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FERMIER

ASSASSIN

HEROS !

Retour dans le monde impitoyable de la BCF et autres romans de gare !

 - Vous avez parlé des prêtres qui sont morts et vous avez dit qu’ils avaient péri parce qu’ils n’avaient pas eu le courage d’enlever leurs robes. Qu’est-ce que vous vouliez dire ?

- N’est-ce pas évident ?

- Il me semblerait plutôt qu’il faut faire preuve d’un grand courage pour mourir pour ses convictions, répondit Dardalion.

Waylander se mit à rire.

- Du courage ? Il ne faut pas de courage pour mourir. En revanche, il faut du cran pour vivre.

- Vous êtes un drôle d’homme. Vous n’avez donc pas peur de la mort ?

- J’ai peur de tout, prêtre – tout ce qui marche, rampe ou vole.

 

Avec Waylander, Gemmell se penche sur la genèse de l’univers drenaï. Enfin univers faut le dire vite, tout est très épuré… Ici pas de décors en carton pâte, c’est encore plus minimaliste des scènes en extérieur, quelques ruines et une citadelle assiégée. Nous sommes donc à des années lumières d’un Gagner la Guerre ou d’un Royaume Blessé.

 Le style de Gemmell est constitué pour l’essentiel de dialogues, de scènes d’action et du récit d’un siège (Légende le retour !). N’en reste pas moins que c’est efficace qu’on ne s’ennuie pas malgré un défaut déjà présent dans Légende : il n’assume pas totalement ses ressorts dramatiques et si on évite le sarcophage de résurrection cette fois ci, on a le droit au : « en fait il n’est pas mort ». 

Revenons quand même à l’intrigue. Waylander est un assassin en cavale, son dernier contrat portait sur l’élimination du souverain Drenaï pour le compte des vagriens. Ces derniers l’ayant doublé, il élimine le fils de son commanditaire à défaut de ce dernier. Résultat des courses tant les drenaï que les vagriens veulent sa peau…

Au cours de ses errances dans la campagne ravagée par la guerre, Waylander en cherchant à récupérer son cheval, sauve un prêtre. Au contact de ce dernier, il sera touché par la grâce et l’homme blessé qui sommeillait en lui s'éveille.

Tandis que le jeune Dardalion de son côté est souillé par sa fréquentation de l'assassin et en vient à poser les bases de l’Ordre des Trente, Waylander est contacté par ce qui reste du père du souverain défunt et se voit confier une quête : récupérer l’armure du roi Orien, dissimulé en territoire nadir, pour rallier à l’armée exsangue du général Egel, les forces vives éparpillées et démoralisées de Drenaï.  

Tandis que Waylander, toujours traqué prend la route du nord nous suivrons via Dardalion et quelques autres le siège de la dernière place forte drenaï encore debout.

 

- Quelles sont mes chances de succès ?

- Cela dépendra de qui t’accompagne.

- Eh bien, disons, si la Source me choisit les bons compagnons ?

Le vieil homme frotta ses orbites vides et s’allongea.

- Alors, nous dirons que tu n’as aucune chance.

- C’est bien ce que je pensais.

- Mais ce n’est pas une raison pour refuser.

 

La prose de Gemmel pour le siège est efficace et réussit à se démarquer quelque peu de Légende. Waylander, par contre, est un personnage campé de manière quelque peu grossière, se demandant  lui même la raison de tout ces changements en lui. C’est encore plus flagrant pour Cadoras et Durmast. Malgré tout, les péripéties sont prenantes et se laissent lire sans déplaisir.

 

Waylander cacha son ennui et comme son regard se noyait dans le vert des Plaines sentrannes qui rejoignaient au les montagnes gris-bleu, il autorisa son esprit à vagabonder. Après tout, quelle importance s’ils le tuaient ? N’avait-il pas assassiné leur roi ? Et qu’avait la vie de si merveilleux qu’on veuille étendre son espérance ?

Non, rien n’avait d’importance, réalisa-t-il, alors que les montagnes se faisaient de plus en plus proches. De combien de morts ces montagnes avaient-elles été les témoins. Qui se soucierait encore de cet obscur conflit dans mille ans ?

 

Au final, Gemmel signe ici un roman de gare très efficace, rafraichissant.. Une série B agréable qui tient ses promesses et réussi à ne pas s’échouer sur les écueils du manichéisme. Cela dit ça ne va pas plus loin…

PS : Chose promise, chose due : LE FANTASY BINGO !

waylander