24 mars 2010

La forêt d’Iscambe de Christian Charrière

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C’était ce que Tanguy reprochait principalement à la forêt d’Iscambe : tel un feu mystérieux qui couve, elle entretenait en lui un sentiment vague d’insécurité. Dans les moments les plus heureux de sa vie, quand il sentait vibrer l’accord entre lui et le monde, il apercevait tout au fond du sous-bois intérieur, hors de portée et protégée par l’épais feuillage, une petite flamme sautillante et moqueuse.

L’homme a déclenché l’apocalypse et a ravagé la planète, les survivants se sont organisés en communauté restreinte dans un monde totalement changé l’axe de rotation de la Terre ayant été bouleversé.

Tandis que de Marseille relativement épargnée s’étend une dictature bureaucratique belliciste et déshumanisante. Dans la Vallée d’Emeraude, en bordure de la gigantesque forêt d’Iscambe, les habitants ont réussis à conserver leur indépendance grâce à la direction avisée de Tanguy, ex membre d’une secte marseillaise interdite par le pouvoir.

Tout bascule quand deux pèlerins de cette secte arrivent au sein de la vallée. L’ancien mentor de Tanguy lui demande son aide pour son projet consistant à rallier les ruines de Paris au cœur de la forêt d’Iscambe. Entreprise risquée car la patte griffue marseillaise s’étend, à la recherche des deux religieux. Les évènements s’enchaînant, ils devront fuir dans la forêt, suivi ensuite par It’van, le protégé de Tanguy, fasciné depuis longtemps par l’étrangeté végétale.

S’en suis des aventures en deux temps, d’un côté Le Fondeur et Evariste qui erreront tous en philosophant et It’van de l’autre qui se mêlera d’un conflit opposant termites et fourmis géantes.

- Par le joyau dans le lotus ! insistait le vieil homme. Comment peux-tu déraisonner ainsi ? Ne vois-tu pas que cet établissement appartenait à la compagnie Shell ? C’est écrit en toutes lettres.

Avec un sourire méprisant, Evariste désignait le symbole plusieurs fois répété sur les idoles métalliques, coquillages rayonnant, semblable à un soleil englouti au fond des mers.

- A la déesse Shell, corrigeait-il d’une vois âpre, divinité du sens caché, déité de la perle secrète, grande maîtresse de l’herméneutique. C’est elle qui nous enseigne à soulever la coquille du réel pour découvrir la vérité enfouie. C’est elle aussi qui nous montre le chemin du dedans, vers les trésors immergés dans les eaux noires.

Et c’est là que là que le bat blesse. Ces aventures sont farcies de philosophie de bazar et si la création d’un panthéon à partir des marques de station service en ruines croisées le long de la remontée de l’A6 est amusante au début, l’effet de répétition me l’a rendue particulièrement pénible. On rencontre le même effet dans les aventures d’It’van, tout étant sous entendu par la nécessité d’unir les forces de l’en haut avec l’en bas pour parvenir à l’harmonie. Les moments de bravoure comme la psychanalyse du roi des termites et la résolution de son complexe d’Œdipe en perdent de leurs saveurs. Le coup de grâce en ce qui me concerne étant le style et le langage soutenu de l’ensemble qui donne un texte assez dense.

Le texte relève finalement plus du conte absurde à la Lewis Carroll que du roman de science fiction post apocalyptique mais peine à provoquer l’enthousiasme en ce qui me concerne du fait des répétitions tant des intrigues, relevant trop souvent du complexe œdipien, que de cette philosophie appliquée à la truelle. Une grosse déception que j’ai eu du mal à terminer.

Il en a parlé :  Nébal

Posté par efelle à 20:22 - - Commentaires [7] - Rétroliens [0]
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