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Elle se souvenait, autrefois, quand elle était jeune, après le cataclysme, on rencontrait encore des gens, presque une personne par jour, ou une famille, ou un groupe, ou une communauté. Où étaient-ils passés ?

Elle ne les avait pas vus partir. Ils disparaissaient, un beau jour ils n’étaient plus là. Un beau jour, mais ce n’était pas un « beau » jour, il n’y avait plus personne. On se retrouvait seul au monde. Seul au monde. Elle tourna un long moment ces trois mots si banals dans sa tête. Une autre banalité lui vint, avec la force d’une évidence : il faudra bien se résoudre à mourir seul.

Petit recueil de huit nouvelles sur la mort et la solitude suivant quatre thématiques : les femmes ; les machines ; les enfants et les bêtes. Malgré le thème tous les textes ne sont pas désespérés.

Ainsi Durer, c’est s’économiser est plutôt violement cynique et sarcastique tandis qu’Un nouveau livre de la jungle des villes reprend le texte de Kipling à la sauce SF post apocalyptique…

Deux textes m’ont particulièrement marqués La tigresse de Malaisie et La nuit des bêtes pour leur chute poignante et leur charge émotionnelle intense.

Un petit recueil très satisfaisant qui secoue et mérite le détour.