31 janvier 2010

Valérian et Laureline, Intégrale volume 1 de Mézières et Christin

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Au menu du premier volume de cette intégrale : Les mauvais rêves, La cité des eaux mouvantes et L'empire des mille planètes. Cette dernière histoire ayant déjà été chroniqué, je ne reviendrai pas dessus.

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Les mauvais rêves

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Première aventure de Valérian, elle met en scène un héros assez nonchalant mais pas dénué de ressource. Le ton d'ensemble lorgne vers la fantasy et présente le merveilleux personnage de Laureline. 
Un cadre du service spatio-temporel, a décidé de prendre le pouvoir pour transformer l'hédoniste Galaxity en structure plus impérialiste. Après avoir ruiné les machines à rêver de la population, il s'enfuit vers l'an Mil pour se doter de ressources magiques qui lui permettront de régner sur son époque d'origine.

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Une aventure assez drôle, Mézières et Christin s'amusent sans se poser trop de question, le lecteur fait de même. Sympathique et léger.


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La cité des eaux mouvantes

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Sans contexte la meilleure aventure de Valérian et Laureline, l'infâme Xombul, déjà pourchassé dans Les mauvais rêves, s'est évadé et fonce vers la période la plus sombre de l'histoire terrienne : le cataclysme de 1986. Valérian puis Laureline devront retrouver la trace de Xombul dans une New York en train de sombrer sous les eaux, hantée par les pillards. Une image qui marque...

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Les manigances de Xombul sont diaboliques et donneront énormément de mal aux deux héros. Les rebondissements sont nombreux, les seconds rôles haut en couleur, les pages filent à toute vitesse. Un vrai plaisir de lecture, un album incontournable. A noter que Laureline très présente dans cette aventure s'effacera malheureusement quelque peu dans l'Empire des mille planètes.

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Au final cette intégrale présente deux bons albums d'aventure et le pilier fondateur de la série. Les bonus inclus dans ce volume sont dispensables mais restent sympathiques comme ces reliques de la parution en épisodes dans Pilote de La cité des eaux mouvantes.

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29 janvier 2010

Kane, Intégrale 2/3 de Karl Edward Wagner

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Il songea avec regret aux volumes sans prix de noires connaissances qu’il avait été contraint de laisser derrière lui. Bah, il avait gravé dans sa mémoire la plupart d’entre eux, et le Prêtre noir viendrait récupérer dans la tombe ces volumes maudits, pour les ranger dans leurs niches, dans ses cryptes ténébreuses. En particulier, une des toutes premières transcriptions du monumental Livre des Anciens d’Alorri-Zokros avait suscité l’admiration de Kane. Les transcriptions ultérieures pouvaient être fatales, à cause de leurs erreurs et de leurs omissions, il le savait bien. Sans doute aurait-il pu trouver la place d’inclure cet épais volume dans son paquetage. Mais le parchemin fragile, il en était conscient, n’aurait jamais survécu à la course frénétique qui attendait Kane pour échapper à la vengeance du Cartel.

Second volume de l’intégrale de Kane comprenant un roman, un poème dispensable et six nouvelles.

Néanmoins, les étranges ruines de pierre qu’on peut trouver en état de désagrégation dans les îles, sur certains sites où nul ne va, défient toute explication. De la race qui a construit ces citadelles monolithiques, nous ne savons rien. La légende insiste pour dire que les ruines se trouvaient là avant que l’homme arrive dans l’archipel. Il est établi que ces pierres érodées sont d’une antiquité étonnante, et nul ne peut estimer combien d’ères se sont écoulées depuis qu’on a dressé ces forteresses cyclopéennes, ni quelles main les a détruites. Certains mythes curieux font allusion à des sculptures effrayantes qui dépeignent de colossales scènes de combats entre des monstres marins tirés du cauchemar d’un dieu fou.

Dans le roman Le château d’outrenuit, Kane est débauché par des agents de la sorcière Efrel. Cette dernière, épouse de l’empereur d’un archipel à encouru sa colère, suite à un complot visant à l’usurpation du trône, et survécut bien que brisée physiquement. Pour prendre la tête de l’armée de renégat et de ruffians qu’elle a menée, elle a besoin d’un général génial. Kane étant en délicatesse avec le gouvernement du royaume où il trainait, il se montre disposé à tenter l’aventure… D’autant plus motivé qu’il a mis l’archipel en question à feu et à sang, deux cents ans auparavant et en fût chassé par la lignée actuellement au pouvoir.

Un roman riches en combats maritimes qui emprunte énormément à Lovecraft pour ses ambiances. La galerie de personnage est très riche et haute en couleur : Efrel est un être monstrueux cruel et fascinant, l’assassin philosophe Arbas est délicieusement cynique, le renégat Imel fait preuve d’un pragmatisme à toute épreuve. Du côté des gentils, enfin plutôt des pas trop méchants, les relations entre le fratricide empereur Nétisten, et son neveu quasi régicide sont très agréables à suivre…

Tous les coups ne pouvaient pas être parés complètement, et les lames déviées frappaient douloureusement contre son corps vêtu de maille. Son haubert était troué et ensanglanté, de fines estafilades rouges saignaient sur son visage et ses avant-bras, et un archer invisible avait failli lui percer la gorge d’une flèche. Il semblait inévitable qu’un assaillant finisse bientôt par se glisser sous la garde Kane pour lui infliger une grave blessure. Une fois amoindri, il le savait, il serait instantanément jeté à terre, taillé en pièces par les chacals. Au mépris du danger, il narguait et insultait ses assaillants fous de rage. Couvert d’un sang de même couleur que ses cheveux roux, il continua à combattre avec férocité – exultant chaque fois que son épée frappait au but.

Une aventure pleine de fureur, de rebondissements, de trahisons et de bestioles tentaculaires. Un vrai plaisir de lecture où accessoirement l’on apprend la nature de la malédiction de Kane et ses origines…

Les nouvelles présentent des facettes insoupçonnées de Kane, dues au poids des années.

Ainsi dans Lame de fond, qui narre les tentatives de sa maîtresse pour lui échapper, il n’apparaît qu’en antagoniste lointain. Un texte qui m’a rappelé le Zothique de Clark Ashton Smith.

Deux soleils au couchant, illustre la rencontre de deux êtres accablés par le poids des ans et le changement inexorable du monde. Ils partiront à la recherche d’un symbole de la gloire d’antan. Un texte crépusculaire où Kane n’intervient qu’en temps que témoin.

La muse obscure présente notre héros en mécène, prêt à se lancer dans une aventure dangereuse pour que son poète et ami retrouve l’inspiration. Une aventure plus violente que son sujet ne le laisse supposer et à la conclusion très lovecraftienne.

Le dernier chant de Valdèse est une histoire de fantôme de bonne facture se situant quelque part entre Tanith Lee (Cyrion, Tuez les morts) et Clark Ashton Smith (Zothique).

Miséricorde est plus intéressante pour la galerie de monstres que sont les quatre membres du clan Vareïsheï et sa conclusion que pour la quasi omnipotence elliptique inhabituelle des actes de Kane. 

Une épaisse couverture d’ombres nappait le cauchemardesque amas d’arbres foudroyés, d’engins de siège décomposés et de talus envahis d’herbe. Devant eux se dressait une énorme baliste, aux madriers géants calcinés et figés comme si la bombe de phosphore qui avait incendié l’engin et ses servants les avait frappés quelques heures plus tôt, à peine. Des squelettes carbonisés tenaient encore leur poste autour de son bras cassé. Touchez un homme d’un feu assez brûlant, songea Kane, et ses os dureront éternellement.

Enfin Lynortis commence comme une chasse au trésor sur les ruines d’un champ de bataille dantesque entre deux factions (trois si l’on compte Kane) avant de se terminer par l’évocation de la lassitude du guerrier face à des carnages absurdes.

Au final, nous avons donc un roman et une demi-douzaine de nouvelles qui mettent bien en valeur le talent de Karl Edward Wagner avec un héros original et particulièrement bien dépeint. Sa fantasy est très originale, les influences lovecraftiennes assumées et bien exploitées, une réussite tant dans le domaine de l’héroic fantasy que de la dark fantasy, Glen Cook et Steven Erikson sont largement surclassés.

Il m'a donné envie de le lire : Nébal.

La critique du premier tome est ici.

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21 janvier 2010

La saga de Hrolf Kraki de Poul Anderson

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« J’aurais… souhaité… mieux connaître mon père, souffla Hroar.

- Je me contenterai de le venger » , dit Helgi, la gorge serrée. Il n’avait plus du tout l’air d’un enfant.

Histoire datant du VIeme siècle, modernisée par Poul Anderson, la saga de Hrolf Kraki est une vaste épopée familiale danoise sur près de trois générations.

Tout commence avec Hroar et Helgi, fils du défunt Frodi assassiné par son frère. La saga narrera leur vengeance et le règne glorieux des deux frères. Quoi qu’il en soit les hommes de cette époque ne sont pas des saints, le pillage est une bonne façon de tenir les royaumes voisins et le viol un bon moyen de venger une humiliation fine. Suite à quelques frasques dans ce genre, le puissant Helgi aura un fils d’une relation amoureuse, qu’il ignorait incestueuse.

Situation bien cruelle quand la vérité sera découverte…

Hrolf, issu de cette union, se révèlera un roi avisé. Le récit se portera alors sur les contrées environnantes mettant en scène les ennemis à venir et les héros destinés à le rejoindre, tous charismatiques et acteurs d’histoires prenantes.

A la demande expresse de la reine, Adhils attribua ce soir-là la place d’honneur, en face de lui, à Svipdag et, tant qu’on but, le traita avec courtoisie et le félicita. Les berserkers n’assistèrent pas au repas. Adhils leur avait déjà parlé loin des oreilles indiscrètes. Plus tard, il avait prétendu les avoir apaisés. Svipdag avait remarqué qu’en partant, courbés, ils affichaient un mauvais air satisfait. Le fils du franc tenancier s’était comporté comme s’il ne s’attendait à rien de fâcheux et n’avait passé l’après-midi à affuter sa hache qu’en ouvrier consciencieux. Quand le roi lui avait dit qu’il ne passerait pas la nuit sur un banc, mais dans une maison d’hôte de l’autre côté de la cour, Svipdag l’avait remercié. Puis, sans hâte, à la faveur du crépuscule, il avait transporté un ballot contenant sa broigne et sa hache non dans ladite maison, mais dans un coin du vestibule du fort.

Aussi hautes en couleurs que les aventures d’Helgi, les exploits de la future garde rapprochée de Hrolf sont très prenants et présentent une belle collection de personnages charismatiques que ce soit le redoutable et astucieux Svipdag à la cour pourrie de Suède ou la sombre genèse de Bjarki dans la Norvège sauvage.

Les dieux et créatures fantastiques sont peu présentes, la plupart des intrigues se composant de sombres vengeances ou d’intrigues pour l’élimination de héros trop brillants. L’ensemble donne une fantasy assez légère dotée d’un indéniable souffle épique.

Le regard d’Adhils ne cessait d’errer sur ces guerriers en dessous de lui. Lequel de ces hommes qui lui renvoyaient tous des regards indomptables pareils à ceux des faucons revenus se percher sur leurs épaules, lequel était le roi Hrolf, fils de cet Helgi qu’il avait occis et de sa propre épouse Yrsa qui le détestait, lui, Adhils ?

Au final cette saga se révèle un très bon moment, nous plongeant dans une période cruelle et violente. La réécriture est agréable et Hrolf soutient sans problème la comparaison avec Arthur ou Charlemagne, proposée par Poul Anderson dans son avant propos.

Il m'a donné envie de le lire : Nébal

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17 janvier 2010

Le sommet des dieux Tome 3 de Taniguchi et Yumemakura

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Fukamachi a appris au Japon tout ce qu'il pouvait savoir sur Habu, de retour au Népal il entend bien le retrouver et obtenir de lui le vieil appareil photo, clé possible du mystère de la première ascension de l'Everest.

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L'histoire se recentre donc tant sur le présent de Habu et le mystère de Mallory. Malheureusement les premières investigations de Fukamachi au Népal ont été tout sauf discrète. Il a éveillé l'attention  tant de personnages déterminés mais mesurés dans leur méthodes que de pauvres hères désespérés et prêt à tout.

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L'enlèvement de Kishi Ryoko, ancien amour de Habu, venu à Katmandou suite à l'enquête de Fukamachi précipite l'intrigue vers le polar.

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Toutefois, Fukamachi prendra enfin la mesure d'Habu et du projet dément qui le hante depuis des années. Un projet d'ascension de l'Everest en hivernale, en solitaire par la face sud-ouest. Un projet qui une fois qu'il en aura pris la mesure commencera à le hanter à son tour.

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Excellent tome qui dévoile complètement la personnalité d'Habu, Fukamachi de son côté fait face et se contraint à affronter ses démons et les raisons de son obsession pour le Népal. Prenant et bien construit.

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Les 3 soleils de Vinéa de Roger Leloup

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Nouvelle aventure vinéenne de Yoko et transition vers des aventures spatiales plutôt que souterraine en ce qui concerne ces extra terrestres à peau bleue.

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Khâny a repris contact avec Yoko après les évènements de la Forge de Vulcain. La faction non belliciste l'ayant emportée, les vinéens ont décidés de retournés vers leur système d'origine pour voir ce qu'il est advenu de Vinéa.

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De retour après un exil s'étant étalé sur une période astronomique, ils constatent que la planète bien que sérieusement malmenée a survécu. Les vinéens coincés sur place ont ils pu perpétuer leur civilisation ?
Un mystère d'autant plus épais que les installations en orbite sont abandonnées et datent de l'évacuation pré cataclysme.

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L'exploration de la surface mettra en évidence une planète ravagée, ayant perdu sa rotation mais hébergeant toujours la vie sur une mince zone tempérée. Reste à savoir s'il y a des survivants et quelle sera leur disposition avec les rescapés de la catastrophe cosmique de retour d'hibernation et d'exil.

Un album plaisant mais pas exceptionnel, cela étant sans doute du à son statut de transition. Les vinéens quittent la Terre pour être confrontés à une situation qui n'est pas sans rappeler l'intrigue du Trio de l'Etrange.

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15 janvier 2010

Contact de Carl Sagan

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Au-delà de l’atmosphère terrestre, existe de l’autre côté du ciel un univers qui grouille d’émission radio. Par l’étude des ondes radio, on peut en apprendre beaucoup sur les planètes, les étoiles et les galaxies, sur la composition des grands nuages de molécules organiques qui dérivent entre les étoiles, sur l’origine, l’évolution et le destin de tout l’univers.

Eleanor Arroway est une radioastronome brillante dont la vie est chamboulée quand elle capte un message venu d’ailleurs. Enigmatique message couplant une brève retransmission des jeux olympiques de 1936 et des milliers de pages de données.

Les réseaux de radioastronomie de toute la planète seront mis à contribution et les scientifiques de tout horizon devront collaborer de manière très étroite, mettant de fait un terme à la guerre froide.

Ellie sera devra affronter tant  à d’anciennes connaissances ambitieuses, misogynes et égocentriques que des religieux fondamentalistes du plus fanatique au plus éclairé.

Les grandes religions de la planète se contredisent formellement les unes les autres. Elles ne peuvent avoir toutes raison. Et si elles se trompaient toutes ? C’est encore une possibilité à envisager. Vous devez rechercher la vérité, n’est-ce pas ? Eh bien, le meilleur moyen de passer au crible toutes ces affirmations différentes est d’être sceptique. Je ne me montre pas plus sceptique vis-à-vis de vos croyances religieuses que je ne le suis vis-à-vis d’une nouvelle idée scientifique dont j’entends parler. Mais chez nous, on appelle ces idées des hypothèses et non de l’inspiration ou des révélations.

Finalement décodé, le message se révèle être un mode d’emploi pour la construction d’une machine qui semble devoir accueillir cinq passagers…

Datant des années 80, Contact accuse un peu son âge en imaginant le monde toujours plongé dans la guerre froide à la veille de l’an 2000 notamment mais présente néanmoins une très belle galerie de personnages. Un roman intéressant, véritable déclaration d’amour au SETI mais aussi à la radioastronomie en général, illustrant aussi les rivalités entre scientifiques et pied de nez aux religieux bornés. Il comporte pourtant quelques petites maladresses qui me font lui préférer l’adaptation de Zemeckis, un livre qui vaut le détour si vous avez aimé le film. 

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09 janvier 2010

Une forme de guerre d’Iain M. Banks

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La Culture était d’une autre trempe. Elle pratiquait une politique interventionniste continuelle et de plus en plus étendue dont Horza ne voyait pas la limite. Son expansion pouvait se perpétuer indéfiniment, puisqu’elle n’était pas régie par des contraintes naturelles. Telle une cellule maligne, un cancer génétiquement, constitutionnellement privé d’interrupteur « marche-arrêt », la Culture continuerait de s’étendre tant qu’on le lui permettrait. Donc, puisqu’elle refusait de s’arrêter d’elle-même, il fallait bien qu’on le fasse à sa place.

La Culture est en guerre contre les Idirans, une civilisation hégémoniste, formidable machine de guerre ayant quasiment le même niveau technologique.

Horza est un des pions de ce conflit, humanoïde métamorphe, il joue les espions assassins pour les Idirans. Tout bascule pour lui quand un chantier naval de la Culture évacue un Mental dans un navire construit à la hâte. Les Idirans profitant de l’état d’impréparation de la Culture dans ces premières années de conflit, réussisse à anéantir le navire. Le Mental en fuite survie néanmoins à la destruction du vaisseau et trouve refuge sur une étrange planète sanctuaire… Sur laquelle seule la poignée de métamorphe encore en vie ont le droit de poser le pied. Les Idirans chargent Horza de se rendre sur place pour faire main basse sur cette merveille technologique de la Culture.

Bien entendu, rien ne se passe comme prévu dans cet univers en guerre et Horza sera contraint à un long détour et pas mal d’épreuves avant de réussir à poser le pied sur le Monde de Schar où rien ne se passera comme prévu non plus.

En prenant non seulement un protagoniste extérieur à la Culture mais aussi un de ses adversaires les plus acharnés, Banks remet en perspective sa création de manière singulière et très agréable. La période est sombre et le temps est venu de se demander qu’elles sont les raisons d’agir de la Culture et si la fin justifie les moyens. Un excellent récit crépusculaire avec un épilogue formidable remettant en perspective les intervenants principaux de cette histoire. Me voilà réconcilier avec la Culture…

Ah, quel mépris il y a dans tout cela ! Comme nous nous sommes abreuvés de mépris ! Il y a notre propre mépris déguisé à l’égard des « primitifs » ; et le mépris de ceux qui, à la déclaration de guerre, ont quitté la Culture, envers ceux qui choisissaient de combattre les Idirans ; le mépris que ressentent un si grand nombre d’entre nous à l’égard de Circonstances Spéciales… ; le mépris où nous tiennent les Mentaux, ainsi que nous nous en doutons tous… et puis, partout ailleurs aussi le mépris des Idirans pour nous les êtres humains ; et le mépris des humains pour les Métamorphes. C’est le dégoût érigé en principe, toute une galaxie de morgue. Avec nos petites existences si bien remplies, nous n’avons pas trouvé mieux, pour passer le temps, que de rivaliser de dédain.

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02 janvier 2010

L'Incal de Moebius et Jodorowsky

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Suite à une des vidéo du dimanche sur Traqueur Stellaire, j'ai relu l'Incal. Si le début s'est avéré assez décevant, j'ai été agréablement surpris par la seconde moitié. Sans doute le temps d'adaptation nécessaire pour supporter la médiocrité de John Difool et le scénario mystico-délirant de Jodorowsky.

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John Difool est un minable, un détective privé dont la plus juteuse affaire consiste à escorter une aristocrate dans les quartiers chauds de la ville puits. Mais tout minable qu'il soit cela ne l'empêche pas de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. C'est ainsi qu'il se retrouve en possession de l'incal lumière, puissance mystique positive émergeant de la corruption de la civilisation terrienne. Contre son gré, John Difool est entraîné dans la quête ce l'Incal noir, moitié manquante de l'incal lumière. Ce faisant, il devra affronter des périls de plus en plus grand, sans que cela fasse de lui un héros contrairement à son entourage et aux compagnons qui se grefferont à cette histoire.

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Tandis que l'Incal sera réuni en une seule entité après bien des péripéties, les forces antagonistes se dévoilent ainsi que la menace qu'ils font peser à l'échelle cosmique. De quête mystique, la quête de l'Incal vire au space-opera déjanté...

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Quoi qu'il en soit, John Difool reste au centre de cette histoire et il devra accomplir plusieurs missions à son corps défendant. Epreuves d'autant plus difficile qu'en looser nihiliste, il ne songe qu'à profiter de l'instant présent quand tous oeuvrent pour sauver l'univers.

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Le final sera grandiose et les dernières épreuves traversées par l'anti-héros sont truculentes.
L'Incal est une oeuvre très particulière tant l'univers barré de Jodorowsky peut rebuter, sans compter que le trait adopté par Moebius varie mais est très minimaliste la plupart du temps. La persévérance est toutefois récompensée avec des situations cultes et un final d'une rare finesse, porteur de beaucoup d'émotions.

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Sans oublier une gamme de personnages très sympathiques, dont la puissance, la détermination ou l'héroïsme achèvent de tourner en dérision un anti-héros qui comme nous se demande bien ce qu'il fait dans cette galère.

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Une oeuvre dont on se souvient mais qui s'adresse surtout à ceux que l'univers très particulier de Jodorowsky ne rebute pas. Si vous passez cet obstacle, une oeuvre culte vous attend.

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01 janvier 2010

Bilan 2009 pour anticiper 2010

Je m'étais fixé pour objectif en cours d'année de lire au moins 70 livres en 2009, je constate mon échec en n'en dénombrant que 64. C'est d'autant plus problématique que l'année 2009 a été riche en nouveauté et que j'ai acheté un nombre indécent de livre.
Pour cette année, un objectif vaincre la pile à lire ! Ca devrait être assez facile dans la mesure où j'ai réduit mes sources d'informations en matière de sorties.

Au niveau de mes découvertes de cette année je retient surtour : Cory Doctorow, Stéphane Beauverger, Leigh Brackett et Pierre Pelot.

Jean Philippe Jaworski, Catherine Dufour, Christopher Priest, Xavier Mauméjean, Poul Anderson, Andreas Eschbach continuent de m'enchanter.

Pour les lectures marquantes l'année 2009 a été exceptionnelle avec pas mal d'incontournables et de très bon romans :
- Gagner la guerre et Montefellone (dans l'anthologie Roi et Capitaine) de Jean Philippe Jaworski ;
- La série La patrouille du temps de Poul Anderson ;
- Little Brother de Cory Doctorow ;
- Les nombreuses vies de Cthulhu par Patrick Marcel ;
- Le Déchronologue de Stéphane Beauverger ;
- Encre de Hal Duncan ;
- Monnayé de Terry Pratchett.

La déception de l'année est Avaleur de Monde de Walter Jon Williams...

Rayon BD, l'année a été extrêmement riche avec la bonne surprise de la série Hellboy, l'album Top Ten the Forty-Niners, la fin de la série La nef des fous, ma découverte de Jirô Taniguchi et enfin la série Orbital.
Au rayon redécouverte : la première époque de Valérian et Laureline vieilli plutôt bien, de même que les Yoko Tsuno. Partie de Chasse de Christin et Bilal reste incontournable sans doute la meilleure BD de ces deux auteurs.

L'année 2010 s'annonce bien garnie tant en romans qu'en BD, vu les volumes accumulés.

Pour ce qui est des résolutions, je vais essayer d'atteindre ce seuil psychologique des 70 livres dans l'année, perdre une dizaine de kilos, peindre correctement mes figurines warhammer.

Meilleurs voeux pour 2010 !

Bloavez Mad !

Tagazok !

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