trainant sa part de ténèbres. L'ambiance assez contemplative du début bascule assez vite dans la violence et si les péripéties ne sont pas toutes forcément originales, le dénouement tient la route et est assez bien amené. Un roman court qui n'est pas sans rappeler Nausicaa de la Vallée du Vent ou Princesse Mononoke de Miyazaki. Un bon moment et une approche originale du post apocalyptique, malgré quelques petites imperfections.

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