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Samedi, c’était le jour de la commémoration de la vallée de Koom. Ankh-Morpok grouillait de trolls et de nains et, devinez quoi ? Plus les trolls et les nains s’éloignaient de leurs montagnes, plus cette putain de saleté de vallée prenait de l’importance. Les parades, ça allait ; le Guet savait désormais éviter qu’elles ne se croisent, et, de toute manière, elles défilaient le matin quand tout le monde était encore à peu près à jeun. Mais, quand les estaminets de nains et les bistros de trolls se vidaient le soir, l’enfer partait en maraude, les manches retroussées. 

Les annales du Disque Monde comptent quelques pépites (Les petits Dieux, Le Faucheur, La Vérité) et un joyau : Ronde de nuit. Ce dernier roman m’a poussé à explorer plus avant les aventures du Guet et permis de découvrir cette autre pépite qu’est Pieds d’argile. Jeu de nains, chroniqué sur ActusSF lors de sa parution en VO, propose un synopsis des plus alléchants.

A Ankh-Morpok, les communautés naines et trolls ont prospérés, chacun vie dans son coin sous la surveillance du guet. Une ombre vient ternir ce tableau : un fondamentaliste nain haineux est découvert assassiné, à coup sur par un troll, dans les tréfonds de la ville, les nains cachent ce fait le plus longtemps possible. La tension monte à l’approche de la date anniversaire de la mythique bataille de Koom dont plus personne ne se rappelle les tenants et aboutissants exacts. A part le fait qu’il n’y a eu aucun survivants tant dans les rangs trolls que nains.

Face à une situation insurrectionnelle, Sam Vimaire est sur les dents d’autant plus que Vétérini lui a imposé un audit et l’intégration d’un vampire dans ses rangs. Fred Colon de son côté constate le vol de la fresque de quinze mètres sur la bataille de Koom dans l’indifférence générale. Fresque pourtant mystérieuse avec son artiste dément et les rumeurs concernant un secret inclus dans la toile.

Enfin, il est hors de question pour Vimaire de rater son rendez vous quotidien avec son fils afin de lui lire le livre enfantin « Où est ma vache ? ».

Tension inter ethniques dans la rue et au sein du guet (nains / trolls, loup-garou / vampire), extrémiste religieux haineux, graffitis trolls sibyllins, malédiction naine, enjeux dépassant le cadre de la ville, les intrigues semblent nombreuses mais peu à peu les pièces du puzzle vont s’assembler pour un tableau d’ensemble efficace.

Moins sombre que Ronde de nuit, Jeu de nains se situe dans la veine de Pieds d’argile et rejoint mon panthéon personnel des bons Pratchett. Un excellent moment aussi grinçant qu’amusant, la recette fonctionne toujours. 

« Rien qu’une question, d’accord ? Et pas de réponse à la noix, si ça ne vous fait rien, ajouta-t-il. Dites-moi pourquoi vous avez aidé Brique. Pourquoi vous soucier d’un troll du ruisseau complètement défoncé ?

- Et vous, pourquoi vous soucier de quelques nains morts ? répliqua Monsieur Brillant.

- Parce que quelqu’un doit le faire !

- Exactement ! Au revoir, monsieur Vimaire. »