Race for the galaxy (complet) : compte rendu deux joueurs
Suite au billet de Guillaume44 nous avons fait une partie de Race for the galaxy avec toutes ses extensions, Sophie et moi même. Comme nous l'avons déjà constaté samedi dernier avec Yann, les tuiles d'objectifs creusent l'écart si l'un des deux joueurs n'est pas inspiré par son jeu ou ne trouve d'action décisive pour se refaire (consommer X 2, une recherche ou des explorations à + 5 ou plus).
Sophie démarre avec l'Usine alien endommagée, pas convaincue par le fait de devoir défausser une carte pour produire sa ressource alien.

Après une petite exploration, elle produit et vend sa ressource. Ce qui lui permet de poser le Génie Génétique, elle s'affiche ainsi comme ma concurrente directe pour les cartes génétiques, Grrr ! Malheureusement sa main ne suit pas et elle n'arrive à opter pour une stratégie tandis que je me goinfre de points. En fin de partie, elle opte pour une reconversion dans le militaire mais n'aura pas le temps de rentabiliser sa course aux armements. La fin de partie approchant rapidement, elle pose en désespoir de cause la Fédération Galactique très rentable pour le coup.
Ses hésitations et peut être le manque d'un monde producteur de ressource rare (mais Sophie n'a pas exploré ni utilisé son option recherche), ne permettent pas à Sophie d'aligner un gros score malgré ses réussites sur les objectifs 'le premier à".
Score final de 46 avec 2 points de prestige et un point de victoire.
De mon côté, je part de la Vieille Terre mais dispose dans ma main des Ingénieurs terraformeurs et des Mondes de Psi Cristaux. Je cède à la tentation d'une stratégie pacifique surtout que la Planète élevée ravagée est obtenue dès la première phase d'exploration. Le laboratoire génétique et la Ligue pan galactique complète la combinaison. A chaque phase de production, je produit du prestige (qui génère un point de victoire par tour si j'en ai le plus ce qui sera le cas dans cette partie), tandis que ma phase vente me permet d'engranger 6 cartes et quelques points de victoires. Sophie produisant des points de prestige, je n'insisterai pas trop sur la phase production ayant fait l'erreur d'utiliser les Courtiers galactiques pour tirer des cartes. J'utilise ensuite mon option recherche pour des mondes élevées ce qui me permet d'obtenir et de poser la Race élevée de taupes minières. Je me contente ensuite d'effectuer des explorations à +5 ( soit un tirage de 11 cartes pour en garder une, vu les bonus cumulés dans cette phase). Je ne met pas la main sur d'autres mondes élevés mais le Programme SETI enfonce le clou. Je pose la première carte disponible au tour d'après et provoque la fin de la partie.
Au passage, je rafle 3 objectifs "Le plus de " lors du décompte.Si la Ligue pan galactique ne me procure que 4 points, la Programme SETI en génère 12. Ayant cumulés 20 points de victoire et 3 points de prestige, la messe est dite avec un score final de 83 points.
Race for the galaxy apparait ainsi comme un jeu impitoyable, les thématiques les plus étranges sont possibles mais encore faut il en discerner une et ne pas hésiter à réduire le hasard en multipliant les tirages massifs de cartes.
Cela dit la logique des objectifs devraient être diluer à plus de joueur, d'autant qu'avec toutes ces extensions il est maintenant possible de jouer jusqu'à six.
Utopiales 09

Après l'avoir hébergé un an dans ma pile, je me suis rappelé l'existence de cette anthologie suite à une déclaration d'achat d'Anudar.
Ugo Bellagamba ouvre le bal avec une préface intitulé "Où sont nos mondes meilleurs ?", pas forcément l'entrée en matière la plus digeste mais son tour d'horizon se révèle assez intéressant.
Les Perséides de Robert Charles Wilson s'avère un peu décevant. On suis les pérégrinations d'un homme porté à la contemplation des étoiles qui s'attache à une jeune femme quelque peu New Age. L'évènement inhabituel arrive finalement assez tard et n'est pas très spéctaculaire. Le style de Wilson est efficace mais le contenu ne suis pas. Dommage.
Catherine Dufour, avec Un temps chaud et lourd comme une paire de seins, s'essaye au roman noir futuriste où le rapport de force entre les sexes a été inversé. Le style est acide, prenant, ça se lit tout seul et laisse un goût amer dans la bouche. Pour ma part, je trouve qu'il manque quelque chose à cette nouvelle
mais je ne saurai le qualifier, une fin à chute peut être. Quoi qu'il en soit c'est redoutablement efficace et met en exergue quelques particularités de nos sociétés.
Walter Jon William poursuit son concept évoqué dans l'anthologie Les continents perdus avec Elvis le Rouge. Ici c'est le King qui fait les frais de son uchronie légère et bien balancée. Un excellent texte.
De ma prison... de Pierre Bordage semble être une réflexion métaphysique sur les croyances, ça se lit d'autant plus facilement que c'est court mais ça ne m'a pas marqué.
George et la comète de Stephen Baxter m'a définitivement vacciné de ce dernier. Deux humains se retrouvent à la fin du système solaire réincarné en Lémurien et orbitant autour du soleil sur une comète terraformée. Je n'ai pas vu où l'auteur voulait en venir et me suis passablement ennuyé.
Préquelle de Jean-Philippe Jaworski, hommage ou simples maraudes cimmériennes, je ne saurai dire. Quoi qu'il en soit Jaworski déploie son talent et livre un texte de fantasy très efficace avec une magnifique conclusion. Ses talents de conteurs ne sont plus à démontrer.
Une anthologie en demi teinte, au bilan mitigé mais les textes de Jean Philippe Jaworski, Walter Jon Williams et Catherine Dufour mérite le détour, on atteint les cinquante pour cent, je ne regrette pas mon achat.
Marouflages de Sylvie Lainé

Dernier petit recueil de Sylvie Lainé, Marouflages présente trois nouvelles d’ambiances assez différentes.
Ainsi, Les yeux d’Elsa, la première et la plus longue, présente dans un futur désenchanté, l’amour entre un homme et Elsa un dauphin femelle génétiquement modifié. Mais les conditions perverses de leur rencontre et le comportement inhumain de l’un des deux ne permettront pas une relation paisible et pérenne. Une nouvelle exceptionnelle autant réussie pour son histoire que pour l’univers mis en place de manière très efficace.
Le prix du billet qui suit m’a laissé quelque peu dubitatif même si elle est bien ficelée. Une femme sur le point de s’embarquer dans une communauté fait une rencontre inattendue qui changera le regard qu’elle porte sur elle-même.
Enfin Fidèle à ton pas balancé met en scène un individu qui se raccroche à des enregistrements des mouvements de sa dernière compagne qui l’a laissée tombé. Tandis qu’il s’identifie de plus en plus à l’être perdu, un ami fait de même avec son chat… Malgré tout, il réussira à se reconstruire sans pour autant se délivrer de son obsession pour un final élégant.
Encore une fois Sylvie Lainé présent un recueil de très
bonne qualité, prouvant avec Les yeux d’Elsa qu’elle peut dépeindre un univers
complet et convaincant en quelques pages. Un très bon moment.
Le vaisseau des Voyageurs de Robert Charles Wilson

Le ciel nocturne s’était enfin éclairci. Pour la première
fois depuis le début de ce mois de mars pluvieux, Matt pouvait voir de ses
propres yeux le phénomène qui terrifiait le monde. Il avait vu des photos sur
l’écran de son Sony quarante-huit centimètres, bien sûr. Mais c’était
Un engin immense orbite autour de la Terre depuis un an.
Dans chaque mégalopole, un artefact a atterri et l’humanité vit dans
l’expectative… La donne change quand une épidémie de grippe, non mortelle, se
répand sur
Je devrais être terrifié, songea Matt. Et je ne le suis pas. Et le fait de ne pas l’être devrait en lui-même me terrifier. Et pourtant, ce n’était pas le cas.
Sédation. Quel autre nom donner à cette sérénité clinique ? On devrait hurler. On devrait s’indigner. On devrait se sentir violés. Parce qu’il s’agissait de…
De quoi ?
De la fin du monde ?
Oui, songea Matt. La fin du monde. C’était probablement ce qui se passait. Rien de moins.
Par le biais, ils entrent en communication avec la totalité de l’humanité et propose à chacun un choix simple : l’immortalité à travers quelques transformations ou rester tel qu’il est… Une personne sur dix mille choisis de ne pas changer. Parmi elles Matt Wheeler, attaché à sa ville et à ses souvenirs ; Tom Kindle, misanthrope devant l’éternel que la possibilité d’une communion d’esprit révulse ; John Tyler, ancien officier supérieur, lobbyiste, putschiste raté et dangereux psychotique ; Joey Commoner, petite frappe se prenant pour un raté ; Miriam Flett croyante sincère qui préfère le paradis promis par sa religion et encore quelques autres. La transformation n’est pas immédiate et tandis que l’humanité change peu à peu, s’agissant de manière spectaculaire, les réfractaires se trouvent de plus en plus isolés dans cette masse bienveillante.
Il brancha son téléphone neuf et appela Ira.
- Ira ? J’ai trouvé une maison.
- Je sais, répondit gaiement Ira. A Delmar. C’est drôle, j’étais l’agent affecté à cette propriété. Très belle vue. J’espère sincèrement que vous vous y plairez.
- Excusez-moi, Ira, mais comment savez-vous que j’ai choisi celle-là ?
Un petit silence au bout du fil.
- Les voisins vous ont vu y apporter quelques affaires. Nous avons supposé que vous aviez décidé d’y emménager.
- Parce que vous avez parlé aux voisins ?
- Oui, enfin… en quelque sorte.
Encore une histoire téléphone vaudou, songea Kindle.
- Dites-moi… ces voisins… ils ont prévenu la compagnie d’électricité ?
- C’est-à-dire. Tom… tout le monde communique plus ou moins avec tout le monde.
- Et ça ne vous fout pas plus ou moins la trouille ?
Le rythme du roman est relativement paisible, rappelant par ces côtés Blindlake ainsi que par le nombre de personnages travaillés en profondeur, mais il est aussi rythmé par les différentes étapes qui interviennent dans la transformation de l’humanité. Les réfractaires devant en subir les conséquences malgré la bienveillance maladroite des extra-terrestres.
Au fil de la narration, Wilson ne néglige pas non plus les post humains, narrant rapidement l’histoire de quelques uns ainsi que leur évolution spectaculaire. Les problématiques abordées sont bien vues allant du déclin des sociétés au rapport que chacun a avec sa propre mortalité, tout en examinant aussi les implications morales d’une telle offres ou la douleur des réfractaires suite au départ de leurs proches.
Elle pouvait mourir même s’il trouvait tout le sang nécessaire pour le lui transfuser, même s’il trouvait un hôpital encore debout et fonctionnel – ce qui lui apparaissait de plus en plus improbable.
Il devait se familiariser avec cette idée.
Après tout, il avait choisi de vivre dans ce monde. Un monde où la mort n’était pas seulement un risque mais une certitude. Le monde mortel.
Le vaisseau des Voyageurs se révèlent un roman bien étoffé et varié. Wilson alterne entre ses protagonites et les personnages d’illustration soignés narrant de manière plaisante l'évolution de la situation jusqu’à un dénouement assez poignant. Un roman aussi ample que Spin mais plus proche de Blindlake pour son ambiance générale. Seul point noir du roman, un personnage a son destin inscrit sur la gueule mais bon j'ai été surpris par celui de quelques autres. Une bonne surprise et un roman qui m’a beaucoup remué… Sur le coup, je suis heureux d’avoir une dédicace sur celui-ci.
L'avis d'Arutha que je ne partage pas.
Special Coupe du Monde
Je m'intéresserai au foot... QUAND
OU SI
Swap Cinéma du Traqueur
Il y a des gens qui sont vraiment des crèmes...
Suite à la défaillance de ma swappeuse, Guillaume44, Nessie et Val se sont substitués à cette dernière et m'ont fait parvenir un joli colis.
La première chose que j'ai remarqué c'est le petit jeu pour enfant dont Sibylle s'est rapidement emparé.
Venait ensuite une très gentille lettre accompagné de Zombieland et de Chien du Heaume.
Entre Woody Harrelson et la hache de Chien du Heaume ça devrait trancher.
Le tout accompagné de petits gâteaux croustillants qui devraient bien passer avec un thé.

Pas de bol, j'ai acquis Chien du Heaume la semaine dernière, je pense donc offrir l'exemplaire surnuméraire histoire de rester dans l'esprit swap (j'ai aussi la flemme de retourner à Scylla, quoi que ça vaudrait le coup juste histoire de voir si Xavier se souvient enfin combien de sucres je mets dans mon café).
Bon et bien merci et bises à tout les trois.
Les 3 formules du professeur Satô d'Edgard P. Jacobs et Bob de Moor

Et voilà, j'arrive au bout de ma rétrospective Blake et Mortimer commencée avant l'ouverture de ce blog.
Les 3 formules du professeur Satô occupe une place particulière dans mon coeur, la couverture du premier tome étant, à mes yeux, l'une des plus réussie et surtout du fait du cliff-hanger qui a duré des années jusqu'à ce que Bob de Moore achève à titre posthume le second tome.
L'intrigue est prenante même si j'ai déploré la baraka de Mortimer qui échappe à une situation mortelle sans dommage (saut d'un avion). Tout commence avec un accident aérien dans le ciel du Japon qui serait du à un dragon. Mortimer présent pour une conférence est dubitatif mais il est brusquement contacté par son collègue cybernéticien, le professeur Satô, qui réclame sa présence.
Rapidement Mortimer s'aperçoit que des malfrats de haut vol sont bien décidés à empêcher cette rencontre, mais la ténacité et la chance de Mortimer permettront cette rencontre... Ce dernier découvrira alors les progrès fulgurant de Satô et sa responsabilité dans l'accident. C'est à ce moment qu'Olrik entrera en scène, mettant tout ce petit monde en coupe réglée.

Dans le second tome, Olrik sera au prise avec l'arrivée au Japon de Blake. Ce dernier moins chanceux que Mortimer fait la démonstration de ses redoutables talent d'officier de contre espionnage.

Par ailleurs, les problèmes rencontrés avec les doubles cybernétiques de Mortimer persistent, empêchant Olrik de faire main basse rapidement sur les travaux de Satô. Donnant le temps à Blake d'appréhender la situation.. Ce second tome mené tambour battant m'a paru mieux construit que le premier, la chance insolente de Mortimer n'apparaissant plus.
Le final apocalyptique apparait à mes yeux comme la conclusion de la série dans la mesure où Olrik sort définitivement de la scène (contrairement à L'énigme de l'Atlantide où le doute persistait sur son sort).
Une bonne histoire avec juste une fausse note au début mais pas mon album préféré. Peut être cela est il du à ma frustration de ne pas avoir vu plus le Ryu, ce dernier sortant rapidement de l'intrigue.
Espaces insécables de Sylvie Lainé

Le temps passe vite, j’avais écrit que je reviendrai bientôt sur les écrits de Sylvie Lainé et voilà déjà trois mois de passés. Quoi qu’il en soit le plaisir de la lecture est à hauteur de l’attente.
Après une sympathique préface de Catherine Dufour, ce recueil propose six nouvelles très plaisantes, toute orientées SF.
Carte blanche utilise de manière originale le concept du vaisseau générationnel en l’abordant différemment, les passagers n’ont pas régressés et leur société est stable grâce à une instabilité institutionnelle. La chute de la nouvelle n’est pas son point fort mais le corps de celle-ci est prenant et convainquant. Par certain côté, on se rapproche un peu de La Culture de Banks.
Partenaires porte sur des ordinateurs capricieux, porté sur la poésie puis le roman d’aventure… Ce qui ne cadre pas vraiment avec leur fonction de pilotage de flotte. Un petit texte amusant mettant en lumière quelques particularités humaines.
Le Passe-Plaisir met en scène un voyageur temporel quelque peu perdu dans un futur où les personnalités sont modulables et où tout le monde change à loisir. Plaisant, doux amer, la narration elliptique permet de construire une intrigue solide.
Définissez : priorités. L’amélioration humaine à coup
de nanotechnologies rend possible une forme de télépathie et d’interface
homme-machine. Une nouvelle très riche, on passe de
Subversion 2.0 me rappelle un peu une nouvelle de Greg Egan, le double informatique d’un haut fonctionnaire est réalisé. Cela lui permet de travailler sans négliger ses loisirs mais aussi de revenir sur sa vie. Une nouvelle un petit peu trop courte où il m’a semblé déceler quelques incohérences.
Au final, un recueil de très bonne qualité. Sylvie Lainé semble n’avoir aucun mal à manier nombre de concepts SF ou Hard SF tout en restant fidèle à ses problématiques personnelles.
Je lirai Marouflages, le dernier recueil paru très prochainement (pas dans trois mois ce coup ci).
A travers temps de Robert Charles Wilson

1979 Dans une maison isolée de Belltower sur la côte
pacifique, Billy, un soldat du futur émerge brusquement de l’anomalie spatiotemporelle
dissimulée par
Il avait pris un peu de poids depuis le départ de Barbara,
ce qui commençait à se voir… à un renflement au niveau abdominal ou à un peu de
mollesse sur le visage. Mais c’était l’expression renvoyée par le miroir qui lui donnait l’air âgé.
Il avait vu, dans des bus, des vieillards afficher
Les possibilités pour la soirée ?
Il pouvait regarder par la fenêtre son passé, ou dans le miroir, son avenir.
Dix ans plus tard, Tom Winter, quitté par sa femme, ayant perdu son emploi et sortant d’une légère période d’alcoolisme revient dans sa ville natale. Il acquiert cette maison isolée…
Rapidement, Tom remarque qu’il se passe des choses étranges
dans
La cuisine était à nouveau propre.
Le stratagème, désormais assez familier, ne l’impressionnait
plus. Seuls les petits détails lui parurent fascinants. Le carton à pizza avait
ainsi été nettoyé de la moindre bribe de matière organique, mais se trouvait
toujours ouvert à un angle quelconque sur
En tentant de résoudre le mystère, Tom découvre le tunnel
temporel, fixé sur New York en 1962. Alors que la maison l’appelle à l’aide
ouvertement, il décide de fuir définitivement pour les sixties… Un bon remède à
son spleen pense-t-il… Malheureusement pour lui Billy, passablement psychotique
hante
« Qu’est-ce qui vous est arrivé ? »
Le regard de Catherine revint se poser sur la tête de l’homme, sur la coiffe de tissu translucide à l’endroit où aurait dû se trouver le crâne, sur le cerveau en dessous… du moins supposait-elle que cette vague masse blanchâtre était son cerveau. La créature prit la parole. « Ce serait trop long à expliquer.
- Que voulez-vous de nous ? demanda Archer.
- J’aimerais que vous me rameniez dans la maison, si possible. »
Archer garda un instant le silence. Catherine remarqua qu’il n’avait pas demandé : Quelle maison ? Celle de Tom Winter, songea-t-elle. Tout était lié, après tout. Les mystérieux évènements et les morts vivants.
Elle se sentit comme Alice, complètement perdue au fond d’un désagréable terrier de lapin.
Evocation réussie de différentes époques passées ou futur, d'ambiances, une palette de personnage plus importantes que dans ses autres romans, excepté Blindlake, un enchaînement d’évènements mystérieux. A travers temps ce révèle un très bon Wilson, bien construit qui prend de l’ampleur au fur et à mesure de son cheminement jusqu’à sa fin surprenante et réussie.
Au final, un roman très riche et plaisant qui se laisse dévorer. Il rejoint mon trio de tête constitué par Spin, Les Chronolithes et Blind Lake. Un excellent moment que je recommande.
La Cybériade de Stanilas Lem

- Et… combien furent ces malheureux ? interrogea Trurl d’une voix plus faible qu’à l’ordinaire.
- Combien, dis-tu ? Ma foi, il ne m’en souvient plus. Je sais seulement que nul jusqu’ici ne m’a pu satisfaire, et que le hurlement de terreur, que l’on pousse avant de dire adieu au monde et de choir en ce puits, dure de moins en moins longtemps ; il faut croire que le monceau de carcasses qui jonchent le gouffre s’élève de plus en plus haut… Toutefois, n’ayez crainte, il y aura de la place, et cela pour longtemps.
Avec La Cybériade, Stanilas Lem s’est essayé au conte philosophique, légèrement cynique. On dirait presque du Voltaire quelque part entre Zadig et Le monde comme il va. On suit les aventures de deux robots constructeurs, Trurl et Clapaucius, tantôt en concurrence ou saine émulation, d’autres fois œuvrant de concert.
« Délivre le roi ! » s’écrie Clapaucius.
Mais le monstre de rétorquer d’une voix parfaitement humaine : « Tu n’y songes point ! A mon tour de pactiser à présent.
- Qu’est-ce à dire ? As-tu perdu la tête ? Tu nous dois obéissance conformément à la matrice ! s’exclame Clapaucius courroucé, tandis que la foule demeure consternée.
- Et de quel droit, s’il vous plaît ? Vous pouvez vous la mettre où je pense, votre matrice ! C’est moi le grand monstre algorithmique et démocratique, à rétrocouplage, au regard sauvage, avec police, coulisses, hélice et calculatrice. »
Personnellement je n’ai pas accroché au langage employé, ni à l’univers baroque sans queue ni tête. Le ton est résolument satyrique et n’hésite pas à tacler l’URSS au passage mais le tout est trop déjanté pour que j’adhère. Je préfère largement l’humour de Robert Sheckley ou Fredric Brown.






