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Où allait l’Albatros ? Ainsi que l’avait dit l’ingénieur, devait-il donc faire plus que le tour du monde ? En tout cas, il faudrait bien que ce voyage se terminât quelque part. Que Robur passât sa vie dans les airs, à bord de l’aéronef et n’atterrît jamais, cela n’était pas admissible.

Comment eût-il pu renouveler ses approvisionnements en vivres et en munitions, sans parler des substances nécessaires au fonctionnement des machines ? Il fallait de toute nécessité, qu’il eût une retraite, un port de relâche, si l’on veut, en quelque endroit ignoré et inaccessible du globe, où l’Albatros pouvait se réapprovisionner. Qu’il eût rompu toute relation avec les habitants de la terre, soit ! mais avec tout point de la surface terrestre, non !

Alors que l’on tente de créer des aérostats capables de se mouvoir de manière autonome dans l’air. Un étrange engin insaisissable nargue la planète : de la musique est joué depuis les nuages, des fanions sont plantés sur les plus édifices… Au club d’aérostats de Philadelphie, un débat fait rage quand à savoir où mettre une hélice sur leur projet de dirigeable. L’irruption d’un certain Robur met fin au débat. Ce dernier se fait en effet l’avocat du plus lourd que l’air et échappe de peu au lynchage. Alors que l’incident semble clos, deux membres éminents de cette assemblée sont kidnappés avec leur serviteur. Le commanditaire n’est autre que Robur, qui contraint les trois hommes à résider sur son navire héliporté, l’Albatros.

S’en suis alors une succession de visites géographiques un peu fades tandis que les deux américains, partisans des ballons, mijotent leur vengeance. Heureusement la narration devient un peu plus palpitante sur la fin avec la mise à l’épreuve des limites de l’engin, malgré tout je regrette que le personnage de Robur ne soit pas plus creusé.

Et, en effet, le lendemain, 19 juillet, un bâtiment se fût peut-être trouvé en perdition sur cette mer. Mais l’Albatros se jouait des vents et des lames, semblable au puissant oiseau dont il portait le nom. S’il ne lui plaisait pas de se promener à leur surface comme les pétrels, il pouvait, comme les aigles, trouver dans les hautes couches le calme et le soleil.

Ce roman démarre brusquement avec pas mal d’humour mais s’enlise rapidement tant dans sa mise en place que dans les pérégrinations de l’Albatros, les effets d’énumérations de Verne étant particulièrement horripilants quand l’intrigue ne suit pas. Au final un Verne un peu faiblard, plein de longueurs, ce qui est étonnant dans un roman aussi court, reste le dépaysement d’une époque qui ne connaissait ni l’hélium ni le moteur à explosion. On est loin de Voyage au centre de la Terre ou de Vingt Mille Lieues sous les mers.