img227

L’homme a colonisé Mars et atteint les étoiles. Une bonne partie de l’humanité vit désormais dans des stations spatiales ou dans les vaisseaux commerciaux qui les relient. Les membres du Concentra Terre ne sont toutefois pas les seuls êtres intelligents de l’univers. Les Strits, l’ennemi. Enfin dans la mesure où la politique humaine semble calquée sur le comportement des conquistadores… Quelques humains ont pris fait et causes pour les extra terrestres et leur ont permis de combler le léger retard technologique qui les séparaient de l’humanité.

Depuis des décennies maintenant la guerre dure, les Strits tenant les humains en respect grâce à l’appui des sympathisants. Une situation propice à la piraterie, une voie que pas mal d’officiers renégats du Concentra Terre ont embrassés.

Falcone sourit encore.

« T’es un malin, gamin. Je vais peut-être te garder pour moi. »

Tu fixes le sol à nouveau, mais cette fois, c’est pour qu’il ne voie pas la haine dans tes yeux. Ca pourrait le mettre en colère. Tu ne te débats pas lorsqu’il ordonne à un autre homme de te ramener dans la pièce où attendent Evan et le reste des enfants. Tu marches calmement. Tu vois bien comment les choses vont devoir se passer : demeurer silencieux, à moins que l’on ne te pose une question ; garder tes pensées dans ta tête ; jamais elles ne devront atteindre tes yeux ou passer tes lèvres. Attendre.

Attendre sans rien ressentir.

Ne pense pas au passé. Ne rêve pas.

Jos à huit ans quand le navire marchand où il vit tombe dans les griffes du Gengis Khan, le navire du célèbre pirate Falcone. Les enfants constituent une bonne marchandise mais Jos à de la chance, Falcone à un petit faible pour lui… Pendant une année, il sera le jouet de ce pédophile manipulateur.

Profitant d’une escale et d’une attaque Strits, Jos échappera à Falcone pour tomber aux mains des Strits et du Warboy, le chef des sympathisants humains. Hébergé pendant cinq ans sur la planète mère de l’ennemi extra terrestre, Jos pansera ses blessures et découvrira l’autre face de ce conflit. 

C’était la première fois depuis plus d’an que je me voyais dans un miroir. Peut être qu’il le savait.

Mes yeux n’étaient plus aussi sombres que dans mon souvenir. Contre le noir des bandes, ils étaient d’un bleu gris lumineux. Mon visage avait perdu ses rondeurs enfantines et mes cheveux pendaient, sombres et raides, sur mes oreilles. Je levai les yeux vers le reflet de Niko, qui observait le mien. Moi, dans des vêtements de prêtre-assassin striviirc-na.

Je ne songeai à Falcone qu’en m’apercevant que je ne pensais absolument pas à lui, même si Niko se tenait derrière moi, les mains sur les épaules, comme il avait eu l’habitude de le faire. Le poids en était différent. Les mains de Niko n’effectuaient aucune pression. Aucune.

Je me demandai si mes parents m’auraient reconnu.

« Maintenant tu es prêt », dit Niko. 

Formé aux arts martiaux, à la guerre et enfin à l’espionnage pendant cinq ans, Jos est renvoyé dans l’espace terrien en tant que sympathisant infiltré afin de ramener des informations sur la légende de la flotte humaine, le commandant Azarcon. Il embarque alors en tant que jeune recrue sur le navire de ce dernier, le Macédoine.

Ainsi, je savais déjà certaines choses sur le capitaine de vaisseau Cairo Azarcon. Il s’intéressait personnellement au recrutement de son équipage, au point de se passer d’intermédiaire. J’étais surpris de l’ampleur des contacts que j’avais eu avec lui jusque là.

En poussant, j’aurais peut-être pu arracher quelques commentaires au bavard Madison, mais vu que tout ce que je disais remontait très probablement aux oreilles d’Azorcon, je me retins. Je me demandais pourquoi le commandant m’avait enrôlé si rapidement, puisqu’il s’était montré si soupçonneux au départ. Il paraissait démesurément intéressé par mes relations avec Falcone. J’aurais presque souhaité pouvoir lui demandé carrément ce qu’il savait du Gengis Khan.

Hors de question, bien sûr. 

La guerre dans l’immensité spatiale étant basée sur le renseignement, les affrontements se terminent constamment en abordage. Jos se retrouve dans une équipe d’assaut, en son sein et au fil des ans il prendra goût à l’esprit de corps et découvrira, encore une fois, une facette inattendue de la guerre.

Tiraillé entre la loyauté qu’il ressent tant pour Niko, le Warboy, que le commandant Azorcon. Las de la guerre, de sa complexité, Jos devra faire des choix quand le Gengis Khan et son commandant réapparaitront sur le devant de la scène… 

Chaque mort que je provoque en mission, et toutes celles dont j’entends parler, semblent s’empiler dans l’espace entre Aaian-na et moi, au point qu’il n’y ait plus moyen de voir, par-dessus l’entassement, cet endroit où je pense avoir besoin d’être. La maison ; rien qu’un mot auquel je ne crois plus. 

Présenté comme un space opera efficace (la couverture n’a rien à voir avec le contenu), Warchild s’est avéré extrêmement plaisant, bien conçu et difficile à lâcher une fois commencé. L’univers de Karin Lowachee n’a rien de manichéen, Jos est écartelé entre les différents points de vue et les positions qui en découlent, personne n’étant ce qu’il parait être. Les personnalités de Falcone, Niko et Azorcon sont complexes et influencent énormément le gamin paumé que l’on suit dans ce récit, la problématique de l’infiltré est bien rendue. 

Warchild un excellent divertissement qui happe littéralement le lecteur.