30 mai 2008

L’énigme du cadran solaire de Mary Gentle

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1610. Valentin Raoul Rochefort, agent de Sully, ministre d’Henry IV, n’a pas de chances.
Chargé d’infiltrer les complots contre le roi, il se fait piéger par Marie de Médicis. S’il veut sauver son maître, il doit assassiner le roi !
Rochefort tente de retourner la situation à son avantage en simulant une tentative pour disparaître dans le tumulte qui s’ensuivra. Il choisit donc l’assassin potentiel le moins sérieux à sa disposition, un certain Ravaillac. 

Il n’aurait jamais dû y arriver ! protestait mon esprit, tandis que je fixais le monarque affaissé, à qui La Force jetait une cape sur le visage. Comment une tentative d’une telle désinvolture a-t-elle bien pu réussir ?

Son implication étant évidente dans le meurtre, Rochefort fuie pour l’Angleterre afin d’échapper aux agents de
la reine. En chemin, l’insupportable Dariole s’attachera à ses pas. Némesis insolente, bretteur doué avec qui Rochefort entretient une relation quelque peu perverse et masochiste. Avant d’arriver à destination, ils accueilleront dans leurs rang, Saburo, un samouraï japonais nauvragé, membre d’une mission diplomatique à destination de l’Angleterre.

Hélas, Rochefort vient d’entrer sur l’échiquier de Robert Fludd. Médecin, astrologue et mathématicien, héritier d’une technique statistique lui permettant de prévoir l’avenir.
La préservation de l’humanité nécessite l’élimination de Jacques Ier, roi d’Angleterre et d’Ecosse, Fludd choisit Rochefort pour effectuer la basse besogne. Après tout il est expérimenté en matière de régicide. 

Les conspirations contre les rois, on en trouve treize à la douzaine : les traîtres et les mécontents sont légion… et ils emploient souvent astrologues et sorciers.
Quant à moi, peu m’importait ce qui arrivait au roi écossais d’Angleterre, en bien ou en mal. Toutefois, un homme capable de me lâcher les noms de Ravaillac et de Cossé-Brissac était dangereux. J’ignorais comment l’Anglais avait appris ce qu’il savait, mais je devais m’en débarrasser.
Je pris alors conscience d’éprouver ce que j’appellerais le sentiment de supériorité naturel de l’homme de violence entouré de moutons, impression dont je me garde en principe avec soin. Je coulais mes jours au milieu des interrogatoires, des embuscades, des meurtres et autres brutalités, certes mais il n’empêchait que je risquais de croiser des hommes aussi durs que moi dans d’autres sphères de la société. Mieux valait me méfier de ce Fludd, au cas où il en eût fait partie.


Peu motivé, Rochefort contacte le premier ministre anglais grâce à Saburo mais ce dernier préfère laisser courir le complot pour démasquer les alliés de Fludd. Rochefort se voit donc contraint de planifier à nouveau un régicide… 

Le récit très vivant se compose des Mémoires de Rochefort, à chaque changement de partie un extrait de journal d’un autre personnage fait office d’intermède.
L’intrigue est très riche, les possibilités de cette psycho histoire avant l’heure bien exploitée.
Le seul point noir est l’insistance sur les relations perverses entre Dariole et Rochefort qui alourdit quelque peu le récit (environ 1000 pages).
Quoi qu’il en soit cette fresque qui emmènera ses protagonistes jusqu’au Japon est passionnante et menée de main de maître. Un très bon roman de capes et d’épées, riche en rebondissement, peut être juste un petit peu trop long.

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29 mai 2008

La ligue des gentlemen extraordinaires d’Alan Moore et Kevin O’Neill

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1898 Un certain M Bond, agent du gouvernement, mandaté par son supérieur, le mystérieux M, engage Wilhelmina Murray. Sa mission consiste à réunir une poignée de personnes hors normes afin de contrer les agissements d’un dangereux mafieux asiatique. Ce dernier se terre dans Londres qu’il menace depuis qu’il s’est emparé de cavorite. Etrange substance permettant de faire voler n’importe quoi.img011

Alan Moore s’amuse à réunir une bonne partie des héros de la littérature fantastique du XIXeme siècle pour stopper ce personnage diabolique. Les références à Poe, Stocker, Stevenson, Verne, Doyle, Wilde abondent, les personnages s’entrecroisent.
L’intrigue est bien menée, tout ce petit monde n’est pas digne de confiance et se regarde de travers fréquemment, quand ce ne sont pas les travers de certains qui deviennent problématiques.

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Les dessins collent bien à l’ambiance steampunk, les constructions sont souvent démesurées. Je ne suis pas fan du trait de Kevin O’Neill mais ses personnages sont agréablement expressifs.
Beaucoup d’actions, de rebondissements et d’humour.
Un excellent moment, sans toutefois égaler Watchmen,  incontournable pour les amateurs d'Adèle Blanc Sec. 

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25 mai 2008

Empire de Mark Waid et Barry Kitson

Vu le temps que je passe à lire des bandes dessinées, il est temps d’ouvrir cet espace à ce média.
Commençons par Empire que j’ai acquis très récemment sur les conseils de Gromovar (Quoi de neuf sur ma pile).

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Je ne suis pas un grand amateur de comics en général et j’ai abordé le genre par la bande à savoir les œuvres d’Alan Moore… Je dois reconnaître que je suis passé à côté de beaucoup de choses en me cantonnant à la BD franco-belge, alors hop au boulot. 

Empire donc se présente comme un drame shakespearien dans un monde où les forces du mal l’ont emportés. Golgoth, super héros maléfique, a conquis la quasi-totalité du monde et vaincu Endymion, version locale de Superman, défenseur de l’Amérique.

Que reste t il à faire quand la quasi-totalité de la planète vous appartient et qu’il ne reste que quelques micro états non alignés et une poignée de rebelles en déroute ? Golgoth est contraint à une course en avant sans interruption afin d’éviter de voir surgir un ennemi imprévu, aucune pause n’est possible, une fuite en avant sans espoir. Devant lui tout est soumis ou détruit.
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Le tyran s’est entouré d’un aréopage sinistre, qu’il tient dans sa paume grâce à une drogue à forte addiction augmentant de manière surhumaine les capacités physiques.
Pourtant trahisons et conflits d’intérêt se produisent et Golgoth est contraint de faire le ménage dans ses rangs de manière radicale : Evil feed upon itself ! 

Empire est violent, cru, dur, cynique et s’adresse sans nul doute à un public adulte.
Un voyage sans concession au cœur de l’enfer, face à l’Empire il n’y a aucun espoir. Les acteurs de ce drame sont tous des crapules de la pire espèce et quelque soit la manière dont se termine la pièce, il n’y a espoir à avoir. Une vision de l’apocalypse en couleurs éclatantes.

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18 mai 2008

Mysterium de Robert Charles Wilson

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Avec ce gros pavé de chez Lunes d’Encre c’est deux romans et cinq nouvelles ou novellas qui sont présentés ici, préfacés par l’auteur. 

Ce recueil s’ouvre avec « La cabane de l’aiguilleur », premier roman de Wilson. Ce récit fantastique met en scène un couple de créatures venu d’ailleurs, séparées et perdues aux Etats-Unis pendant la Grande Dépression. L’un d’eux erre avec des vagabonds qui exploitent sa force tandis que l’autre plus fragile n’a de cesse de se trouver des alliés pour la protéger en attendant que son compagnon la retrouve.

Dureté de la vie pour les saisonniers, petite ville étriquée percluse de préjugés oppressant tout ceux qui sont différents. La touche fantastique est très légère et l’ensemble est plus une illustration de l’époque à travers une vaste gamme de personnages très travaillés.
Un bon roman dont la forme n’est pas sans rappeler « Cœurs perdus en Atlantide » de Stephen King.

 
« Mysterium » est le gros morceau de ce recueil.
Un objet étrange est découvert lors de fouille archéologique, mortellement radioactif il est ramené aux Etats-Unis pour y être étudié dans un laboratoire construit de toute pièce dans une réserve indienne à proximité de la ville de Two Rivers.
Un matin une explosion se produit dans le laboratoire, tous les occupants sont tués. Le laboratoire et ses environs, Two Rivers incluse, sont transportés dans un univers parallèle pas foncièrement différent aux premiers abords. 

Mais, depuis samedi, le coin avait changé. Une vieille, vieille forêt coupait en deux le damier des terrains vagues. Le mystère prenait d’étranges proportions.
Il faisait frais et humide dans ces bois denses, profonds, au sol noir riche d’odeurs. C’était attirant et repoussant à la fois, et il n’osa pas s’aventurer bien loin dans la pénombre.
Mais la lisière le fascinait. Elle courait en ligne droite, sauf si on la suivait des yeux depuis le bout du lotissement. Là, on aurait dit qu’elle s’incurvait. Mais ce n’était peut-être qu’une illusion d’optique.
Les arbres n’étaient pas tous intacts. Les pins à cheval sur la frontière étaient proprement coupés en deux. Sinistre. Une sève jaune, collante, saignait du cœur vert pâle. D’un côté, de belles branches chargées d’aiguilles, de l’autre, rien.

 
Ce nouveau monde n’est pas vierge ni totalement étranger aux habitants, ils sont toujours sur Terre aux Etats-Unis. Mais dans ce monde, l’Amérique du Nord est dominée par une théocratie, très oppressante, en guerre. L’avance technologique des nouveaux venus intéresse les puissants de ce monde parallèle, les habitants de Two Rivers sont rapidement soumis à une loi martiale tandis que des scientifiques sont forcés de venir les étudier.
Les personnages présentés sont assez nombreux tant d’un côté que de l’autre et bien campés.
Un superbe texte capable de rivaliser avec Spin et Blindlake. 

La nouvelle  « Le Mariage de la dryade » reprend l’univers de BIOS et l’on en apprend un peu plus sur les colons d’Isis, via une jeune femme reconstruite après avoir été gravement accidentée. Sans mémoire, elle a du tout réapprendre en seize ans et tandis que son mari attend le retour d’une femme qui ne sera en aucun cas similaire à celle qu’il a connu, cette dernière est en proie à de curieuses expériences avec la faune locale.
Une agréable conclusion à BIOS sans être toutefois indispensable.
 

« Le Grand Adieu » et « Les Affinités » sont des textes très courts et assez efficaces, j’ai une préférence pour le second qui anticipe sur les phénomènes de rapprochement uniquement en fonction des points communs. 

« Le Théâtre Cartésien » et « YFL – 500 » mettent en scène, un monde où l’économie a été totalement confiée aux machines, libre pour chacun de se trouver une profession ou de se contenter du minimum fournie par l’allocation chômage universel. 

« Le Théâtre Cartésien » se concentre sur la notion d’intelligence et de vie artificielle de manière assez cynique.

Cela correspondait à peu près à ce qu’avait fait Grand-père les cinq dernières années de sa vie : partager de plus en plus de son moi essentiel avec une petite armée d’appareils artificiels. Et quand il a fini par mourir, la plus grande partie de sa personne a continué à fonctionner dans ces amas de prothèses épibiotiques. Mais un jour ou l’autre, avec le temps, sans un corps physique pour les ordonner et les réapprovisionner, les machines redeviendraient à de simples états par défaut, signant la fin de Grand-père en tant qu’entité cohérente. C’était une technologie utile, mais en fin de compte imparfaite.
 

« YFL – 500 » de son côté met en scène un artiste en mal d’inspiration et incapable de rêver. Avec la complicité d’un médecin, il se servira de données personnelles afin de créer des œuvres d’art au point de ne plus pouvoir se passer d’un des donneurs involontaires. 

Outre son nom , il savait uniquement d’elle qu’elle avait séjourné à la clinique du Sommeil Bonnuit au début du printemps 2110, c'est-à-dire trois ans plus tôt. Comme il ne pouvait pas dire carrément le nom de la fille, il orientait la conversation sur la clinique Bonnuit.
De fait, beaucoup de monde à Chômeville y avait déjà séjourné, non à cause de troubles du sommeil, mais parce que la clinique était bien située et avait conduit jusqu’à la fin de l’année précédente un programme de recherche, dans le cadre duquel elle remettait une somme généreuse aux volontaires acceptant de dormir dans un lit à moniotoring le crâne relié à des appareils. Une nuit de travail peu contraignant et un moyen sympa d’obtenir de l’argent de poche quand la gratuité de la nourriture et de l’hébergement ainsi que les allocations de consommation garanties par la Rationnalisation ne semblaient pas suffire tout à fait.

 

Le recueil de se termine enfin sur « Julian : un conte de Noël », un récit qui n’est pas sans rappeler « Le Royaume Blessé » de Laurent Kloetzer, le fantastique en moins : un narrateur narrant les aventures d’un fils de héros, lui-même destiné à un destin hors norme. Dans le cas présent, cette nouvelle narre la fin de l’adolescence dans un monde impitoyable. Un bon texte pour lequel Robert C Wilson annonce une suite sous forme de roman. A suivre…

Un recueil très satisfaisant allant du fantastique à la science fiction pure en passant par le genre privilégié de Wilson à savoir l’intrusion d’un évènement extra ordinaire dans notre avenir proche.

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06 mai 2008

La Paille dans l’Oeil de Dieu de Larry Niven et Jerry Pournelle

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On dit que le Deuxième Empire de l’Homme règne sur deux cents mondes et tout l’espace compris entre eux, soit plus de quinze millions de parsecs cube…
Considérons plutôt la réalité. Imaginez des myriades de minuscules bulles éparpillées dans un vaste océan noir. Nous dominons certaines de ces bulles. Mais de l’océan, nous ne savons rien…
 

La guerre froide a pris fin… Les USA et l’URSS ont fusionnés, les étoiles ont été conquises et l’humanité s’est répandue dans l’espace. Des guerres ont divisées l’humanité et ravagées la Terre. Un nouvel empire s’est relevé des cendres avant de s’effondrer à son tour. Il y a une centaine d’années, le Deuxième Empire s’est dressé sur les décombres et depuis Sparta s’efforce d’unifier à nouveau les mondes humains isolés les uns des autres, par la diplomatie ou la force. La Marine Spatiale Impériale est le bras armé de l’Empereur et se charge de faire taire toutes velléités sécessionnistes. Voilà pour le décor.

Le Visage de Dieu le fixait à travers l’espace.
Le Sac à Charbon était une masse nébulaire de poussière et de gaz, petite, à l’échelle sidérale, mais dense et assez proche du système pour occulter un quart du ciel. La Terre et la capitale impériale, Sparta, restaient à jamais invisibles de l’autre côté. Cette noirceur mouvante cachait la majeure partie de l’Empire, mais offrait un écrin de velours soyeux à deux étoiles voisines.
Même sans cet arrière-plan sombre, l’œil de Murcheson aurait été l’astre le plus lumineux de la voûte céleste – une énorme géante rouge, distante de trente-cinq années lumière. Le petit flocon sur le bord de cette étoile était un soleil nain, de couleur jaune, plus petit, plus effacé, moins intéressant : la Paille. D’ici, Le Sac à Charbon avait la forme d’un homme encagoulé : sa tête et ses épaules. Et la super-géante rouge, légèrement excentrée devenait un œil, attentif et malveillant.
Le Visage de Dieu. Cette vue du Sac à Charbon, à partir de Néo-Cal, était un site connu dans tout l’Empire. Mais debout, ici, dans le froid de l’espace, c’était différent. En photographie, ça ressemblait au Sac à Charbon. Ici, c’était réel.
Et quelque chose que Blaine ne réussissait pas à distinguer fondait sur lui, venu de la Paille dans l’Oeil de Dieu.
 
Blaine est un cadet de la haute aristocratie, officier dans la Marine. Lors d’une intervention contre un mouvement rebelle, une initiative de sa part lui a permis d’éviter un bain de sang et de mettre un terme à
la révolte. Cette initiative, lui vaut le privilège douteux de ramener le navire à la capitale avec à son bord un invité, officieusement prisonnier, richissime et soupçonné d’être à l’origine du mouvement sécessionniste local. A la première escale au chef lieu du secteur, le navire reçoit une nouvelle affectation. Un vaisseau inconnu venant du système de la Paille entre dans la zone d’influence humaine.
La première forme d’intelligence extra-terrestre rencontrée par l’humanité…

La rencontre de Blaine avec ce vaisseau n’est pas très concluante et il est décidé d’envoyer une délégation rencontrer les « Pailleux » chez eux. L’expédition est placée sous le commandement de l’amiral Kutuzov et son cuirassé, Le Lénine, célèbre pour avoir vitrifié une planète. Il est chargé de la sécurité de l’expédition tandis que Blaine est responsable du contact avec les extra-terrestres.
Le Mac Arthur, le croiseur de Blaine, sera bondé de scientifiques en plus de son équipage standard et de son invité factieux pris en charge lors de sa mission précédente. 

« Commandant, je ne saisis pas votre problème. Pourquoi n’auraient-ils pas pu lancer une expédition scientifique en quarante minutes ? Pourquoi un vaisseau de guerre ? Après tout, le Mac-Arthur assure les deux fonctions. Il vous a fallu un temps considérable pour appareiller. Moi, j’étais prêt depuis des jours. »
Rod coupa   la communication. Je vais lui tordre le cou. J’écoperai de la cour martiale, mais je plaiderai la légitime défense. Je ferai témoigner tous ceux qui le connaissent. Je parie qu’on m’acquittera. 

Une fois dans le système de la Paille, les humains entrent en contact avec les autochtones d’un abord plutôt amical. Les scientifiques semblent voir tout cela d’un bon œil tandis que Kutuzov et Blaine sont plus réservés. Les scientifiques sont ils trop candides, les militaires sont ils trop paranoïaques ? Chacun rejette le problème sur l’autre… 

- Ils ont un amiral dans leur vaisseau, affirma Kutuzov. Tout comme nous. Je le savais. Que leur dites-vous quand ils posent des questions à mon sujet ?
Rod entendit un borborygme derrière lui et en déduisit que Renner s’étranglait. « Le moins possible, amiral. Juste que nous sommes sous les ordres du Lénine. Je ne pense pas qu’ils connaissent votre nom, ni même qu’ils sachent si nous dépendons d’une chaîne de décision chapeautée par une assemblée ou un seul homme.
 - Parfait. » Kutuzov souriait presque. « C’est à peu près autant que ce que vous savez de leur propre hiérarchie, da ? Soyez-en sûr, il y a un amiral à bord de ce vaisseau, et il veut que vous vous approchiez de sa planète. Voici mon dilemme : est-ce que j’en apprends davantage en vous laissant y aller que lui en vous y attirant ? »
Horvath se détourna de l’écran en adressant une prière muette au Ciel, à ses Saints et à ses Mystères : comment traiter avec un homme pareil ?
 

Les deux tiers du récit laissent la part belle au point de vue humain afin de ménager le suspens. Par la suite la poignée de protagonistes humains alternera avec quelques Pailleux, ces derniers semblant aussi confrontés à quelques problèmes internes. 

Un récit résolument non manichéen où les solutions extrêmes sont examinées froidement d’un côté comme de l’autre tandis qu’une minorité tente d’obtenir un impossible consensus. Le problème étant que chacun n’est enclin qu’à voir les défauts de l’autre. C’est à juste titre que le livre s’ouvre sur une citation des évangiles : « D’où vient que tu vois la paille qui est dans l’œil de ton frère tandis que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? ».

Les deux auteurs en alternant les points de vue de personnages antagonistes jouent avec le lecteur, difficile de donner raison à une faction ou en général aux humains ou aux pailleux.
Du Space Opera avec un vernis de science, un texte qui n’a pas pris une ride, un excellent moment et beaucoup de surprises. A lire absolument !

A noter, l'excellente chronique de Nébal qui m'a donné envie d'acquérir et de lire rapidement ce roman.

Posté par efelle à 22:43 - - Commentaires [1] - Rétroliens [0]


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