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C’est sous ce titre qu’on été réuni les deux premiers tomes de la trilogie en quatre tomes « Quand les dieux buvaient ». 

Dans « Les grands alcooliques divins », Catherine Dufour, dynamite avec humour et ironie la vision Disney des contes. Le coup de la pantoufle ne fonctionne pas pour Cendrillon qui finit par manger la pomme destinée à Blanche Neige, cette dernière épouse un noble obscur et fonde un empire qui lui permet de régler ses comptes avec sa belle mère, l’anneau de Peau d’Ane met à mal le sauveur de la Belle au Bois Dormant… Bref ça part un peu dans tout les sens de manière jubilatoire à cause de fées marraines loufdingue mais tout est totalement maîtrisé car toutes ses intrigues sont liées avec bien d’autres et notamment l’arrivée d’un gamin maltraité au Purgatoire : un certain Bille Guette.

Des héroïnes désabusées, des fées à la masse, des anges, des démons : le cocktail est détonant. 

Jubilatoire, un peu déstabilisant quand la logique des langages est appliquée au pied de la lettre : arf Aurore, re arf le flashback sur le chevalier Méthode, mais l’ensemble est au service d’une intrigue surprenante et originale.

Ca pète dans tous les sens, les apparences sont trompeuses : non, ces sales gnomes alcooliques et xénophobes ne sont pas des hobbits (quoi qu’il faudrait poser la question à l’auteur)* et l’alcoolisme des dieux n’est pas une chose à prendre à la légère.

De l’humour, de l’ironie, beaucoup de noirceur (ou de lucidité), ce premier volume est un vrai bonheur tant les thématiques sont nombreuses et bien amenées. 

 

Le second tome est « L’ivresse des providers », Bille Guette avait prévenu, il revient pour se venger ! En possédant le malheureux William Door, il compte bien éliminer les spectres qui hantent l’internet. Une poignée de fées et de démons rescapés, une horde de fantôme au fait des nouvelles technologies et Mismas auteur de jeu de rôle vont devoir le contrer.

Un panoramique des moyens de communications du télégraphe à nos jours sur fond de manipulation d’outre tombe, la levée du mystère concernant l’Ankou et le Père Noël.

Un roman efficace toujours aussi amusant et surprenant, un peu moins sombre que son prédécesseur. 

Drôle et incisive, la plume de Catherine Dufour est toujours un régal, ses intrigues se sont déroulées et renouvelées pour mon plus grand plaisir. Rendez vous est pris pour le second volume de ces rééditions en 2009.

* A cette question Catherine Dufour a répondu :"Ah oui, c'est un coup de pied en vache à Tolkien, certes, et ça ne fait qu'empirer dans la suite !"