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D’habitude, un cauchemar s’achève dans un cri, au moment où on se réveille, le corps couvert ou non de sueur. La lumière du soleil aidant, il ne laisse derrière lui que des lambeaux d’effroi, de sombres copeaux qui finissent eux aussi par disparaître, dévorés par la roue du temps.

Un cauchemar ne commence jamais avec les premières lueurs de l’aube.

Jamais.

Chaque matin, depuis son retour sur l’île où elle a passé la majeure partie de sa vie, Sadako se réveille et sait qu’un nouveau cauchemar commence, terrible répétition du mauvais rêve de la veille qui était lui-même un infâme pot-pourri des horreurs de l’avant-veille.

Le rituel est toujours le même. 

 

Thomas Day avec ce roman replonge dans son japonais teinté de fantasy, présenté dans l’excellente La voie du sabre et le mauvais L’homme qui voulait tuer l’empereur. Le moyen âge est ici abandonné pour la période moderne mettant en scène deux démons Hiroshima Oni et Nagasaki Oni, chacun à la tête d’une organisation de Yakuzas.

Nagasaki Oni élève Sadako, une femme panthère qui lui a été offerte enfant par son frère, dans une ambiance sado masochiste. Au terme de sa formation, il lui donnera l’épée khmer tueuse de démon, Besaatch Khan, et l’obligera à lutter à mort contre lui... Commencera pour Sadako une nouvelle carrière en tant que chef yakuza et exécutrice testamentaire de Nagasaki Oni. 

Pour son récit mêlant fantasy, contes asiatiques et histoires de yakuza, Thomas Day déploie l’artillerie lourde de la violence, du sexe et de quelques détails scatologiques. Il réussit malgré tout à garder un certain souffle à son histoire et le récit ne sombre pas derrière un empilement de scènes d’actions et de sexes comme c’est le cas avec L’homme qui voulait tuer l’empereur. Le récit est enlevé, les interludes plaisantes de même que les deux versions du conte sur la Besaatch Khan, qui ouvre et ferme le roman.

Un texte distrayant, bien mené qui transcrit bien les ambiances yakuzas.

Leur avis :

SBM

Le Cafard Cosmique