30 mai 2009

Les tours de Samarante de Norbert Merjagnan

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« Qui que tu sois, t’as fini de t’marrer en douce, s’écrie Dab en s’installant aux commandes de la console. Car voilà venir le pur talent ! Ah, ah ! Ca craint velu, pour toi, mon pote ! On va venir te cramer le cul ! » La bravade ne sort pas pour rien. Elle façonne l’adversaire. Elle prépare le combat, elle invoque l’âme de la guerre. Pour un tech enfoncé dans le ventre mou d’un fauteuil de console, par ailleurs sur le point de rallier la trame des réseaux de la ville, la bravade agit comme un écho des combats de chair, de sueur et de fer, un rappel de l’envie irrépressible qu’ont les jeunes mâles fringants de l’espèce humaine de se ruer tête-bêche contre un vieux mâle au crâne solide et aux yeux retors. La bravade éclate le nez de la banalité.

Dans un monde post apocalyptique, l’humanité ne survie plus qu’en tant que bande nomade ou dans de puissantes cités isolés les unes des autres. Samarante est l’une d’elles, membre d’une fédération éparpillée où chaque cité à sa fonction. La sienne est l’ingénierie biologique et la recherche en général…

Oshagan est l’un de ses fils, son clan a été anéanti une dizaine d’années auparavant et il revient, détenteur d’un arsenal dont les secrets ont été oubliés, pour se venger et récupérer son héritage…

Cinabre est une préfigurée, une humaine artificielle dotée d’une forte capacité empathique. Brusquement traquée elle va devoir survivre et découvrir les clés de sa création pour survivre à la tempête qui la menace.

Triple A est un gamin des rues, issu des plus bas quartiers, il est bien décidé à escalader l’une des six tours de Samarante…

Trois destins qui vont plus ou moins se croisé mais fortement interagir les uns avec les autres.
 

C’est lui.

Lui, qui l’a réduit à moitié vivant, l’a renvoyé des hommes, l’a laissé pire que sans nom, avec un nom qui couvre la mort, un nom à porter comme on porte un suaire.

C’est lui qui a rompu l’indissociable, a démoli les trésors de sa mère, a dénié au père de les sauver, a jeté leurs fils avec les restes, a emmuré leurs voix, a cloué les ans aux chiffre de leur âge, a raclé la peau, les yeux, les traits qui tombent depuis, jour après jour, que le souvenir pourrit.

Lui qui a défanté les siens.

Lui, l’immonde.

C’est lui.

Qui vit.

 

L’intrigue des Tours de Samarante est assez simple, quelques individus pris dans la tourmente face à une puissance obsédé par l’accomplissement d’un but mégalomaniaque… Reste une écriture élaborée qui meuble un peu la faiblesse du cheminement de l’histoire. En effet, l’intrigue et l’univers sont intéressants mais il ne se passe pas grand-chose dans le roman lui-même. J’en ai retiré une petite impression de sur place et une grande frustration arrivé à la fin. C’est dommage car l’univers est prenant. Un roman assez moyen au final qui a eu du mal à me captiver…

L'avis de Gromovar

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27 mai 2009

1985 de Mark Millar et Tommy Lee Edwards

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Toby est un gamin mal dans sa peau tiraillé entre son beau père, symbole de réussite sociale et son père cool, compréhensif, accessible mais fauché comme les blés. Fan de comics tout bascule pour lui quand ils découvrent des individus louches dans une vieille bicoque. Après enquête, il découvre que les super méchants de l'univers Marvel viennent de débarquer...

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Bien évidemment nul ne le croit avant qu'il ne soit trop tard et que le chaos prenne des dimensions apocalyptique. Le moment pour son père de prouver qu'il a des tripes...
N'en reste pas moins que seul Toby semble conscient de la seule manière de résoudre ce problème, aller chercher les super héros. Il découvre le portail entre les deux mondes et pénètre dans l'univers des Comics Marvel. Malheureusement pour lui, celui ci est quelque peu différent de ce qu'il imaginait...

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Cette histoire de fusion entre la réalité et un univers fictif avec mise en scène d'un gamin passionné n'est pas sans rappeler le film Last Action Hero. La différence entre les deux univers est éclatante, le dessinateur changeant de style. Ca passe très bien. Le scénario n'est pas révolutionnaire mais bien sombre, le final bien vu est assez sympathique.
1985 ne bouleverse pas le genre mais se révèle un divertissement de bonne qualité, plaisant à suivre même pour un néophyte comme moi.

Il m'a donne envie de le lire :
Gromovar

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25 mai 2009

Little Brother de Cory Doctorow

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Never underestimate the determination of a kid who is time-rich and cash-poor. 

Marcus, alias W1n5t0n, est un lycéen de dix-sept ans, sans doute un peu plus malin que la moyenne, un peu geek sur les bords, il prend un malin plaisir à échapper à la surveillance électronique instaurée dans son établissement. Avec quelques amis, il sèche les cours pour participer à un jeu de piste mi internet mi IRL. Cela l’amène à être avec ses trois comparses à proximité du site d’un attentat, un pont de San Francisco (pas le Golden Gate) étant pulvérisé.

Les quatre adolescents sont raflés, face aux autorités Marcus fait le malin en faisant valoir ses droits à la vie privée et ne donnant pas le code de son téléphone portable. Le voilà soumis à des méthodes de coercition efficaces pour le briser…

Quelques jours plus tard, trois amis sont relâchés. De Darryl, le quatrième larron blessé dans les mouvements de foule avant la rafle, aucunes nouvelles…

Terrorisés afin qu’ils ne révèlent rien de ce qu’ils ont subits, les gamins découvrent un San Francisco mis en coupe réglée par le Département de Sécurité Intérieur et le Patriot Act II. 

The best part of all of this is how it made me feel : in control. My technology was working for me, serving me, protecting me. It wasn’t spying on me. This is why I loved technology : if you used it right, it could give you power and privacy. 

La technologie est détournée pour surveiller la population (passe de péage, passe des transports en commun, surveillance internet…) et interroger toute personne ayant un profil sortant de la norme. Mais qu’est ce que la norme ? Marcus veut contre attaquer, les ridiculiser tant les moyens déployés sont autant énormes et liberticides qu’inefficaces. Si un gamin de dix-sept ans peut les contourner, les terroristes le peuvent aussi. Tout commence par la propagation d’une distribution Linux sécurisée : Paranoïd Linux ; afin de créer un réseau de confiance. Très vite Marcus constatera que l’état ne supporte plus quoi que ce soit qu’il ne puisse contrôler, même les évènements festifs… 

Le roman de Cory Doctorow est très riche et fluide à lire, en quelques lignes on est informé des bases de la cryptologie moderne, du P2P, de l’open source, du mouvement pour les droits civiques et des débuts du mouvement hippie. Marcus étant un adolescent, on aborde aussi quelques sujets plus légers tel que les MMORPG et les jeux de rôle grandeur nature. Plaidoyer pour les libertés civiques et contre l’instrumentalisation du terrorisme, brûlot contre l’administration Bush, Little Brother est bien construit, tout coule de source malgré la densité des thèmes abordés. 

« Governments are instituted among men, deriving their just powers from the consent of the governed, that whenever any form  of government become destructive of these ends, it is the right of the people to alter or abolish it, and to institute new government, laying its foundation on such principles, and organizing its powers in such form, as to them shall seem most likely to effect their safety and happiness. » I remembered it word for word.

Un roman très efficace sur le thème du contrôle d’état et de la disparition des libertés individuelles, Cory Doctorow rend la « culture geek » accessible et ce de manière très agréable.

Petit bonus, les trois postfaces de Doctorow, Bruce Schneier et Andrew Huang sont très intéressantes et complètent agréablement le récit.

Un roman incontournable et prenant, difficile de le lâcher une fois commencé… A lire de toute urgence ! 

DON’T TRUST ANYONE OVER 25

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Il m'a donné envie de le lire :
Gromovar

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24 mai 2009

Rencontre ludique impromtue samedi 23 mai

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Première partie tour 3

Petite soirée Smallworld avec Jérôme, Yann, Sophie et moi même. La première partie vois Sophie démarré très fort avec  une combinaison défensive puissante : Trolls + Scout. Pas moyen de la déloger tout le monde va à la course aux points sans se frotter à son empire. Elle finira par décliner pour éviter mes sorciers. Là encore personne ne songe ou n'a les moyens de déloger ses trolls en déclin bien retranchés. Résultat des courses, elle cumule plusieurs tours à 16 points malgré des agressions sur son empire actif et l'emporte largement.
Sophie : 103
Efelle : 90
Jérôme : 84
Yann : 82

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Première partie tour 9, les trolls sont toujours là...

Nous remettons le couvert pour une seconde et dernière partie.
Je pensais avoir un bon départ avec mes amazones des cavernes mais force de constater que les civilisations purement militaires ne cumulent pas énormément de points. Yann tente de se faire oublier avec ses zombies qui se font taillés en pièce au cours de leur déclin, de même les sorciers de Jérôme sont facilement contrés, néanmoins ses éphémères géants puis ses trolls (encore une fois) indélogeables lui permettent de faire le plein de points et d'emporter la victoire. Et ce malgré les squelettes de Yann et les Hommes rats Berserkers de Sophie arrivés au tour 8.
Résultat des courses :
Jérôme : 97
Yann : 87
Efelle : 85
Sophie : 79

Plus que les zombies, les trolls apparaissent comme un peuple puissant en début et milieu de partie, leur empire en déclin ayant une furieuse tendance à durer.

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Deuxième partie tour 9

Une soirée agréable qui s'est déroulée dans la bonne humeur.

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22 mai 2009

Hellboy : Le diable dans la boite de Mike Mignola

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Hellboy est de retour avec une aventure de très bonne qualité, certes l'enjeu final reste quasiment le même que dans les autres histoires longues mais son traitement diffère et surtout on a un aperçu des états d'âmes du héros. L'ambiance est là et on accroche très facilement.
Bonne pioche !

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21 mai 2009

Umbrella Academy : La suite apocalyptique de Gerard Way et Gabriel Ba

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Dans un univers plus ou moins steampunk, quarante trois enfants naissent simultanément sur Terre de femmes ne présentant aucun signe de grossesse. Sir Reginald Hargreeves réussit à en recueillir sept, les élèvent et leur apprend à maîtriser leur pouvoir pour les mettre au service de l'humanité.

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Les débuts sont assez expédiés mais la présentation des personnages s'étale en fait sur les six épisodes de la suite. Dans l'ensemble cette histoire de super héros steampunk est assez délirante mais aussi très agréable à suivre, les relations entre les personnages s'affinant au fil des pages.
Les pouvoirs des différents protagonistes sont assez inégaux mais ironiquement ce ne sont pas eux qui font forcément la différence.

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Alors que leur groupe n'existe plus et qu'ils suivent chacun leur voie, les ex membres de l'académie sont réunis pour l'enterrement de leur père adoptif.  Groupe hétéroclite et désuni qui va devoir faire face à plusieurs complots les visant et ayant pour but la fin du monde...

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Umbrella Academy n'est pas une révolution mais est agréable à lire et gagne progressivement en profondeur. Une bonne distraction.

Ils en ont parlé :
Hugin et Munin
Univers Marvel

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Le Glamour de Christopher Priest

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Richard Gray, cameraman de la BBC, fait partie des victimes d’un attentat. En plus des dommages physiques, il est devenu partiellement amnésique, perdant les dernières semaines précédant l’explosion. Au cours de la dernière phase de sa convalescence, une jeune femme lui est présentée, Susan, Sue pour lui… Apparemment, elle a occupée une bonne part de ses préoccupations au cours des semaines perdues. Après une séance d’hypnose, quelques souvenirs lui reviennent et notamment sa relation tumultueuse avec Sue. En effet, Niall son ancien amant est particulièrement possessif et insistant tandis que Susan quelque peu veule laisse pourrir la situation. Au fil de ses réminiscences, tout cela se révèle plus complexe. Susan et Niall aurait un don, le glamour, qui leur permet de ne pas être perçu. Les empêchant aussi  de s’intégrer au sein de la société, faisant d’eux des parias. Alors que Susan semble avoir du à mal vivre cette situation et s’attache à avoir une existence sociale en réduisant l’ampleur de son glamour, Niall s’épanoui dans son invisibilité particulièrement prononcée. A sa sortie de l’hopital, Richard est confronté au récit de Sue qui diffère quelque peu de ses souvenirs.

C’était toujours comme ça quand on consentait au glamour. Comme se déshabiller devant des inconnus, les rêves où on se retrouvait nue dans un endroit public, les fantasmes sexuels de vulnérabilité et d’impuissances totales. Pourtant, l’invisibilité était synonyme de sécurité, elle cachait, elle dissimulait ; c’était un pouvoir et une malédiction ; la poussée brutale de l’excitation, mêlée de remords, l’envie suave de céder sans aucune protection, le sacrifice de l’intimité, la révélation du désir enfoui, la certitude que rien ne pourrait arrêter ce qui venait de commencer. Il y avait déjà eu une première fois avec Richard, mais parce qu’il avait oublié, parce que son esprit avait été modifié, le destin accordait à Sue une seconde première fois.

Dans ce récit, le glamour apparaît autant bénéfique que néfaste. Particulièrement dans le ressentie de Susan qui commence à passer pour folle aux yeux de Richard puis semble sombrer dans la paranoïa au fil des harcèlements de Niall ou de leurs absences. Quoi qu’il en soit la position de Susan est équivoque car si elle souffre d’être ignorée, elle ne se prive pas d’en tirer une jouissance perverse par moment. 

Le récit est remarquablement mené, les changements de points de vue donnent lieu à des récits très différents mais pourtant ayant quelques points communs. Encore une fois la réalité semble fluctuée selon le narrateur…

Isolement social, relations perverses et trois approches face à l’invisibilité, le roman de Christopher Priest est riche, se lit avec facilité jusqu’à un dénouement surprenant et bien amené. Parmi ses romans, le Glamour est sans aucun doute mon préféré avec la Séparation. Un roman qui méritera sans aucun doute une relecture ultérieure. 

« Où est Niall, maintenant ? me suis-je enquis.

- Quelque part dans le coin.

- Je ne comprends toujours pas comment il a bien pu nous suivre.

- Ne le sous-estime pas, Richard. Il est malin, et têtu quand il veut quelque chose.

- Quoi que tu en dises, il te tient en son pouvoir. J’aimerai bien savoir comment.

- Oui, il a le pouvoir. »

Elle a inspiré profondément, expiré. Peut-être un petit sanglot lui a-t-il échappé. Un long silence a suivi, et son souffle s’est apaisé. J’en ai déduit qu’elle s’était enfin endormie, et je sombrais dans la somnolence quand elle a ajouté tout bas :

« Niall a le glamour. »

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17 mai 2009

La Rançon du Temps de Poul Anderson

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Ce troisième recueil consacré à la patrouille du temps de Poul Anderson ne comporte que deux textes, le roman Stella Maris et la novella L’Année de la rançon. 

Comme on n’a pu trouver d’explication improbable mais irréfutable, une contrefaçon, par exemple, ces deux variantes constituent… un avertissement. Un signe avant-coureur, le premier frémissement d’une altération, quelque chose qui aurait pu avoir des conséquences amenant l’histoire à quitter le cours que nous lui connaissons, jusqu’à ce que vous, moi et le reste, tout ça n’ait jamais existé – à moins que nous ne réagissions sans tarder et prenions les mesures nécessaires pour que ceci ne se soit jamais produit… 

Dans Stella Maris, une étude de routine au sein du monde romain met à jour une nouvelle version des Histoires de Tacite concernant la fin d’une révolte en Germanie, faisant suite à une guerre civile dans l’empire romain et la prise du pouvoir par Vespasien.

Everard et une collègue spécialiste de la Germanie vont donc devoir enquêter sur cette variation, remontant par petites touches toujours plus loin dans le temps afin de déceler l’origine de cette variation et la corriger.

Exploration de l’univers germain et de l’influence romaine, mise en scène encore une fois de personnages secondaires attachants et haut en couleurs, la résolution de cette enquête se révèle poignante mais moins que dans le Chagrin d’Odin le Goth présent dans le recueil précédent. Quoi qu’il en soit il s’agit là d’un excellent texte, très subtil. 

Jamais je ne serai un chaud partisan des Romains, mais ils apportent aux gens autre chose que les marchands d’esclaves, les publicains et les jeux du cirque. La paix, la prospérité, l’ouverture sur le monde… tout cela ne dure pas, mais quand la marée barbare se retire, on trouve parmi les décombres des livres, des outils, des croyances, des idées, des souvenirs du temps passé, autant de matériaux à partir desquels les générations suivantes reconstruiront le monde. Et parmi ces souvenirs, le plus important est peut-être celui d’une vie qui ne se réduisait pas à la simple survie. 

L’Année de la rançon se déroule principalement dans l’Amérique du Sud des Conquistadore, au moment du paiement de la rançon d’Atahualpa à Pizarro. Un historien de la patrouille et un conquistador haut en couleurs tombent sur des Exaltationnistes, ces forbands du XXXIeme siècle déjà entrevu dans le recueil précédent, cherchant cette fois si à remodeler le monde.

Malheureusement pour eux, ils commettront une erreur, celle de sous estimer, les individus du XVIeme siècle… En plus de les stopper, Manse Everard devra remettre la main sur Luis Ildefonso Castelar y Moreno parti en goguette dans l’espace temps et bien décidé à remodeler le monde pour la gloire de l’Espagne et à présenter ses hommages au Christ…

Un récit mené tambour battant à travers plusieurs époques qui se dévore sans pour autant atteindre la puissance des deux romans les plus réussis de la patrouille cité ci-dessus. 

« Quand j’ai vu qu’ils relâchaient leur vigilance et se mettaient à bavarder, dit Castelar, j’ai invoqué San Jago et je leur ai sauté dessus. J’ai terrassé le premier d’un coup de pied dans le cou. Puis je me suis retourné et j’ai cassé le nez du second avec le tranchant de la main, comme ça. » Mouvement vif et brutal. « Il s’est effondré à son tour. J’ai récupéré mon épée, je les ai achevés tous les deux et je suis parti à votre recherche. »

Pas la moindre trace de vantardise dans sa voix. Les Exaltationnistes avaient commis une bévue fort répandue : sous-estimer un homme du passé. Si celui-ci ignorait tout du savoir qu’ils maîtrisaient du fait de leur civilisation plus avancée, il n’en était pas moins leur égal en matière de ruse. Et il était en outre issu d’une culture aguerrie par plusieurs siècles de conflit – un conflit rapproché, où on affrontait l’ennemi au corps-à-corps plutôt que de s’opposer à lui via des consoles électroniques.

« Vous n’aviez donc pas peur de… de leur magie ? » marmonna Tamberly.

Castelar fit non de la tête. «  Je savais que le Seigneur était avec moi. » Il se signa, puis soupira. « J’ai été stupide de ne pas emporter une de leurs armes. Je ne commettrai plus cette erreur. »

Tamberly frissonna en dépit de la chaleur. 

Au final ce recueil est d’excellente facture et mérite amplement le détour.

Il a en parlé :
Nébal

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14 mai 2009

Quartier Lointain de Jirô Taniguchi

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Hiroshi Nakahara, 48 ans, est un bon beauf, partageant son temps entre son travail et beuveries, négligeant sa famille. Un lendemain de cuite lors d’un déplacement professionnel, il se trompe de train et se retrouve en route pour son village natal. L’occasion d’aller se recueillir sur la tombe de sa mère et de revenir sur certains points douloureux de son adolescence.

 

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A l’issue de sa prière, il émerge transformé ! Le voilà plus vif, plus léger, autour de lui tout semble changé. Et pour cause, le voilà revenu en 1963 dans le corps de l’adolescent de 14 ans qu’il était à l’époque. Un adulte dans un corps d’adolescent, les premiers temps sont déstabilisants, grisant puis émerge enfin la possibilité de comprendre son passé voire de le changer…

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Le récit de Taniguchi est assez contemplatif mais aussi très immersif une fois lancé il est difficile de lâcher ce livre. Entre nostalgie, regret, mélancolie et un peu d’humour, on suit les pérégrinations d’Hiroshi et découvrons avec lui tout un pan de l’histoire de ses parents qu’il ignorait.

Une superbe histoire, bien maîtrisée, alternant spleen et joie jusqu’à son magnifique dénouement…

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13 mai 2009

Avaleur de mondes de Walter Jon Williams

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« Moi seul suis en cause. J’ai accompli des merveilles durant mon premier siècle d’existence, puis je me suis laissé aller avec les années. J’ai abandonné ma carrière parce que les Onze m’étaient de loin supérieures, me réfugiant dans des contes issus des Mille et Une Nuits. Huit cents ans d’entrainement aux arts martiaux, et tout ça pour rien. Une litanie de relations amoureuses dénuées de passion et débouchant sur de banales séparation à l’amiable. » 

Aristide a connu l’heure la plus sombre de l’humanité et a contribué à l’avènement de la société actuelle. Une société qui créé des univers de poche, aux lois physiques arbitraires, afin de satisfaire aux caprices de l’humanité. Tout est possible de l’univers hyper technologique à celui éternellement bloqué à l’âge de pierre. Le seul point commun de ses univers étant leur accroche dans le notre et le système de sauvegarde rendant l’être humain quasiment immortel, la question du moi n’étant pas tranchée… A tel point qu’un même individu peut exister en plusieurs exemplaires afin de mener des expériences extrêmement opposées : ainsi Aristide explore en dilettante les univers de poches tandis que plusieurs de ses avatars se sont lancés dans l’exploration spatiale ou participent à des expériences radicales de post humanité. L’humanité n’est en effet qu’apparente, libre à chacun de se faire modifier pour adopter une forme amphibienne ou aérienne dans l’univers adéquat. Et tout cela dans des buts totalement futiles…. 

« Quinze cents ans, murmura-t-il. Des siècles riches d’étonnants progrès… l’immortalité ou quasiment, le voyage interstellaire, la création de plusieurs dizaines d’univers de poche taillés sur mesure pour le genre humain. Mais aussi quinze cents ans de délires, de gaspillages, d’occasions manquées et de stupidité. Quel est le bilan ? L’univers abrite plus de milliards d’êtres humains indignes et inutiles que jamais, et tout ce que je trouve à dire pour le justifier, c’est qu’au moins nous n’avons plus connu de guerre… je veux dire de vraie guerre. » Il soupira. « Et voici qu’il nous en arrive une. Et j’ai vu tellement d’absurdités que cela ne me surprend même pas. Ca fait une éternité que je m’attends à ce moment. » 

Aristide joue donc à l’aventurier, avec pour prétexte d’étudier les espaces implicites des univers de poches, des zones non désirées résultantes des créations volontaires : des randonnées dans le désert en fait. Dans ces univers l’humain côtoie l’entité artificielle limitée, permettant quelques délires jeu de rolesques notamment dans la simplification de la société... Aristide résout ainsi des situations bloquées en se contentant de parler à chaque partie en présence comme dans les jeux informatiques actuels…

Quoi qu’il en soit, il découvre par hasard, la présence d’intrus dans ce monde, qui passent leur temps à capturer des humains pour les envoyer dans un autre univers de poche.

En y mettant bon ordre, il met en lumière un conflit d’une ampleur insoupçonné qui frappera très durement cette société tant dans l’univers originel que dans les mondes de poches. 

Trou de ver, univers alternatif artificiels, sphère de Dyson, sauvegarde de la mémoire et maîtrise du corps, intelligence artificielle, Walter Jon Williams déploie l’artillerie lourde de la science fiction pour donner naissance à un univers franchement déjanté où l’existentialisme demeure l’unique problème et encore pour une minorité. 

« La crise existentielle l’avait profondément marquée. Nos IA pouvaient accomplir des calculs phénoménaux, mais quel en était le but ? Nous pouvions créer la vie et nous dupliquer à l’infini, mais dans quel but ? Si nous persistions à ignorer les réponses à ces questions, alors nous n’étions que de vulgaires automates, suivant aveuglément les impératifs de notre programmation biologique. » 

Dans cet univers, Aristide est un privilégié disposant d’une réputation, d’amitiés et de gadgets exceptionnels, de quoi le rendre quelque peu agaçant. Par ailleurs, Williams prend son temps pour déployer son univers et son intrigue, ils se passent plus de choses dans les cinquante dernières pages que les deux cents premières !  Sans compter pas mal d’emprunts ou de clins d’oeils dans des scènes d’actions qui tirent en longueur.

Bref Avaleur de Mondes (beuh c’est quoi cette traduction de titre) est à rapprocher d’Aristoï avec un traitement des états d’âmes de ces surhommes plus en profondeur.

Bilan mitigé donc, le concept de base est intéressant mais Williams semble avoir voulu faire passer sa réflexion existentialiste à grand coups de pages d’actions et de clichés ce qui nuit à l’ensemble. Un roman qui se laisse lire mais indéniablement pas le meilleur de l’auteur. 

Nous sommes des êtres implicites vivant dans un espace implicite.

Posté par efelle à 16:21 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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