Le sauveteur de Jirô Taniguchi

Suite de mon cycle Taniguchi...
Shiga est un alpiniste et participe à la tenue d'un refuge quand il reçoit un appel de Tokyo. La veuve de son meilleur ami, mort en montagne, l'informe de la disparition de sa fille, Megumi. Fidèle à une promesse faite au défunt, Shiga se rend dans la mégapole qu'il connait mal afin de retrouver la gamine de quatorze ans.
Commencera alors une descente dans les quartiers interlopes de Tokyo, découvrant les souteneurs, des quadra entrenant des gamines...
Taniguchi signe ici un polar assez conventionnel, présentant en passant un aspect inquiétant de la société japonaise et le croise avec le milieu des alpinistes. Shiga se sens effet coupable de la disparition de son ami lors d'une expédition à laquelle il n'a pas participé.
Enquête lente, reprenant les thème du provincial perdu dans la capitale et de la culpabilité infondée, Le sauveteur se termine par un long passage d'anthologie. Une réussite.
Orbital : Nomades de Pellé et Runberg

Voici donc le troisième tome, et première moitié de la seconde mission, assez attendu d'Orbital. Mézoké et Kaleb sont sur Terre en Malaisie afin de superviser une cérémonie de réconciliation entre humains et sandjarrs. Le choix de la Malaisie étant dictée par la faible influence des isolationnistes dans la région ainsi que les miracles accomplis par la confédération là bas.
Malheureusement les pêcheurs locaux constatent l'apparition de cadavres de poissons conjointement à l'irruption d'une race extra terrestre nomade. L'enfer étant pavé de bonnes intentions, les décisions prises par Kaleb tendent à mal tourner et provoque un début de vendetta...
Une nouvelle aventure qui réhausse encore le niveau de la série, tout en déroulant une nouvelle intrigue, les auteurs reviennent sur la mission précédente mais aussi sur le passé des deux équipiers. Dévoilant ainsi pour chacun une histoire sordide, achèvant définitivement le moindre soupçon de manichéisme. Les héros sont gris et aucune race n'est totalement innocente !
Une série et un album excellent ! Vivement la suite !
Epées de Lankhmar de Fritz Leiber

Les rats noirs continuaient de se montrer en plein jour à
Lankhmar. Ils ne volaient rien, ne mordaient personne, ne couraient pas
furtivement et ne couinaient pas de défi. Ils… s’affichaient, tout simplement.
Pointant d’abord le museau hors des canalisations d’égout ou des trous qu’ils
foraient par centaines, ils s’enhardissaient peu à peu et venaient s’installer
sur le rebord des fenêtres ou sous les portes cochères, sereins et confiants
comme des chats. Et on en voyait autant, proportionnellement, dans les boudoirs
des grandes dames que dans les masures des pauvres.
Voici la fin de mon petit cycle Leiber. Ce dernier semble s’être particulièrement lâché dans ce roman. Fafhrd et le Souricier Gris engagés pour accompagner un convoi maritime de blé, semblent avoir perdu de vue les intérêts de leur employeur et se laisse guider par leur libido.
Une traversée mouvementée où les rats semblent subitement dotés d’une intelligence hors norme. Malgré nos deux héros les traitres Hisvin et Hisvet seront démasqués mais réussiront à rallier Lankhmar avant les troupes loyales… Là bas, ayant prises sur l’imbécile souverain Glipkerio, ils continueront leurs manigances visant à livrer Lankhmar aux rats. Le Souricier sera aux prises avec ses derniers notamment dans la secrète Lankhmar souterraine tandis que Fafhrd resté en arrière pour des affaires galantes n’arrivera en ville que tardivement après quelques péripéties notamment au sein de la cité des goules.
Passons à Lankhmar. Là, tout est beaucoup plus clair. La cité a été envahie par des assaillants qui sont… par tous les dieux, attends que je compte… cinquante fois plus nombreux que ses habitants ! Toutes les défenses ont cédé, des combats font rage dans la rue et l’armée adverse dispose de tout l’armement moderne…
Pourtant, tu peux encore sauver la ville, en inversant l’issue de la bataille, si tu gagnes au plus vite le temple des dieux de Lankhmar. Cette vision-là est très claire : tu devras monter au sommet de la tour noire et faire sonner les cloches qui se taisent depuis des siècles. Probablement pour éveiller les dieux, mais ce n’est qu’une hypothèse personnelle…
- Je déteste l’idée de frayer avec cette bande de dieux poussiéreux, gémit Fafhrd. D’après ce que j’en ai entendu dire, ce sont davantage des momies ambulantes que d’authentiques divinités…
Ningauble haussa ses énormes épaules.
- Je croyais que tu étais un vaillant guerrier prêt à relever tous les défis…
Fafhrd jura amèrement dans sa barbe.
- Même si je réussis à faire sonner les cloches, demanda-t-il, comment Lankhmar tiendra-t-elle jusque-là, si toutes ses défenses ont cédé ?
- Excellente question, merci de l’avoir posée…
- Et comment atteindrai-je le temple, si on se bat dans toutes les rues ?
- C’est toi le héros, si je ne me trompe ? Alors,
trouve une idée…
Une aventure aussi sombre qu’amusante, avec un couple d’aventurier qui réussit le tour de force d’être aussi inefficace que talentueux. Deux fortes personnalités captivées par les gains à court terme, se faisant régulièrement floué. L'univers de Leiber est toujours aussi à part et bien campé, pleins de personnages secondaires délirants et marquants. Bien menée cette aventure est un très bon moment.
Waylander de David Gemmell

FERMIER
ASSASSIN
HEROS !
Retour dans le monde impitoyable de la BCF et autres romans de gare !
- N’est-ce pas évident ?
- Il me semblerait plutôt qu’il faut faire preuve d’un grand courage pour mourir pour ses convictions, répondit Dardalion.
Waylander se mit à rire.
- Du courage ? Il ne faut pas de courage pour mourir. En revanche, il faut du cran pour vivre.
- Vous êtes un drôle d’homme. Vous n’avez donc pas peur de la mort ?
- J’ai peur de tout, prêtre – tout ce qui marche, rampe ou vole.
Avec Waylander, Gemmell se penche sur la genèse de l’univers drenaï. Enfin univers faut le dire vite, tout est très épuré… Ici pas de décors en carton pâte, c’est encore plus minimaliste des scènes en extérieur, quelques ruines et une citadelle assiégée. Nous sommes donc à des années lumières d’un Gagner la Guerre ou d’un Royaume Blessé.
Le style de Gemmell
est constitué pour l’essentiel de dialogues, de scènes d’action et du récit
d’un siège (Légende le retour !). N’en reste pas moins que c’est efficace
qu’on ne s’ennuie pas malgré un défaut déjà présent dans Légende : il
n’assume pas totalement ses ressorts dramatiques et si on évite le sarcophage
de résurrection cette fois ci, on a le droit au : « en fait il n’est
pas mort ».
Revenons quand même à l’intrigue. Waylander est un assassin en cavale, son dernier contrat portait sur l’élimination du souverain Drenaï pour le compte des vagriens. Ces derniers l’ayant doublé, il élimine le fils de son commanditaire à défaut de ce dernier. Résultat des courses tant les drenaï que les vagriens veulent sa peau…
Au cours de ses errances dans la campagne ravagée par la guerre, Waylander en cherchant à récupérer son cheval, sauve un prêtre. Au contact de ce dernier, il sera touché par la grâce et l’homme blessé qui sommeillait en lui s'éveille.
Tandis que le jeune Dardalion de son côté est souillé par sa fréquentation de l'assassin et en vient à poser les bases de l’Ordre des Trente, Waylander est contacté par ce qui reste du père du souverain défunt et se voit confier une quête : récupérer l’armure du roi Orien, dissimulé en territoire nadir, pour rallier à l’armée exsangue du général Egel, les forces vives éparpillées et démoralisées de Drenaï.
Tandis que Waylander, toujours traqué prend la route du nord nous suivrons via Dardalion et quelques autres le siège de la dernière place forte drenaï encore debout.
- Quelles sont mes chances de succès ?
- Cela dépendra de qui t’accompagne.
- Eh bien, disons, si la Source me choisit les bons compagnons ?
Le vieil homme frotta ses orbites vides et s’allongea.
- Alors, nous dirons que tu n’as aucune chance.
- C’est bien ce que je pensais.
- Mais ce n’est pas une raison pour refuser.
La prose de Gemmel pour le siège est efficace et réussit à se démarquer quelque peu de Légende. Waylander, par contre, est un personnage campé de manière quelque peu grossière, se demandant lui même la raison de tout ces changements en lui. C’est encore plus flagrant pour Cadoras et Durmast. Malgré tout, les péripéties sont prenantes et se laissent lire sans déplaisir.
Waylander cacha son ennui et comme son regard se noyait dans le vert des Plaines sentrannes qui rejoignaient au les montagnes gris-bleu, il autorisa son esprit à vagabonder. Après tout, quelle importance s’ils le tuaient ? N’avait-il pas assassiné leur roi ? Et qu’avait la vie de si merveilleux qu’on veuille étendre son espérance ?
Non, rien n’avait d’importance, réalisa-t-il, alors que les montagnes se faisaient de plus en plus proches. De combien de morts ces montagnes avaient-elles été les témoins. Qui se soucierait encore de cet obscur conflit dans mille ans ?
Au final, Gemmel signe ici un roman de gare très efficace, rafraichissant.. Une série B agréable qui tient ses promesses et réussi à ne pas s’échouer sur les écueils du manichéisme. Cela dit ça ne va pas plus loin…
PS : Chose promise, chose due : LE FANTASY BINGO !

Orbital : Première mission de Pellé et Runberg


Orbital est une série de SF donc chaque histoire sera constituée de deux tomes. Dans le cas présent Cicatrices et Ruptures. La parution du troisième tome m'a donné l'occasion de les relire et de les chroniquer.
Cicatrices présente l'univers d'Orbital de manière très efficace. Les humains sont contactés par une confédération d'extra-terrestres pour intégrer cette alliance pacifique. Las, il y a une faction extrémiste parmi les humains qui ne souhaitent pas cette alliance. Face aux avancées technologiques librement partagées par Orbital, ils opposent une violence aveugle. Leur mouvement échoue et les humains intégrent la confédération. Malheureusment, les isolationnistes réussissent à obtenir le pouvoir sur la terre et profitant des avancées technologique d'Orbital se lancent dans une politique coloniale agressive et manque d'exterminer une race confédérée. La rispote de la confédération ne tarde pas, les terriens sont remis dans le rang et les humains deviennent des citoyens confédérés de seconde zone.
Quelques années plus tard, Caleb Swany, un humain dont les parents diplomates ont été tués lors du dernier attentat isolationniste intègre l'Office Diplomatique Intermondial d'Orbital. Il est le premier humain a accéder à cette fonction, dans un esprit de réconciliation il est même associé au premier agent Sandjarr, la civilisation génocidée par les humains, Mézoké Izzua. Un binome hautement symbolique mais dont la pérénité n'est pas gagnée.
Leur première mission consistera a intervenir sur une colonie humaine d'après guerre oubliée, dont l'existence est menacée par la race extra-terrestre légitement propriétaire du satellite exploité par les humains.
Les colons, des naufragés de l'espace, ancien colons isolationnistes, ont la vie dure et ne tiennent pas à quitter leur sol. De l'autre côté, les Jävlodes traversent une période difficile et sont le jouet de factions bellicistes qui ont bien l'intention de verser le sang humain.
Cicatrices est exceptionnel, la phase d'exposition en plusieurs temps est réussie et maîtrisée. L'intrigue rebondit très bien dans Ruptures, l'action est menée tambour battant et les rebondissements sont nombreux.
Tout serait idéal si la conclusion de l'aventure n'avait pas été torchée aussi rapidement, alors que la tension monte crescendo tout est réglé en deux planches. Argh ! J'aurais aimé en avoir plus. Petite déception.
Orbital est bien le descendant moderne de Laureline et Valérian, ses deux premiers albums sont particulièrement réussis. L'ambiance est très sombre, le trait réussi. Il est donc entendu que je vais continuer sur la lancée.
Message personnel : T'as gagné Lafrite !
Tancrède d’Ugo Bellagamba

Tancrède de Hauteville, neveu de Bohémond de Tarente est un normand d’Italie. A la suite de son oncle, il répond à l’appel à la croisade d’Urbain II. Alors que Bohémond est bien le digne fils de son père et compte se tailler un domaine en orient, Tancrède apparaît comme un croyant sincère.
Lors de leur arrivée à Constantinople, le choc est rude
quand la plupart des chefs de la croisade prête allégeance à l’empereur Alexis
Comnène.
Je suis un Croisé, pas un arrière-arrière vassal d’un Grec, fût-il Empereur. Je suis bien décidé à mener la Croisade sans me plier aux exigences diplomatiques du Basileus. Les puissances temporelles n’ont pas à interférer avec une quête spirituelle.
Si j’ai accepté de recevoir Bohémond dans ma tente, au sommet d’une éminence naturelle qui descend en pente douce jusqu’à la mer, c’est simplement en raison de nos liens familiaux. S’il croit me faire changer d’avis, il se trompe lourdement.
Le soleil, comme mon ressentiment, chemine vers son zénith,
dardant ses rayons sur les parties métalliques de l’armure du nouveau vassal d’Alexis
Comnène.
Dans cette uchronie, Ugo Bellagamba met magnifiquement en
scène son Tancrède. Les faits historiques avérés sont présentés avec justesse.
Du refus du serment de Bohémond à son différent à Tarse avec Baudouin de
Boulogne (futur comte d’Edesse puis roi de Jérusalem).
Je repère immédiatement Baudouin, encadré par ses chevaliers
à l’air farouche. Ils ressemblent plus à des mercenaires qu’à des pénitents.
Lui-même, petit et gros, le visage mangé par une barbe sale et le baudrier de
travers, ressemble à l’un de ces barons félons qui écument les frontières des
principautés occidentales à la recherche de richesses à dérober. Il n’a rien de
la dignité de son aîné. C’est bien simple, à ses côtés, le truculent Bohémond
aurait pu passer pour un ascète accompli.
Le point de divergence est la prise d’Antioche. Tancrède n’en
peux plus de ces massacres aveugles et de l’opportunisme de la plupart des
chefs de la croisade. Il rompt définitivement tout lien avec son oncle et les croisés. Après un temps d’incertitudes,
il décide de contribuer à la défense de la ville sainte en tentant d’unir les
seigneurs musulmans avec le concours d’agents fatimides.
Dans le regard du jeune sultan, je ne peux déceler aucune duperie.
Pourtant, on dirait qu’il récite des phrases apprises par cœur.
« Pourquoi faire appel à moi ?
- Parce que toi et tes chevaliers êtes désormais une pièce
libre sur l’échiquier du Destin. Parce que je crois qu’une trentaine de
guerriers déterminés, emmenés par un chef aux idées claires, peut changer le
futur mieux que cents armées. Si tu m’aides, je te livrerai les clefs de la
sauvegarde de Jérusalem. »
Bellagamba déploie ensuite son récit, imposant à son
personnage un cheminent qui va l’emmener très loin de ses positions initiales…
La narration est plaisante et la dureté de l’époque bien retranscrite. Toutefois,
il y a quelques maladresses dans le début du récit avec des dates qui sont
cités trop souvent (alors que chaque chapitre est déjà daté), par ailleurs j’ai
eu un peu de mal à adhérer à une unification musulmane aussi rapide, même avec
le concours du Vieux de la
Montagne. L’introduction du personnage de Clorinde en tant
que musulmane m’a un peu surpris initialement mais ce point est mineur et a été
fait apparemment dans le but de mêler à l’uchronie, un opéra redécouvert par un
parent de l’auteur. Enfin, j’ai eu une
petite frustration de ne pas trouver plus de descriptions des inventions « pneumatiques ».
Au final, ce roman est une uchronie intéressante, teintée d’utopie. L’ambiance de la croisade est bien rendue et les rebondissements sont sympathiques. Malgré quelques détails plus faibles, Tancrède n’en reste pas moins un bon roman mais pas totalement maîtrisé.
Le journal de mon père de Jirô Taniguchi

Yoichi vient d'apprendre la mort de son père qu'il n'a pas vu depuis quinze ans. Poussé par son épouse, il retourne dans son village natal pour la veillé funèbre. Il retrouve sur place sa soeur et son oncle. A travers leurs réminiscences, on découvrira le gouffre qui séparait le père et le fils. D'un côté la version de Yoichi, de l'autre le portrait de son père vu par les autres membres de la famille.
Moins immersif que Quartier Lointain, sans doute à cause de l'absence de l'élément fantastique dans le récit, Le journal de mon père est un conte doux amer qui se laisse lire sans déplaisir.
Histoire des croisades I.1095–1130 L’anarchie musulmane de René Grousset
La lecture de l’essai d’Amin Maalouf, Les croisades vues par les Arabes, m’avait passionné. A tel point que j’ai acheté les trois pavés de René Grousset qui figurait en première source francophone sur la période dans la bibliographie de Maalouf.
La parution de Tancrède d’Ugo Bellagamba m’a paru une bonne
occasion de me lancer dans le pavé de Grousset dans la mesure où le nom de
Tancrède m’était totalement inconnu.
Concernant ce premier tome de l’histoire des croisades, bien qu’assez ardu à lire, il reste assez prenant. Le prologue dresse rapidement le tableau de la croisade byzantine vers 970 avant d’aborder la croisade franque. Bien documentée, le récit donne la parole tant aux chroniqueurs francs, qu’aux byzantins et aux musulmans. Dommage que les citations franques soient dans le texte, le vieux français étant assez ardu à déchiffrer.
Le récit est donc sans parti pris et exhaustif, les
évènements étant passé en revus par zone géographique et présentant tout les
points de vue. Ce qui contribue à terme à alourdir le récit quand on assiste
aux mêmes évènements vus successivement par le roi de Jérusalem, le prince d’Antioche, le comte d’Edesse,
l’atabeg de Damas et l’émir de Mossoul.
Je n’ai tenu le choc que jusqu’au décès de Tancrède en 1112,
ensuite j’ai considérablement accéléré ma lecture, me contentant des titres des
chapitres et des passages m’intéressant, notamment les convergences d’intérêt
entre la secte ismâilienne et les francs, ainsi que l’entrée en scène de Zengî.
Le livre de Grousset est donc recueil assez aride mais aussi très factuel, aisé à consulter ponctuellement mais surtout à ne pas lire d’une traite. Quoi qu’il en soit, pour une simple prise de contact avec la période je recommanderai plutôt l’essai d’Amin Maalouf.
Le marchand de Venise de Shakespeare
Suivi de Beaucoup de bruit pour rien et Comme il vous plaira

Par curiosité j’avais il y a quelques années de cela fait l’acquisition de ce livre pour découvrir Le marchand de Venise dont le thème me paraissait assez glauque. Pour ma peine et mon inculture me voici devant trois comédies assez légères.
Le Marchand de Venise
Lancelot – Vraiment, donc, j’ai peur que vous ne soyez damnée et de père et de mère : ainsi, quand j’évite Scylla, votre père, je tombe en Charybde, votre mère. Allons, vous êtes perdue des deux côtés.
Jessica – Je serai sauvée par mon mari : il m’a faite chrétienne.
Lancelot – Vraiment, il n’en est que plus blâmable : nous étions déjà bien assez de chrétiens, juste assez pour pouvoir bien vivre les uns à côté des autres. Cette confection de chrétiens va hausser le prix du cochon : si nous devenons tous des mangeurs de porc, on ne pourra plus à aucun prix avoir une couenne sur le gril.
L’usurier juif Shylock accepte de prêter de l’argent à son contempteur Antonio, pour le bénéfice de Bassanio, ami de ce dernier mais sans crédit. Argent nécessaire pour mener à bien sa cour auprès d’une dame. Piqué par le mépris d’Antonio, Shylock accepte de prêter sans intérêt mais exige la remise d’une livre de chair de la part de son débiteur en cas de défaut de remboursement à la date dite.
Pendant ce temps là, un ami de Bassanio, trame l’enlèvement de Jessica, la fille de Shylock, pour l’épouser. Las, cette dernière n’oublie d’emporter quelques objets précieux lors de sa fuite avec son promis. Pendant ce temps là, les navires marchands d’Antonio font naufrage et le contraigne à la faillite. Shylock enragé par la fuite de sa fille, compte bien se venger sur la personne d’Antonio…
Le sujet est assez sombre mais l’ensemble vire assez vite à la comédie romantique, avec une intrigue secondaire amusante vers la fin. Plaisant et amusant.
Beaucoup de bruit pour rien
Béatrice – Eux, princes et comtes ! Vraiment, voilà une accusation princière ! Un magnifique comte ! Le beau comte confit ! Un galant fort sucré à coup sûr ! Oh ! Pour l’amour de lui, si j’étais un homme ! Si du moins, j’avais un ami qui voulût être un homme pour l’amour de moi !... Mais la virilité s’est fondue en courtoisies, la valeur en compliments, et les hommes ne sont plus que des langues, et des langues dorées, comme vous voyez ! Aujourd’hui, pour être aussi vaillant qu’Hercule, il suffit de dire un mensonge et de le jurer ! A force de désir je ne puis pas être homme, je mourrai donc femme à force de douleur.
Quiproquo amoureux, tandis que l’amour de Claudio et Héro semble entendue, tout le monde s’emploie à mettre en couple Bénédict et Béatrice. Pendant ce temps là, le sombre Don Juan planifie la perte d’Héro.
Une histoire assez légère avec l’apparition d’agents du guet assez loufoques mais efficaces…
Comme il vous plaira
Orlando – Je ne suis pas un manant, je suis le plus jeune fils de sire Roland des Bois : il était mon père, et trois fois manant est celui qui dit qu’un père a engendré des manants ! Si tu n’étais pas mon frère, je ne détacherais pas de te gorge cette main, que cette autre n’eût arraché ta langue pour avoir parlé ainsi : tu t’es outragé toi-même.
Un duc en exil dans la forêt, son titre usurpé par son propre frère. Leurs deux filles liées d’amitié. Un frère ainé qui tyrannise son cadet. Tout se petit monde va se retrouver dans la forêt sans ce soucier trop de l’usurpateur qui les a mené là. Une comédie romantique avec quelques accents plus sombres.
Des textes légers voire un peu naïfs dans leur dénouement, plaisant mais n’emportant pas totalement l’adhésion. J’apprécie plus les drames de Shakespeare (Richard III, Macbeth) que ses comédies.
Mini rencontre ludique samedi 8 aout
Ce sont joint à nous pour cette petite soirée : Yann, Jérôme, Nicolas et un nouveau venu ami du précédent : Sébastien.

Etant six nous nous sommes lancés dans une impitoyable partie de Citadelles. Jérôme a mis de l'ambiance en déclarant et appliquant son axiome :"C'est MOI le roi." Sinon Nicolas a fait les frais du caractère chaotique du jeu en étant assassiné trois ou quatre fois. Sébastien termine premier suivit d'assez loin par Sophie, les autres sont dans les choux.

Alors que minuit sonnait, Sophie a tirée sa révérence et nous nous sommes lancés dans une partie de Chevaliers de la Table ronde (avec son extension).
Partie assez efficace du fait que Sébastien, qui ne connaissait pas le jeu, c'est retrouvé dans le rôle du félon et n'a pas trouvé de moyens de réellement plomber la partie. N'en reste pas moins que Nicolas et moi même sommes mort au dernier tour et que la victoire n'a été acquise que d'un cheveu, une égalité basculant en notre faveur grâce à la carte Faveur Divine.
Soirée très agréable qui s'est conclue à plus de 2 heures du matin.
Tout le monde est bien rentré ?













