Kane Intégrale 3/3 de Karl Edward Wagner

- Tu as beau avoir dressé l’échiquier pour cette nuit, Sathonys, cracha Kane en réponse, tu ne peux pourtant pas en manipuler toute les pièces. Tu meus les autres hommes comme des pions, mais pas Kane ! Jamais je ne me soumettrai à un destin préétabli, et si je dois tomber, je vendrai cher ma vie et je mourrai en homme libre !
- Tu continues de brandir un poing ensanglanté face au destin, Kane ? Mais telle est ta nature, je suppose, et je te renvoie ton accusation. Avant que vienne l’aube, nous rediscuterons du libre arbitre, et je crois que nous verrons mieux alors si cette arrogance recouvre une vantardise creuse ou une foi désespérée.
Fin de l’intégrale de Kane, c’est avec regret que je tourne la page, le personnage de Karl Edward Wagner faisant désormais peser son ombre sur mes lectures passées et à venir de fantasy.
Ce dernier volume compte quatre novellas très réussies, une demi-douzaine de nouvelles et quelques documents annexes pas inintéressants.
Le vireton de Stundorne se perdit, car seule la peur avait déclenché le tir. « Kane ! » beugla quelqu’un, saisi de panique. Les chasseurs de primes s’égaillèrent en tout sens.
Avec un rugissement de démence furieuse, Kane se jeta à leurs trousses. Sans une pensée pour le danger encouru, il les chassa devant lui. Ces chacals l’avaient trop longtemps harcelé ; désormais, le lion blessé faisait volte-face pour tuer.
Le nid du corbeau conte une histoire de sombre vengeance,
ourdie pendant des années à l’encontre de Kane. La bande du héros s’est faite
taillée en pièces, Kane lui-même est au plus mal quand avec quelques acolytes
ils trouvent refuge dans une auberge délabrée… Las, le délabrement est du à une
précédente visite de Kane dont la maîtresse des lieux se souvient fort bien et
les mercenaires qui les traquent ne semblent pas vouloir tenir des comptes des
légendes locales qui recommandent de ne pas sortir
Le baron s’empressa d’éviter ce regard et réprima un frisson.
Vaule ! Quelle sorte d’homme était cette créature ? Soit, c’était un
mercenaire, un tueur à gages. On trouve rarement de délicats poètes parmi ce
genre d’individus. Pourtant, à voir sa démarche, Kane se différenciait
clairement de
Seconde novella, Réflexions pour l’hiver de mon âme, complète le roman La Croisade des Ténèbres (Kane 1) et lance une nouvelle aventure. Kane revenue pour régler ses comptes avec un certain prophète se trouve pourchassé par les séides de ce dernier jusque dans des contrées australes isolées. Recueilli par une famille noble qui hiverne dans un domaine de chasse, il sera confronté à la tempête puis au siège mené par une meute de loups enragés et devra affronter le loup garou qui se trouve parmi ses bienfaiteurs. Une magnifique intrigue en huit clos, la narration étant suffisamment habile pour brouiller les pistes avec bonheur.
Et Kane resta seul avec les loups.
Une demi-douzaine de tueurs gris tournait avec méfiance autour de leur proie. Certains, blessés, saignaient, mais ils ne manifestaient pas la moindre inclination à abandonner ce dernier homme. Leur soif de sang totalement déchaînée, ils focalisaient leurs pensées sauvages sur un but inexorable : entraîner l’humain à terre et plonger le museau dans son sang. Kane leur rendit un regard mauvais, les lèvres retroussées par un rictus, ses yeux d’assassin brasillant comme une flamme infernale. Insatiable, sa propre soif de carnage et de destruction brûlait d’une ardeur incandescente dans sa forme éclaboussée de sang. L’espace de plusieurs battements de cœur, les tueurs s’entreregardèrent.
Dernière novella de fantasy, La froide lumière, propose la traque, d’un Kane passablement déprimé par son existence sans fin, par une bande de croisés décidés à éradique le mal sur leur passage. Une traque impitoyable où les fanatiques défenseurs du bien autoproclamés se révèlent bien plus cruels et sadiques que Kane dans la plupart de ses aventures. Une aventure très sympathique qui a le mérite de présenter une nouvelle facette de Kane.
Mirage est une histoire de vampire, cherchant dans son inspiration dans les romans gothiques, plus proche de Bram Stocker que d’Anne Rice. Bien menée à un petit détail près, mais qui je le reconnais définit la nature de Kane, cette nouvelle se lit très agréablement.
En tant que capitaine d’une troupe de mercenaires, Kane était entré au service d’Andalar un peu moins d’un an plus tôt. Ses succès au combat l’avaient porté à l’attention du roi, et son élévation au rang de général des armées de la ville-état n’avait pas tardé. Les guerres frontalières d’Andalar conclues victorieusement, Kane avait mis la faveur du roi à profit pour accéder à une charge élevée au sein de la cour royale. Une prescription judicieuse de certains élixirs ésotériques connus de Kane avait rendu au vieux roi vigueur et virilité, garantissant l’ascendant politique de Kane sur Luisteren. Ensuite, il ne s’était agi que d’habileté politique : une fois les rivaux principaux de Kane démasqués (par Kane) comme des conspirateurs contre le roi, l’ascension de Kane au poste de Grand Ministre de la ville-état devint aussi inévitable que le décès imminent du roi.
L’autre est un récit cynique, mettant Kane aux prises de l’obscurantisme de tout un peuple. Une nouvelle où l’arrogance de Kane lui coûtera beaucoup. Un récit efficace et bien ficelé.
Arrive ensuite la transition entre période moderne et fantasy des aventures de Kane, en effet dans la touche gothique, l’anti héros, invoque l’Elric de Moorcock pour faire main basse sur des ressources technologiques non humaines en rapport avec l’espace temps. Une confrontation amusante sans plus, même si Wagner maîtrise assez bien la nature du champion éternel.
Viennent donc ensuite les deux nouvelles modernes, Lacunes et Dans les tréfonds de l’entrepôt Acme, où Kane en pourvoyeur de drogues ou d’instruments exotiques jouent avec des artistes en mal d’inspiration. Des nouvelles amusantes, au caractère pornographique certain.
Tout d’abord, juste un spectre, est la dernière novella tant
de l’ouvrage que de la saga de Kane. Dans le Londres moderne, un écrivain d’horreur
est aux prises avec l’inhabituel contrôle qu’il a sur
Le trésor de Lynortis qui suis est le premier texte de
l’auteur, prélude à
C’est avec regret que j’ai refermé ce dernier volume. En matière de fantasy, de sword and sorcery et d’heroic fantasy, Kane apparaît comme un géant, enfin un anti héros, moteur de ses propres aventures ! Ce troisième tome est toutefois à réserver aux inconditionnels du personnage. Pour faire connaissance je ne peux que conseiller les deux premiers volumes de cette intégrale et particulièrement le second pour un nombre de texte plus importants et des ambiances très variées.
Il m'a donné envie de le lire : Nébal
Commentaires sur Kane Intégrale 3/3 de Karl Edward Wagner
J'en ai entendu du bien, ton billet me confirme tout ça.
D'emblée, je n'aurais jamais choisi ce livre, mais ta critique me fait saliver !
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