img089

Dans ce long récit, Samuel Clemens alias Mark Twain, dresse une page d’histoire du Sud. La première partie narre sa fascination pour le fleuve en commençant par les particularités géographiques et géologiques de ce dernier puis narre sa propre aventure : à savoir sa fugue et son apprentissage en tant que pilote. Un récit un peu fastidieux par moment quand il énumère les points à connaître pour exercer cette profession et beaucoup plus intéressant quand il raconte la création du syndicat des pilotes. Le tout est assez pittoresque du fait de la tendance à l’affabulation des hommes du fleuve, tendance d’ailleurs que Mark Twain semble reprendre à son compte.

Quoi qu’il en soit la navigation sur le fleuve à cette époque est quelque chose d’épique, les naufrages et explosions de chaudière étant apparemment monnaie courante. 

La guerre civile provoquera l’arrêt de la navigation de commerce et la fin des activités de pilote de l’auteur. Vingt ans après, Mark Twain se rend incognito sur le fleuve et dresse un état des lieux dans le tome 2. Les changements sont édifiants, la venue du chemin de fer et les investissements du gouvernement fédéral ayant changé la donne. Nouvelle mise en évidence de l’humeur facétieuse des gens du Sud, surtout le pilote qui reconnaît l’auteur. Mark Twain remonte entièrement le fleuve, dresse son état des lieux de manière minutieuse, présente encore une fois les gens du Sud, explique les origines de son pseudonyme, critique les récits de touristes européens, avant de s’intéresser aux légendes indiennes au terme de son voyage.

La vie sur le Mississipi est une lecture assez agréable, malgré quelques longueurs, plus qu’un récit de voyage, c’est un état des lieux d’une région immense qui a changé du tout au tout en quelques dizaines d’années. Un fleuve indomptable et le développement d’une nation. La plume de Mark Twain est assez caustique, ironique et libérale (au sens américain du terme) sans pour autant se départir d’un véritable amour pour le Sud au gré de ses nombreuses digressions.