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On vous interdira de connaître vos succès à l’avance, car cela ne ferait qu’accroître la probabilité de vos échecs. Dans la mesure du possible, vous suivrez le lien de la cause vers l’effet, comme le commun des mortels, sans déformer ni distordre quoi que ce soit. Le paradoxe, voilà l’ennemi.

Voici donc tome clôturant le cycle de la Patrouille du temps. Ce roman est assez riche et présente plusieurs intrigues s’enchaînant.

Manse Everard est soumis à un audit portant sur les missions l’ayant mis en contact avec les exaltationnistes avant de mener contre eux une ultime mission dans le nord de l’Afghanistan antique au sein d’une des anciennes conquêtes d’Alexandre le Grand. Une occasion pour constater la lassitude du héros.

De son côté Wanda Tamberly effectue sa première mission d’étude au paléolithique et se retrouve face à un dilemme, doit elle laisser se faire exterminer les tribus primitives de cueilleurs d’Amérique par les tribus nomades de chasseurs de mammouths venus d’Asie…

Situation d’autant plus difficile qu’un collègue plus expérimenté étudie les chasseurs.

Enfin alors qu’Everard et Tamberly doivent se retrouver ce produit une nouvelle fois un évènement cataclysmique pour la patrouille. Une modification de l’histoire a lieu à un moment clé et génère une nouvelle réalité d’où la patrouille est absente. Les agents en amont de la divergence sont les seuls à pouvoir agir…

La Patrouille du temps ne garde plus l’avenir. Elle ne l’a jamais gardé. Mes parents, mes frères, mes sœurs, mes vieux amis, mon premier amour, ma patrie, rien de ce qui m’a façonné n’existera jamais. Je suis un Robinson du temps.

Puis : Non. Les Patrouilleurs qui se trouvaient en amont de l’heure fatale sont toujours là, tout comme moi. Nous devons nous retrouver, rassembler nos forces et chercher un moyen de restaurer ce qui a été détruit.

Mais comment ?

Tandis que quelques agents se retrouve dans la nouvelle réalité, piégé ou non. Une équipe est envoyée dans le sud de l’Italie au XIIeme siècle afin de corriger la divergence due au chaos.

Une tache d’autant plus difficile qu’au cours de son enquête Manse a sympathisé avec le sujet en aval de la divergence, elle-même simplement due au chaos.

Everard lâcha sa lance et tira son épée du fourreau. Si la bataille virait au combat rapproché, il allait pouvoir faire usage de certaines armes déconseillées en temps ordinaire. Il continua de foncer sur l’ennemi.

« Une heure », dit la voix. Il guida Blackie dans la direction voulue et reconnut la bannière de Lorenzo.

 

Elle lui était familière. Il avait partagé le pain de cet homme, il avait fait volé ses faucons, il avait chassé le cerf sur ses terres, il avait échangé avec lui des récits et des chants, il avait ri et trinqué en sa compagnie, il était allé à l’église et à la fête, il avait reçu ses confidences et feint de lui en faire en retour, jour après jour et nuit après nuit, un an après cette bataille.

Il n’en reste pas moins que malgré une première intervention réussie, la divergence subsiste. Vaincre le simple chaos s’avère plus compliqué que prévu et tant Manse que Wanda devront s’immerger dans le XIIeme siècle afin de rétablir le cours de l’histoire.

 

En guise de conclusion, Poul Anderson livre donc avec ce roman trois récits en un, dont le dernier est particulièrement réussi, sans toutefois atteindre la puissance de la novella « Le Chagrin d’Odin le Goth ». Quoi qu’il en soit ce roman est une réussite et termine de manière très agréable cette série.