30 novembre 2008

Sept Yakuzas de Jean David Morvan et Takahashi Hikaru

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Avant dernier de la série 7 de Delcourt, ce tome voit un relèvement du niveau sans doute grâce à un nombre de pages plus conséquents (près de quatre vingt) et une phase d’exposition recrutement particulièrement longue et soignée (soixante pages).

Certains sont bien évidement plus fouillés que d’autre mais contrairement à Sept voleurs, ils ont tous une histoire et un passé. En plus d’une histoire de truands, on a une page d’histoire du Japon en filigrane avec les multiples évolutions du pays depuis le début du XXeme siècle, par contre essentiellement vu du point de vue mafieux.

L’intrigue principale et son dénouement ne sont pas particulièrement originaux mais cela est vite oublié du fait de l’attention accordée aux protagonistes et l’action menée tambour battant.

Sept Yakuzas est un bon moment, assez violent que je place dans mon trio de tête derrière Sept Missionnaires.

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29 novembre 2008

S.O.S. Météores d’Edgar P. Jacobs

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Depuis quelques temps, je suis en phase de relecture de la série Blake et Mortimer en suivant un rythme assez calme pour ne pas me lasser, ça s'étale sur plusieurs années en fait. Vu l’ancienneté de l’œuvre, je ne vais pas m’appesantir sur l’histoire : des phénomènes climatiques inexpliqués mettent le monde occidental à genoux. Blake et Mortimer travaillent sur cette affaire et une coïncidence heureuse les plongera au cœur du complot.

Bien que cet album n’ai pas ma préférence, je lui trouve pas mal de qualité notamment pour la variété des phénomènes climatiques et leurs implications sur les différentes courses poursuites. Dans cette catégorie, Blake obtient la palme, on se croirait dans French Connection.

L’intrigue est posée dans le contexte de la guerre froide entre les deux blocs et se laissent lire. J’ai juste un peu tiqué sur le coup de bol qui permet à Mortimer de tomber sur les affreux en début d’histoire. L’accroche est un peu facile même si l’intrigue est bien menée par la suite.

Un épisode pas déplaisant mais qui est plus mis en valeur par ses scènes d'action que par l'intrigue principale.

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25 novembre 2008

Blanche Neige et les lance-missiles de Catherine Dufour

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C’est sous ce titre qu’on été réuni les deux premiers tomes de la trilogie en quatre tomes « Quand les dieux buvaient ». 

Dans « Les grands alcooliques divins », Catherine Dufour, dynamite avec humour et ironie la vision Disney des contes. Le coup de la pantoufle ne fonctionne pas pour Cendrillon qui finit par manger la pomme destinée à Blanche Neige, cette dernière épouse un noble obscur et fonde un empire qui lui permet de régler ses comptes avec sa belle mère, l’anneau de Peau d’Ane met à mal le sauveur de la Belle au Bois Dormant… Bref ça part un peu dans tout les sens de manière jubilatoire à cause de fées marraines loufdingue mais tout est totalement maîtrisé car toutes ses intrigues sont liées avec bien d’autres et notamment l’arrivée d’un gamin maltraité au Purgatoire : un certain Bille Guette.

Des héroïnes désabusées, des fées à la masse, des anges, des démons : le cocktail est détonant. 

Jubilatoire, un peu déstabilisant quand la logique des langages est appliquée au pied de la lettre : arf Aurore, re arf le flashback sur le chevalier Méthode, mais l’ensemble est au service d’une intrigue surprenante et originale.

Ca pète dans tous les sens, les apparences sont trompeuses : non, ces sales gnomes alcooliques et xénophobes ne sont pas des hobbits (quoi qu’il faudrait poser la question à l’auteur)* et l’alcoolisme des dieux n’est pas une chose à prendre à la légère.

De l’humour, de l’ironie, beaucoup de noirceur (ou de lucidité), ce premier volume est un vrai bonheur tant les thématiques sont nombreuses et bien amenées. 

 

Le second tome est « L’ivresse des providers », Bille Guette avait prévenu, il revient pour se venger ! En possédant le malheureux William Door, il compte bien éliminer les spectres qui hantent l’internet. Une poignée de fées et de démons rescapés, une horde de fantôme au fait des nouvelles technologies et Mismas auteur de jeu de rôle vont devoir le contrer.

Un panoramique des moyens de communications du télégraphe à nos jours sur fond de manipulation d’outre tombe, la levée du mystère concernant l’Ankou et le Père Noël.

Un roman efficace toujours aussi amusant et surprenant, un peu moins sombre que son prédécesseur. 

Drôle et incisive, la plume de Catherine Dufour est toujours un régal, ses intrigues se sont déroulées et renouvelées pour mon plus grand plaisir. Rendez vous est pris pour le second volume de ces rééditions en 2009.

* A cette question Catherine Dufour a répondu :"Ah oui, c'est un coup de pied en vache à Tolkien, certes, et ça ne fait qu'empirer dans la suite !"

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19 novembre 2008

Sept guerrières de Michaël Le Galli et Francis Manapul

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Voici un nouvel opus de la série 7 de Delcourt, toujours avec le même fil rouge « Sept personnes se réunissent pour… ».

A ce jour « Sept Missionnaires » est le meilleur album et après lecture de celui-ci le reste.

« Sept Guerrières » n’est pas désagréable, l’ambiance orientale est bien rendue et le trait agréable. Il n’en reste pas moins que les scènes d’actions sont quelque peu brouillonnes, et personnellement j’ai mélangé certaines des protagonistes pendant ces scènes. Quant au scénario, il réserve pas mal de surprises mais les sept personnages ne sont pas traités également (contrairement à Sept Missionnaires) et le motif d’engagement initial est quelque peu douteux (c’est bien écrit par un mec…).

Bref une lecture pas désagréable mais pas exceptionnelle non plus, « Sept Guerrières » est un opus honorable sans plus dans la lignée des « Sept Voleurs ».

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16 novembre 2008

Aztechs de Lucius Shepard

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Six longues nouvelles aux programme de ce recueil : trois de science fiction, Aztechs, Le dernier testament et Ariel ; trois légèrement fantastique ou hallucinatoire, La présence, Le rocher aux crocodiles et L’éternité et après. 

Aztechs a pour décor une ville frontalière mexicaine, s’étendant jusqu’à la barrière flamboyante de séparation avec les USA. Dans cette ville où sévissent les cartels, la poignée de protagoniste sera mandatée par l’IA Aztechs pour négocier la sécession de la région avec les cartels. Bien entendu, rien n’est ce qu’il parait être et après un déchaînement de violence tout ce petit monde sera entraîner vers un dénouement surprenant. Un décors peu courant et impitoyable dans un texte très cyberpunk. 

Ariel est une histoire d’amour – haine sur fond d’univers multiples. Une histoire moins attendue qu’elle n’en avait l’air sans toutefois être très surprenante. Un bon moment.

Le dernier testament met en scène un expert en sécurité domestique en proie à un implant récréatif lui donnant la sensibilité d’un poète maudit, François Villon. A mi chemin entre fantastique et science fiction, un récit très intéressant avec une scène d’action pour le moins originale.

La présence change de registre, évoquant de manière subtile la douleur représentée par la plaie béante qu’est Ground Zero. 

Avec Le rocher aux crocodiles, on file au Zaïre post Mobutu pour affronter un autre genre de traumatisme latent, une ambiance africaine très réussie pour une excellente nouvelle fantastique. 

Enfin L’éternité et après nous entraîne en Russie post soviétique en pleine déliquescence. Un truand tentant de racheter le contrat de la prostituée dont il est amoureux. Il lui suffit pour cela de livrer l’argent du contrat de cette dernière au légendaire criminel qui le détient. Las, dans son club, L’éternité, tout n’est que faux semblant et Viktor va être soumis à nombre de rencontre et d’expérience hallucinatoire avant de découvrir la vérité sur les lieux et lui-même. Un récit fantastique et humain très bien maîtrisé. 

Au final ce recueil est d’excellente facture, avec une variété appréciable d’ambiances et de décors, confirmant à mes yeux l’intérêt à suivre à Lucius Shepard.

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Novembre Rouge

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Et voici le dernier jeu de Bruno Faidutti !

Le Novembre Rouge est en perdition, son équipage de gnome doit maintenir l'engin à flot le temps que les secours arrive (60 minutes). Las, la propulsion ne cesse de tomber en rade, le réacteur nucléaire de chauffer et l'oxygène de se raréfier, sans compter les incendies, inondations, sas bloqués, missiles nucléaires qui s'amorcent seuls, attaque de torpille et un vilain petit kraken qui goberait bien l'engin.
Chaque joueur dispose d'une action par tour et d'une grande liberté de mouvement. Plus il prend de temps pour agir plus le nombre d'aléas s'accroit.
Bref un jeu de coopération assez diabolique et chaotique. Faut d'équipement si la réserve est la proie des flammes ou inondé, on peut toujours taper dans la réserve personnel du capitaine, la vodka donne du courage !
Ainsi dans notre première partie test, mon gnome a relancé la propulsion, outils dans une main, vodka dans l'autre. Le sous marin s'élança à nouveau vers la surface mais mon avatar tomba dans un coma éthylique qui se termina par une noyade quand une torpille d'origine douteuse provoqua une voie d'eau... Mon sacrifice ne servit à rien car le réacteur finit par exploser trois minutes avant l'arrivée des secours.

La partie suivant fût plus gérable et seul un coma fût à déplorer et ce malgré la perte du magasin et de la cabine du capitaine pendant la moitié de la partie.

A trois joueurs, le jeu est assez gérable mais il doit être beaucoup plus amusant à quatre ou cinq avec une ambiance plus catastrophique.

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15 novembre 2008

300 de Frank Miller et Lynn Varley

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Fin de mon cycle Frank Miller avec 300 qui mine de rien est beaucoup mieux que son adaptation cinématographique. Tant au niveau de l’intrigue, beaucoup plus épurée, que pour ses indéniables qualités graphiques notamment au niveau des couleurs. Précisons aussi que nombre de points délirants du film ne sont pas présents ici.

L’ensemble reste quand même très romancé mais bon c’est une bande dessinée pas un cours d’histoire et l’on se laisse bercer par le sacrifice des spartiates aux Thermopyles.

Une bande dessinée plus à voir qu’à lire.

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12 novembre 2008

Batman Year One de Frank Miller et David Mazzucchelli

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Dernière lecture sur Batman, Year One s’est révélé très plaisante à lire. Après avoir écrit sur la fin de Wayne, Miller revisite la genèse du héros. Pas grand changement vis-à-vis du mythe créé en 1939 mais plutôt une exploration des débuts de Wayne en tant que Batman. Apprentissage difficile qui le mènera au choix de la chauve souris comme emblème. La Gotham de Miller est pourrie jusqu’à la moelle et les premiers pas de l’inspecteur Gordon dans ce coupe gorge sont bien menés. On notera d’ailleurs la quasi absence de super méchants dans cet épisode, Batman étant plus menacé par les forces de l’ordre que par la pègre.

 

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Year One est un excellent moment qui semble avoir bien inspiré les scénaristes du film Batman Begins

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09 novembre 2008

Le Club des Petites Filles Mortes de Gudule

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Petit détour dans le genre « horreur », ce recueil de courts romans fantastique ou de science fiction est une très bonne surprise.

La thématique générale est l’enfance à travers le portrait d’enfants souvent victimes, parfois bourreaux, le tout sur un ton assez ironique.

« Dancing Lolita » ouvre le recueil en présentant une société perverse ayant abolie la vieillesse. Plus moyen de distinguer les enfants des adultes régressifs, les mœurs évoluent de manière quelque peu écoeurantes… Un texte qui remue les tripes par moment  sans toutefois être totalement convaincant.

« Entre chien et louve » qui suit est sans aucun doute le meilleur de ces textes. Un vieillard décédé se réincarne dans un chien errant, recueilli par son ancienne compagne. Cette dernière, originaire du Congo, isolée dans la forêt ardennaise se confie à son nouveau compagnon. Entre les souvenirs de l’un et les réminiscences de l’autre, le récit de deux personnes ayant vécues ensemble sans véritablement se connaître. Un excellent moment amer et plein de surprises.

« Gargouille » est un texte relevant de la série B, une histoire fantastique de vengeance bien des années après un traumatisme d’internat. Les adultes réglant leur compte d’adolescent. L’ensemble grand guignolesque n’est pas très convainquant.

«La Petite Fille aux araignées » est le récit d’une gamine internée en psychiatrie suite à une histoire assez horrible, toujours dans le registre fantastique. Une histoire sans surprise mais remarquablement bien narrée.

« Mon âme est une porcherie » est une nouvelle descente aux enfers. De l’enfance à l’age adulte, la vie horrifiante d’une fillette peu gracieuse dans un environnement impitoyable.

« Petite Chanson dans la pénombre », le fantôme d’une fillette violée et assassinée échafaude une vengeance diabolique et horrifiante suite à l’installation d’une famille dans le lieu qui héberge son cadavre. Un texte très prenant et glaçant, remarquablement efficace.

« La Baby – Sitter », histoire d’horreur psychologique sur fond de conte de fées. Les rôles de bourreau et de victime sont échangés à plusieurs reprises, sans manichéisme

Le dernier récit est le « Repas éternel », quelque peu hors propos par rapport à ces prédécesseurs. Il s’agit d’une variation horrible et gerbante de Soleil Vert (si si c’est possible !).

Cinq bons textes et trois autres plus anodins, ce recueil est une bon surprise. Seul « Gargouille » dénote vraiment question qualité quant à « Repas éternel » c’est plus une question de cohérence avec l’ensemble car il est redoutablement efficace. Gudule propose ici un voyage réussit au bout du fantastique et de l’horreur.

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