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Allez c’est le moment de balancer et de se fâcher avec tout le monde !

La littérature de licence est un genre que j’ai beaucoup pratiqué du temps de mes années étudiantes. Un genre dont j’ai fini par me méfier comme la peste suite à nombre de mauvaises surprises et de bouses immondes.

Autant dire que je trainais la patte pour aller acheter l’Ascension d’Horus de Dan Abnett malgré les bons retours qui m’en ont été fait. L'ayant reçu en cadeau et après quelques pages, j’ai pu constater qu’on ne m’avait pas menti. Le roman d’Abnett est bien meilleur que l’atroce et stupide trilogie de James Ward et Jane Cooper Hong, il arrive sans peine au niveau des deux bons romans de Robert Anthony Salvatore et des trois bons romans de Tracy Hickman et Margaret Weis. Il se révèle bien évidemment supérieur aux horreurs du duo Brian Herbert Kevin J. Anderson, ainsi qu'un auteur français renommé planqué derrière un pseudo ou de suite de David Gemmell (purée, j’en ai encore une dans ma pile).

Il y a encore du monde à bord ?

Ignace Karkasy entra d’un pas errant dans la salle de repos. Le carafon de vin qu’il alla renifler lui fit faire la grimace.

- Il vient d’être tiré, lui dit Keeler, agacée.

- Ca n’en reste pas moins un vin du cru, lui renvoya Karkasy. De ce petit empire ridicule. Pas étonnant qu’il soit tombé si facilement. Une culture ayant commis un vin aussi tragique ne méritait pas de survivre très longtemps.

- Il aura survécu cinq mille ans, durant toute la Longue Nuit, lui fit remarquer Keeler. Et je doute que la qualité de son vin ait influé sur sa survie.

 

Karkasy se versa un verre, y but et fronça les sourcils.

- En tout cas, la Longue Nuit a dû paraître plus longue ici que n'importe où ailleurs.

 

L’humanité s’est dispersée dans les étoiles, puis a traversée une période de déclin isolant les mondes les uns des autres. Sur terre, un homme s’est dressé contre l’anarchie et a formé un empire démesuré. Ses légions explorent maintenant l’espace à la recherche des colonies perdues, à ramener dans le giron de la Terre.

La puissance ne légitime pas le droit. L’Humanité a une grande vérité empirique à défendre, un message à apporter, pour le bien de tous. Parfois ce message tombe dans de sourdes oreilles. Parfois, il est rejeté, comme il l’a été ici. Alors, et seulement alors, loué soit le destin que nous ayons la force de le faire entendre. Nous sommes puissants parce que nous avons raison, Garviel, et non l’inverse. Maudite soit l’heure où le contraire pourrait devenir notre credo.

Un empereur galactique immortel, une élite guerrière génétiquement modifiée à l’image de leur souverain et une armée conventionnelle aux effectifs pléthoriques, dotées d’un arsenal de fin du monde. Cette horde ne fait pas dans la finesse, les ralliements qu’ils n’obtiennent pas par la diplomatie, ils l’arrachent par la force. Xénophobes, ils exterminent tous ce qui n’est pas humains ayant le malheur de passer à portée de tir.

L’empereur s’étant retiré, il a confié les affaires militaires à l’un de ses seconds, le Primarque Horus. Véritable avatar Nietzscheén, tout comme l’empereur, Horus est beau, grand, puissant, intelligent, diplomate, pondéré et mène sa horde de fanatique génocidaire efficacement, notamment sa propre compagnie de Space Marines, les Luna Wolfs.

 

- Ce que l’homme fait, finit toujours par tomber en morceaux ! Ecoutez bien ce que je vous dis : cette cité, la cité de Momus, l’Imperium…

- Monsieur, vous…

Karkasy se releva d’un bond, en lui agitant sous le nez un index tendu.

- Arrêtez de me donner du « monsieur » ! L’Imperium se cassera la gueule dès qu’on l’aura construit ! Retenez bien ça ! C’est inévitable ! 

Roman d’introduction, l’Ascension d’Horus présente l’univers de Warhammer 40 000 avec efficacité et légèreté. Le style est prenant, on découvre agréablement cet empire joyeusement fasciste et intolérant. Les personnages sont variés et sympathiques, l’intrigue plus subtile que je ne m’y attendais. La menace du Chaos est introduite doucement avec des ambiances qui ne sont pas sans rappeler l’Exorciste, quoi qu’il en soit le ver est dans le fruit mais pas forcément là où on l’attend.

D’une lecture agréable, ce roman se révèle une bonne surprise, un divertissement, sans prétentions, réussi. Les seules fausses notes étant une petite baisse de régime au début de la seconde moitié et l’inévitable appel à une suite…

Merci à Guillaume 44, dont voici la chronique, pour le cadeau j'ai passé un moment agréable.