Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

26 juin 2008

Accros du roc de Terry Pratchett

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« Il est deux heures du matin passées ! Quel genre de magasin est ouvert à deux heures du matin ? » Nore gratta une allumette.
Le cimetière poussiéreux de vieux instruments les entourait, menaçant. On aurait dit qu’une crue subite avait surpris une bande d’animaux préhistoriques qui s’étaient ensuite fossilisés. […]
Nore se sentait mal à l’aise. Il avait été musicien la majeure partie de sa vie. Il détestait le spectacle d’instruments morts, et ceux-là l’étaient, morts. Ils n’appartenaient à personne. Personne n’en jouait. C’étaient des corps sans vie, des êtres sans âme. Ce qui les avait habités était parti. Chacun d’eux représentait un musicien dans une mauvaise passe.
 

Un jeune homme débarque à Ankh-MorpokAnkh-MorpokAnkh-MorpokAnkh-Morpok, tente de se lancer dans la musique, met la main sur une étrange guitare dans un magasin tout aussi improbable : une nouvelle ère musicale commence ! Le public est en délire et la guilde des musiciens sur les dents.
Ailleurs la Mort traverse une nouvelle période de dépression et cherche l’oubli. Suzanne, la fille d’Ysabel et Mortimer est recrutée au pied levé par la Mort aux Rats pour assurer l’intérim. 

Deux intrigues pas inintéressantes mais qui peine à démarrer, l’ensemble est souvent drôle mais il manque pendant un bon moment des éléments de sa recette. Le final sauve toutefois ce roman.
Un épisode du Disque Monde en demi-teinte, la parodie de l’hystérie provoquée par le rock est amusante mais l’ensemble est trop léger pour marquer durablement. Pas désagréable mais vite oublié. 

La Mort se pencha encore jusqu’à descendre son crâne au niveau du visage de la jeune fille.
« MAIS  LA PLUPART DES GENS NE SONT PAS BIEN MALINS ET GÂCHENT LEUR VIE. TU NE T’EN ES PAS APERÇUE ? TU N’AS PAS REGARDE UNE VILLE DU HAUT DE TON CHEVAL EN TE DISANT QU’ELLE RESSEMBLE A UNE FOURMILIÈRE GROUILLANTE D’INDIVIDUS AVEUGLES QUI CROIENT A LA RÉALITÉ DE  LEUR PETIT MONDE RIDICULE ? TU VOIS LES FENÊTRES ÉCLAIRÉES ET TU AIMERAIS PENSER QUE DES TAS D’HISTOIRES PASSIONNANTES SE DÉROULENT PAR DERRIÈRE, MAIS TU SAIS EN RÉALITÉ QU’ELLES N’ABRITENT QUE DES ESPRITS OBTUS, BORNES, DE VULGAIRES CONSOMMATEURS QUI SE REMPLISSENT LA PANSE, QUI PRENNENT LEURS INSTINCTS POUR DES ÉMOTIONS ET SE FIGURENT QUE LEURS EXISTENCES DÉRISOIRES COMPTENT DAVANTAGE QUE LE MURMURE DU VENT. »

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21 juin 2008

Ange mémoire de Robert Charles Wilson

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C’est suite à une chronique de Nébal (encore) que j’ai acheté Ange Mémoire, second roman de Wilson. Un roman un peu dans le même veine que La Cabane de l’Aiguilleur, une intrigue plaisante sans être pour autant trépidante mais une superbe galerie de personnage dans un univers cruel.

Le futur évoqué par Wilson n’est pas très reluisant mais il ne s’attarde pas dessus, la découverte de roche extraterrestre enfouie dans la jungle amazonienne provoque une nouvelle ruée vers l’or et un conflit local où toutes les alliances trempent leurs sales pattes. Après bien des horreurs la situation redevient stable, les onirolithes sont étudiées, copiées et écoulées au marché noir où elles font office de drogues douces. 

Ces pierres bien étranges permettent de raviver les souvenirs ou de partager celles de la civilisation extraterrestre, baptisées les Exotiques, qui les a larguées sur Terre. Un nouveau champ scientifique concernant le stockage des données à conquérir… 

Cela avait comme implication évidente que le contrôle des onirolithes permettait celui de l’économie planétaire et de l’avenir politique du monde. Dans un siècle ayant débuté sans tambour ni trompette vingt ans auparavant, la découverte fut interprétée comme la marque, sinon davantage, d’un véritable changement :  la Nouvelle  Reconstruction,le remaniement industriel d’une économie mondiale. Pour la première fois depuis les débats écologiques, les grandes puissances s’intéressèrent à l’arrière-pays brésilien. 

Cruz Wexler est un ancien scientifique, viré de la recherche pour ses propos dérangeants. Gourou new age des onirolithes, régnant sur une poignée d’artistes issues des bidons villes, il est bien décidé de mettre la main sur un exemplaire de la nouvelle variété d’onirolithes qui vient d’émerger de la boue brésilienne.
Byron Ostler est un petit trafiquant de pierres extraterrestres mais aussi un vétéran du conflit qui a embrasé les environs du site d’extraction avec Teresa Rafael, une artiste, il est chargé d’aller récupérer une de ces nouvelles pierres.
Teresa a oublié son passé suite à un incendie cataclysmique qui a emporté le taudis flottant où elle a passée son enfance. Les onirolithes et Byron lui ont permis de sortir de l’enfer des drogues dures. Elle veut cette nouvelle pierre.
Ray Keller est un ancien compagnon d’arme de Byron, alors que Byron a abandonné son statut d’Ange pour retrouver le monde, Keller traumatisé par une expérience sur le champ de bataille en est devenu un pour bénéficier du détachement zen propre à cette caste.
Les Anges sont des individus ayant subits le câblage de leur sens et doté d’une boite noire. Ils sont là pour fournir toutes les informations nécessaires aux commandements des armées, ce statut de témoin couplé à une formation psychologique adéquat leur confère un état de détachement clinique de leurs environnements.
Contacté par Byron qui nourri quelques doutes quant à leur mission, Keller se joint à l’expédition.

Ce qu’ils ignorent c’est qu’une agence gouvernementale a lancée sur leurs traces un autre vétéran des conflits brésiliens, Oberg, nourrissant une animosité personnelle aux onirolithes.
Cet individu est chargé d’empêcher la conclusion de la transaction. 

Hanté par le souvenir, il resta allongé dans le noir. Cela n’était pas naturel, c’était extraterrestre, un stratagème de l’esprit. Le passé avait disparu, les morts étaient morts, ils ne parlaient pas, et tout le monde mourait, Oberg mourrait lui aussi un jour, et il ne dirait alors plus rien, cela serait, comme il se devait, le vaste et accueillant océan de l’oubli. Cela rendait la vie supportable. C’était sacré. Il ne fallait pas y toucher. 

Ange mémoire n’est pas un thriller et le cyberpunk y est très léger, par contre la poignée de personnages y est très bien traitée, grâce notamment aux multiples flashbacks, le thème souvenir et de l’oubli est de fait bien amené.
Ange mémoire est un très bon moment qui porte en lui les prémisses des Chronolithes ou de Mysterium.

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18 juin 2008

La Vénus anatomique de Xavier Mauméjean

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Du temps de mes études, à Reims ou à Leyden, j’ai ouvert bien des gens. Cela, contre l’avis des autorités qui blâmaient l’autopsie. Au gré des batailles, l’interdit saute, et ce même pouvoir se renie. Lui qui tient pour profanation l’examen interne à fin de connaissance, réclame de ses compatriotes qu’ils se fassent déchirer les entrailles.

Julien Offroy de la Mettrie, médecin, anatomiste, sans le sou est engagée par un agent de Louix XV afin de mener à bien un mystérieux projet visant à rapprocher l’homme du démiurge en compagnie d’autres individus hors normes dont Honoré Fragonard (connu pour ses écorchés).
Le projet doit être mené à bien à Berlin au terme d’une compétition internationale à l’initiative de Frédéric II de Prusse.
La première partie concerne la constitution de l’équipe de savants français et leur trajet jusqu’à Berlin pourchassé par les agents de la reine, bigots cherchant à entraver à tout prix ce projet, le projet lui-même occupe la seconde partie dans un Berlin surréaliste en proie à une architecture démente et à des expérimentations délirantes mais hélas crédibles en ce milieu du XVIIIe siècle.

Xavier Mauméjean multiplie les clins d’œil et les références propres à cette période et va même en chercher quelques autres assez inattendues mais totalement dans le contexte.
Le texte est remarquablement maîtrisé et l’hommage au Frankestein de Mary Shelley très élégant.
Une part d’uchronie, de fantastique ou de science fiction, humour et horreur, action et réflexion en parts égales. Un roman difficilement qualifiable et fourmillant d’idées mais surtout un bon moment. 

Geneviève s’empara de la bouteille, à la façon d’un homme, ce qui me rappela au présent :
- Qui êtes vous, chevalier ?
- Une émanation du roi, ce que l’on appelle
éon.
- Qui commande aux Mousquetaires gris.
- Non point moi, mais Maupertuis. L’actuel baron est lié aux mousquetaires. Depuis sa vingtième année, quand il obtint le brevet de lieutenant au régiment de la Roche-Guyon.
Mais surtout, son aïeul avait pris le commandement de la compagnie, après la mort de Charles de Batz, seigneur d’Artagnan. Décapité par un boulet, au siège de Maastricht.
- Maupertuis prit la tête du corps. Le mot est juste.
Geneviève ne daigna pas sourire, et je ne pus l’en blâmer.

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14 juin 2008

Janua Vera de Jean-Philippe Jaworski

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J’ai acquis ce recueil du fait de la critique du Cafard Cosmique. Rappelé à mon bon souvenir par la critique récente de Nébal et finalement l’attribution du prix du Cafard Cosmique 2008, je l’ai finalement sortie de ma pile à lire. Bonne pioche ! 

Jean-Philippe Jaworski dépeint en sept nouvelles aux ambiances très différentes, la vie dans une région médiévale teintée légèrement de fantasy. Des textes émouvants et amers, à l’exception de Jour de guigne qui lui est d’inspiration pratchettienne, et une belle galerie de personnages sans manichéisme. 

La présentation de Laurent Kloetzer en quatrième de couverture est très parlante aussi je me permet de la citer : « Dans ses récits à la langue raffinée, il tient les chroniques d’un monde dont on aurait aimé qu’il fût le nôtre, qui mêle les brumes d’or de Tolkien à une histoire médiévale rêvée. Mais dans les cités impossibles, dans les batailles ou les intrigues politiques, l’auteur réserve sa tendresse aux gens du peuple, paysannes, soldats abandonnés, ruffians des quais, à ceux qui vivent vraiment dans ce monde, et qui ont toujours plus à perdre qu’à gagner. » 

Une fantasy légère, un monde médiéval assez réaliste d’ambiance italienne, ces nouvelles sont prenantes et c’est avec regret que j’ai refermé ce livre tant j’aurais aimé en apprendre plus sur cet univers.

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09 juin 2008

La séparation de Christopher Priest

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1936
 Jack et Joe Sawyer sont des vrais jumeaux mais ils ont quand même une différence. Jack ne vit que pour l’aviron et les jeux olympiques qui approchent tandis que Joe est bien conscient de la situation politique.
Les jeux seront pour eux le début de la séparation, tandis que Jack fêtera leur médaille et rencontrera Rudolf Hess, Joe s’occupera de faire sortir la fille d’amis de leurs parents, Birgit, d’Allemagne.
Quand la guerre éclate Joe se déclare objecteur de conscience tandis que Jack s’engage dans la RAF. Le fossé qui les séparait déjà devient alors un abîme. 

Le lendemain soir, alors que j’étais rentré à la base, il m’a appelé d’une cabine téléphonique. Je l’entendais mal, nous ne disposions que de trois minutes, mais son excitation était quasi palpable.
« Le gars dont je t’ai parlé, c’est un certain Sawyer, a-t-il crié. J.L. Sawyer. Tu le connais ?
- C’est mon pilote, papa. Je te l’ai déjà dit il y a je ne sais combien de temps, quand je suis arrivé ici. Il figure sur la photo de l’équipage que je t’ai envoyée.
- Son nom ne devait rien me dire à ce moment-là. Mais écoute, je me suis renseigné sur lui dans un livre de la bibliothèque. Il a remporté une médaille de bronze pour la Grande-Bretagne.
- Une médaille de bronze ? ai-je répété bêtement. Comme aux jeux olympiques ?
- Exactement. Il était à Berlin en 1936. Les fridolins ont gagné, mais la course a été serrée, et on est arrivés bons troisièmes. Il en parle de temps en temps ?
- Non, jamais. Pas à moi en tout cas.
- Pourquoi tu ne lui poserais pas la question ? C’était quelque chose, aller en Allemagne comme ça et remporter quelques médailles.
- Dans quelle discipline concourait-il, papa ? La course ?
- L’aviron. Le deux de couple. Ca me revient, maintenant. Je l’ai entendu à la radio, à l’époque. C’étaient son frère et lui, des vrais jumeaux, des Sawyer. Ils ont fait honneur à l’Angleterre, ça, c’est sûr.
- Et son frère ? Tu sais comment il s’appelle ?
- Il n’y a pas les prénoms, dans le livre. Juste les initiales. C’est ce qui est curieux, avec ces deux-là. Ils ont les mêmes : J.L. Ils s’appellent tous les deux J.L. Sawyer.
- Est-ce que tu sais si l’un d’eux est Jack ?
- Non… Il y a juste J.L. pour les deux. »
La conversation a été interrompue, lorsque mon père s’est trouvé à court d’argent.
 

1999
Stuart Gratton, historien, s’intéresse à un certain J.L. Sawyer brièvement cité dans les mémoires de Churchill comme objecteur de conscience et pilote de bombardier… Grâce à une annonce, il récupère le journal de Jack Sawyer conservé par sa fille.
Pourtant un témoignage récupéré auprès d’un membre de son équipage le contredit quant au dénouement des évènements intervenus au cours de la nuit du 10 au 11 mai 1941.
D’autres documents se succèdent confirmant ou infirmant cette version jusqu’au journal de Joe, conservé par la Croix Rouge pour qui il a officié pendant le Blitz.

Ce n’est pas tant le sort de chacun des frères qui différent que le cours de la guerre suivant la réussite ou non de la mission de Rudolf Hess. A-t-il rallié l’Ecosse en avion cette nuit là ou a-t-il été contraint de renoncer du fait de la chasse allemande ? 

Dans ce récit très habile, Christopher Priest nous présente deux dénouements à la Seconde Guerre Mondiale, le notre et l’un très différent. Lequel correspond à la réalité de J L Sawyer ? Joe a-t-il disparu à Londres pendant les bombardements ? Jack a-t-il survécu à sa chute dans la mer du Nord ?

Un texte magnifique, deux récits entremêlés, l’un étant le miroir de l’autre. Pendant que Jack bombarde des villes allemandes, Joe tente de sauver des vies à Londres. Lequel des frères Sawyer, Churchill a-t-il rencontré et en quelle occasion ? 

Beaucoup d’interrogations menant à un final magistral. Christopher Priest m’avait enchanté et déçu avec Le Prestige, le texte était maîtrisé mais pas la conclusion du roman, ici ce n’est absolument pas le cas. On est mené dans ses deux variations autour d’un même évènement. Le rapport développé entre eux par les jumeaux est fascinant, mélange d’une volonté de ne pas se ressembler et du manque de l’autre en cas d’absence. Un roman très marquant.

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03 juin 2008

Quatre chemins de pardon d’Ursula K. Le Guin

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Quatre chemins de pardon, quatre nouvelles sur la révolution d’Yeowe et Werel dans le cadre du cycle de l’Ekumen.
Werel est une planète où sévit un régime mêlant esclavage et misogyne. Les femmes sont cloîtrées, les esclaves traités de mobiliers et les esclaves de sexe féminin sont encore plus à plaindre. Yeowe sa colonie n’est qu’une vaste exploitation tenue d’une main de fer. Ces textes narrent les luttes pour la liberté des esclaves puis des femmes. 

Mais je ne pense pas que nous puissions nous libérer toute seules, ni ne libérer que nous seules. Il faut que les choses changent. Les hommes se tiennent pour les patrons. Ils doivent cesser. S’il est une chose que nous avons apprise durant toutes ces années, c’est qu’on ne change pas un esprit à coups de fusil. Tuez le patron, vous deviendrez le patron. C’est la façon de penser qu’il faut changer. L’esprit des esclaves et l’esprit des patrons.
 

A l’exception de « Trahisons » ces textes sont violents et sombres on retrouve le désespoir des autochtones de « Le nom du monde est forêt ».

« Trahisons » le premier texte met en scène deux vieillards retirés du monde,  anciens esclaves, vétérans de la révolution de Yeowe. Une enseignante et l’ancien chef de la révolution écarté pour corruption. Un texte puissant et amer.


« Jour de pardon » met en évidence de manière efficace la place réservée aux femmes dans la société werelienne par l’intermédiaire de Solly, diplomate de l’Ekumen. Un texte efficace mais finalement assez convenu sans être désagréable. 

« Un homme du peuple » et « Libération d’une femme » constituent le plus gros morceau de ce recueil. Le premier nous présente la société de Hain puis nous jette dans la société d’Yeowe post révolutionnaire et embourbée dans les traditions misogynes. Tandis que le second narre l’épopée de Rakam des cantonnements féminins des exploitations de Werel à la société en mutation de Yeowe : sans doute le texte le plus dur mais aussi le plus porteur d’espoir. 

Avant la guerre de Libération, les villes de Yeowe abritaient les mobiliers des corporations. Ils louaient leur liberté, dirigeaient leurs propres écoles, leurs hôpitaux et de nombreux programmes de formation. Dans l’ancienne capitale, il y avait même une université. Bien sûr, les corporations contrôlaient toutes les informations, surveillaient tout, censuraient l’enseignement et les publications, et ne cherchaient qu’à augmenter leurs bénéfices. Mais, à l’intérieur de ces limites étroites, les mobiliers étaient libres d’utiliser à leur gré l’information à laquelle ils avaient accès. Sur Yeowe, les gens des villes attachaient beaucoup d’importance à l’éducation.
Durant les trente années de guerre, tout ce système d’instruction et d’enseignement s’était effondré. Toute une génération avait grandi sans rien apprendre que violence, méfiance, famine et maladie. La directrice de mon école me dit : « Nos enfants sont illettrés, ignorants. Est-il donc étonnant que les chefs des plantations aient pris la relève des patrons et des corporations ? Qui les en aurait empêchés ? »
Ces hommes et ces femmes croyaient de toutes leurs forces que seule l’éducation mènerait à  la liberté. Ils étaient toujours en pleine guerre de Libération.

Un recueil puissant, dur, sans complaisance mais jamais excessif non plus, loin de tout manichéisme. On retrouve ici une bonne part de l’intensité « Des dépossédés ».  Du très grand Le Guin.

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01 juin 2008

La ligue des gentlemen extraordinaires d’Alan Moore et Kevin O’Neill

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Le décors est planté, l’intrigue annoncée dans la première partie : la guerre des mondes commence ! Après un clin d’œil à Edgard Rice Burroughs, les sales bêtes débarquent en Angleterre.
C’est avec une certaine ironie que l’intrigue originale de Wells suit son cours tandis que Moore approfondi ses personnages et les relations qu’ils tissent entre eux.

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Nerveuse, passionnante, cette seconde intégrale se dévore d’autant plus vite que le trait d’O’Neill passe mieux. Mention spéciale aux portraits crayonnés qui clôturent le volume.
Du bon Moore, du très bon même.

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