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Six longues nouvelles aux programme de ce recueil : trois de science fiction, Aztechs, Le dernier testament et Ariel ; trois légèrement fantastique ou hallucinatoire, La présence, Le rocher aux crocodiles et L’éternité et après. 

Aztechs a pour décor une ville frontalière mexicaine, s’étendant jusqu’à la barrière flamboyante de séparation avec les USA. Dans cette ville où sévissent les cartels, la poignée de protagoniste sera mandatée par l’IA Aztechs pour négocier la sécession de la région avec les cartels. Bien entendu, rien n’est ce qu’il parait être et après un déchaînement de violence tout ce petit monde sera entraîner vers un dénouement surprenant. Un décors peu courant et impitoyable dans un texte très cyberpunk. 

Ariel est une histoire d’amour – haine sur fond d’univers multiples. Une histoire moins attendue qu’elle n’en avait l’air sans toutefois être très surprenante. Un bon moment.

Le dernier testament met en scène un expert en sécurité domestique en proie à un implant récréatif lui donnant la sensibilité d’un poète maudit, François Villon. A mi chemin entre fantastique et science fiction, un récit très intéressant avec une scène d’action pour le moins originale.

La présence change de registre, évoquant de manière subtile la douleur représentée par la plaie béante qu’est Ground Zero. 

Avec Le rocher aux crocodiles, on file au Zaïre post Mobutu pour affronter un autre genre de traumatisme latent, une ambiance africaine très réussie pour une excellente nouvelle fantastique. 

Enfin L’éternité et après nous entraîne en Russie post soviétique en pleine déliquescence. Un truand tentant de racheter le contrat de la prostituée dont il est amoureux. Il lui suffit pour cela de livrer l’argent du contrat de cette dernière au légendaire criminel qui le détient. Las, dans son club, L’éternité, tout n’est que faux semblant et Viktor va être soumis à nombre de rencontre et d’expérience hallucinatoire avant de découvrir la vérité sur les lieux et lui-même. Un récit fantastique et humain très bien maîtrisé. 

Au final ce recueil est d’excellente facture, avec une variété appréciable d’ambiances et de décors, confirmant à mes yeux l’intérêt à suivre à Lucius Shepard.