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La planète est sinistrée, la Méditerranée asséchée, l’occasion de découvrir une mystérieuse cité organique engloutie, un Animal Ville. L’exploitation de la cité permet de mettre en place un réseau de transport instantané avec les autres Animaux Villes dispersées dans l’univers. Alors que la planète est ravagée, surpeuplée, l’élite trouve refuge dans un des Animaux Villes, nommé Supérieure, les habitants des autres cités vives ne sont que des citoyens de seconde zone dont la présence sert de contrepoids lors des déplacements inter cités de leurs employeurs.

Le seul autre moyen de quitter la Terre est de s’engager dans des missions sur des navires spatiaux lents, les individus sont plongés en hibernation et leur conscience est dissocié de leur corps, ils deviennent des Astraux, être insubstanciels spécialisés dans l’interface avec les cités vivantes.

Enfin existe des individus multiples, conscient de leur existence simultanée dans chaque cité comme Falstaff, le barman des Etoiles Mortes…

Nous sortons dans la neige, les yeux levés. Marilka s’échappe de moi en silence, s’écarte. Les étoiles de l’enseigne scintillent sur le ciel noir, une couronne rouge pâle qui s’éteint peu à peu. Un ultime éclair, le bruit d’un verrou dans mon dos. Les Etoiles sont mortes.

Closter est un artiste de seconde zone dont sa vie, et  accessoirement celle de son chat, est rythmée par les transferts ordonnés par son employeur, un artiste richissime. Sa vie bascule quand il croise Marilka, une Astrale dont le corps a été perdue…

En sa compagnie, il prendra conscience que sa mémoire est régulièrement effacée et que ces œuvres innovantes lui sont soutirées…

D’ailleurs, je n’ai jamais vu les dessous d’une Animal Ville. Nivôse n’est pas celle que j’aurais choisie, mais je n’ai plus mon mot à dire depuis un bout de temps. Depuis cette première soirée chez Falstaff, pour être précis. Que devient-il ? Nivôse sans Etoiles Mortes est une idée déprimante. Ca fait trop longtemps que nous sommes échoués ici. Une ville n’est belle que si l’on est sûr de ne pas y rester.

Avec cette prise de conscience, vient rapidement les ennuis, la narration prend alors l’allure d’un thriller révolutionnaire. La traque est d’autant plus dure que Vorst, son meneur, dispose d’un double dans chaque ville. La mémoire de Closter semble avoir un pris important, grâce à Marilka il prendra conscience de la véritable nature des Animaux Villes et de leur potentiel.

Autour de nous, le brouhaha de l’astroport en pleine effervescence. Nivôse est évacuée. Définitivement. Les rares propriétaires en transit sont envoyées ailleurs, aussi vite que l’organisme de la ville le permet. Les doubles excédentaires s’entassent dans le vaisseau gris et camus qui affronte, stoïque, les rafales de neige de la piste. Des années de sommeil sans rêves, jusqu’à Vieille Terre. On évite ainsi les troubles qu’aurait provoqués leur expulsion. Personne n’aime l’idée qu’on puisse être ainsi chassé du Paradis pour de simples raisons de compression du personnel.

 

Etoiles Mortes est un roman en deux parties, Etoiles Mortes et Voleurs de Silence. La première met donc en scène Closter et sa quête d’identité tandis que Voleurs de Silence est le dernier affrontement entre Vorst et Closter par le biais de rêves partagés… Cette première partie est assez lente et contemplative avec quelques accents Dickien tandis que la seconde est prétexte à l’intégration de nouvelles, les rêves, de qualité inégales mais pas déplaisantes.

Tout ce que je sais des évènements récents de ma vie se résume à des questions. Aucune réponse. On peut faire beaucoup de choses avec des questions sans réponse : tracer une liste de points d’interrogation, les classer si l’on préfère les ennuis bien rangés. Ce n’est pas mon cas. Dans le désordre qu’est devenu mon esprit, les soucis mineurs ont toutes les chances de se perdre. Je sais depuis longtemps qu’il ne faut pas se hâter de réfléchir à ses problèmes, ça leur donne une occasion de disparaître

Etoiles Mortes avaient donc beaucoup de chances de me plaire pourtant le bilan sera mitigé. Si le style de Jean-Claude Dunyach est impeccable, le rythme lent ne facilite pas l’immersion d’autant plus que pas mal de points ne sont pas creusés, comme les êtres doués d’un quasi don d’ubiquité tel que Vorst ou Falstaff, voire quelque peu incohérents comme les Astraux. Insubstanciels, ils ne peuvent pourtant traverser la matière autre qu’humaine et peuvent être atteint via des parfums. Elégant, poétique, Etoiles Mortes est un roman bien écrit mais trop lent et s’affranchissant trop de toute cohérence dans  la construction de son univers pour emporter mon adhésion. Dommage…