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« Qui que tu sois, t’as fini de t’marrer en douce, s’écrie Dab en s’installant aux commandes de la console. Car voilà venir le pur talent ! Ah, ah ! Ca craint velu, pour toi, mon pote ! On va venir te cramer le cul ! » La bravade ne sort pas pour rien. Elle façonne l’adversaire. Elle prépare le combat, elle invoque l’âme de la guerre. Pour un tech enfoncé dans le ventre mou d’un fauteuil de console, par ailleurs sur le point de rallier la trame des réseaux de la ville, la bravade agit comme un écho des combats de chair, de sueur et de fer, un rappel de l’envie irrépressible qu’ont les jeunes mâles fringants de l’espèce humaine de se ruer tête-bêche contre un vieux mâle au crâne solide et aux yeux retors. La bravade éclate le nez de la banalité.

Dans un monde post apocalyptique, l’humanité ne survie plus qu’en tant que bande nomade ou dans de puissantes cités isolés les unes des autres. Samarante est l’une d’elles, membre d’une fédération éparpillée où chaque cité à sa fonction. La sienne est l’ingénierie biologique et la recherche en général…

Oshagan est l’un de ses fils, son clan a été anéanti une dizaine d’années auparavant et il revient, détenteur d’un arsenal dont les secrets ont été oubliés, pour se venger et récupérer son héritage…

Cinabre est une préfigurée, une humaine artificielle dotée d’une forte capacité empathique. Brusquement traquée elle va devoir survivre et découvrir les clés de sa création pour survivre à la tempête qui la menace.

Triple A est un gamin des rues, issu des plus bas quartiers, il est bien décidé à escalader l’une des six tours de Samarante…

Trois destins qui vont plus ou moins se croisé mais fortement interagir les uns avec les autres.
 

C’est lui.

Lui, qui l’a réduit à moitié vivant, l’a renvoyé des hommes, l’a laissé pire que sans nom, avec un nom qui couvre la mort, un nom à porter comme on porte un suaire.

C’est lui qui a rompu l’indissociable, a démoli les trésors de sa mère, a dénié au père de les sauver, a jeté leurs fils avec les restes, a emmuré leurs voix, a cloué les ans aux chiffre de leur âge, a raclé la peau, les yeux, les traits qui tombent depuis, jour après jour, que le souvenir pourrit.

Lui qui a défanté les siens.

Lui, l’immonde.

C’est lui.

Qui vit.

 

L’intrigue des Tours de Samarante est assez simple, quelques individus pris dans la tourmente face à une puissance obsédé par l’accomplissement d’un but mégalomaniaque… Reste une écriture élaborée qui meuble un peu la faiblesse du cheminement de l’histoire. En effet, l’intrigue et l’univers sont intéressants mais il ne se passe pas grand-chose dans le roman lui-même. J’en ai retiré une petite impression de sur place et une grande frustration arrivé à la fin. C’est dommage car l’univers est prenant. Un roman assez moyen au final qui a eu du mal à me captiver…

L'avis de Gromovar