23 octobre 2010

Nous ne serons jamais des héros de Salsedo, Jouvray et Salsedo

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Michaël est un trentenaire en galère, sa vie est rythmée par les missions d'intérim qu'il dégotte et sa tendance au cocooning...
A la mort de sa grand-mère, son père reprend contact avec lui et sa soeur... Les funérailles passées, Charles propose un marché à son fils. Infirme depuis l'accident qui a coûté la vie à son épouse, il a besoin d'un accompagnateur pour le tour du monde de ses souvenirs qu'il compte effectuer grâce à l'argent de la vente de la maison de sa mère.

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Après quelques hésitations, Michaël accepte de renouer avec ce père acariâtre, qui avait couper les ponts avec ses enfants. Le voyage démarre comme une nouvelle galère pour Michaël qui découvre à quel point son père est pénible...

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Au fil de leur pérégrinations toutefois, il en apprendra plus sur ses parents au fil des réminiscences de Charles dans les lieux ou les ambiances de son passé.

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Quelques rencontres impromptu ou des figures du passé de Charles leur permettront de s'interroger sur leur vie respective...

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Road movie doux amer, succession de moments forts ou sympathiques : barrière des générations, redécouverte réciproque, rencontres marquantes, quelles soient agréables ou non, et contemplation de lieux ou paysage. L'histoire n'est peut être pas des plus originales, il n'en reste pas moins qu'elle est narrée de manière impeccable.  Nous ne serons jamais des héros se révèlent une très bonne surprise. Une BD que j'aurai plaisir à relire.

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Starfish de Peter Watts

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Un vague soleil cuivré se précise à tribord. Il ne s'agit guère que d'un flambeau au sommet d'un poteau, un marqueur de territoire qui repousse l'abysse à l'aide d'une ampoule au sodium et d'une pulsation VLF. Une manière pour l'Autorité du Réseau Electrique de pisser sur un rocher afin d'annoncer à qui veut l'entendre : cet endroit infernal est à nous.

La crise énergétique a atteint son paroxysme, pour répondre à la demande sans cesse croissante des stations géothermique sont installés le long de failles abyssales dans le Pacifique. Installés dans l'urgence et dans un milieu hostile, les stations ont besoin d'un entretien continu. Reste à trouver des individus acceptant et surtout capable de rester au moins une année au fond de l'océan dans un environnement oppressant.

Quand les lumières s'éteignent, dans la station Beebe, on entend le métal gémir.
Etendue sur sa couchette, Lenie Clarke tend l'oreille. Au dessus de sa tête, de l'autre côté des câbles, des tuyaux et du revêtement aussi fragile qu'une coquille d'oeuf, trois kilomètres d'océan noir tentent de l'écraser. Elle sent le rift sous elle, en train d'éventrer le fond marin avec assez de force pour déplacer un continent. Allongée dans ce refuge fragile, elle entend la carapace de Beebe bouger de quelques microns, entend ses soudures produire un grincement presque imperceptible pour une ouïe humaine. Dieu est un sadique sur la dorsale de Juan de Fuca, et Son nom est Lois de la Physique.
Comment m'ont-ils convaincue de faire ça ? se demande-t-elle. Pourquoi suis-je descendue ici ? Mais elle connaît déjà la réponse.

Les pionners de formation et d'horizon différents ont été sélectionnés selon deux critères les champions de la maîtrise de soi et les psychotiques... La seconde catégorie s'est révélée celle la plus à même de s'adapter...
Modifiés génétiquement et dotés d'un machine à produire de l'oxygène par électrolyse ses êtres instables en surface vont parfaitement s'adapter à l'obscurité et au désert du fond de l'océan.
Un désert émaillé d'oasis où une vie étrange s'est développée, des poissons gigantesques mais fragiles du fait de nombreuses carences, survivent autour des cheminées volcaniques.
Malgré quelques pertes initiales, l'équipage de la station Beebe va arriver à un point d'équilibres renforcer par la suite par la modification sur le tas de l'équipement qui leur a été greffé... Tout ce petit monde finira d'ailleurs par se trouver plus à l'aise dans l'océan obscur qu'au sein de la station étriquée.

Il aimerait arriver à les plaindre. Cela ne devrait poser aucune difficulté : ils se cachent dans le noir, ils se cachent derrières leurs calottes comme si le photocollagène était une espèce d'anesthésique général. Tout cela justifie la pitié des vraies gens. Mais comment s'apitoyer sur quelqu'un qui se débrouille pour mieux se porter que vous ? Comment plaindre quelqu'un qui, d'une certaine manière perverse, est heureux ?
Comment plaindre quelqu'un qui vous fait une peur bleue ?

Tandis que l'on suit se petit monde dans ses introspections et son acclimatation abyssale, le monde de la surface évolue et se découvre de nouveaux problèmes. Ces derniers remettent d'ailleurs en cause la mission géothermique et demandent que soit prise des mesures radicales...

Si Starfish se concentre pour l'essentiel sur l'évolution des "rifteurs", elle inclue aussi deux autres problématiques SF dont la dernière apparait dans le dernier tiers du récit. Son arrivée un peu abrupte m'a surpris même si quelques éléments précédents y préparait. Avec ce roman Peter Watts livre un texte efficace et plaisant mais quelque peu frustrant dans la mesure où il appelle une suite... Quoi qu'il en soit ce livre fourmille de très bonnes idées et son ambiance est très prenante, je suis partant pour les suivants. Pas le roman de l'année mais un bon moment.

Posté par efelle à 10:36 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
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