Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

23 janvier 2008

La forêt des mythagos de Robert Holdstock

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Dès l’instant où je fus dans cette pièce à l’odeur de moisi, je me sentis complètement subjugué et profondément affecté par sa fraîcheur et l’atmosphère morne, hantée qui imprégnait tout, murs, tapis et fenêtres. Elle dégageait une légère odeur de cuir ainsi que de poussière, mais il me semblait aussi distinguer le parfum de la cire, comme si Christian avait fait un petit effort pour conserver propre cette pièce étouffante. Elle n’était pas très encombrée et ne ressemblait pas à la bibliothèque que mon père aurait peut-être aimé qu’elle fût. On y trouvait des ouvrages de botanique et de zoologie, d’histoire et d’archéologie, mais il ne s’agissait nullement d’éditions rares : simplement des éditions bon marché qu’il avait pu trouver à l’époque. Les livres de poche étaient bien plus nombreux que les ouvrages reliés ; la ravissante reliure de son livre de notes et le bureau au vernis profond, avec leur air d’élégance victorienne, détonnaient en réalité dans cet ensemble minable.

Toute sa vie George Huxley a étudié l’étrange bois qui borde sa maison, étudiant et provoquant divers phénomènes sans plus se préoccuper véritablement de sa famille.
A sa mort en 1946, son fils Christian reprend la propriété ainsi que ses notes. Il tient vaguement son frère Steven au courant de ses découvertes jusqu’au moment où il lui annonce qu’il s’est trouvée une compagne…
Steven finit par revenir à son tour dans la demeure familiale, sur place, il ne trouve nulle trace de la compagne de son frère, ce dernier parait bien perturbé et lui narre ce qu’il a découvert à propos des travaux de leur père...
Le bois jouxtant leur maison, serait une petite forêt primordiale, intouchée de l’homme. Elle possèderait la capacité de repousser les intrus en les faisant tourner en rond et abriterai les mythes humains de la région depuis l’aube de l’humanité. George Huxley tentait de découvrir la nature du premier d’entre eux.


Je le suivis vers l’intérieur, cherchant le meilleur chemin au milieu du fouillis des fougères et des orties, goûtant la profondeur du silence. Les arbres étaient petits, à hauteur de la bordure, mais au bout d’une centaine de mètres s’élevaient déjà des fûts plus âgés : de grands troncs de chênes tourmentés, creux à moitié morts, qui montaient du sol en se tordant et semblaient presque ahaner sous le poids de leurs branches. Le terrain montait légèrement, et l’enchevêtrement du sous-bois se trouvait ici et là interrompu par des blocs de calcaire gris recouverts de lichens. Nous passâmes une crête ; de l’autre côté, la descente était raide, et de subtils changements affectaient  la forêt. Elle semblait y être plus sombre, plus vivante, et je remarquai qu’un chant plus plaintif et sporadique y remplaçait les piaulements plus aigus des oiseaux de septembre, en lisière.
 

Très vite Steven remarquera que son frère est obsédé par les travaux de leur père. Amoureux d’une femme tout droit sortie d’une légende celtique, nommée Guiwenneth, il ne se remet pas de sa mort. Persuadé qu’il lui est possible, en s’accordant sur la forêt, de redonner vie à sa bien aimé, Christian disparaît dans le bois. Steven, a qui il a recommandé de se tenir à l’écart, découvrira les phénomènes liés au bois en attendant son retour. 

Une fois dans la clairière, il hésita et me regarda. Je ne devinai pas le moindre sourire sous le masque de boue et de feuilles sèches. Ses yeux brillaient, plissés et réduits à une fente. Il avait les cheveux gras et hérissés ; il était presque nu, simplement vêtu d’un cache-sexe et d’une veste de peau en haillons qui ne devait guère lui tenir chaud. Il tenait à la main trois javelots à la pointe vicieusement effilée. Disparue, la maigreur squelettique de l’été ; il avait des muscles puissants et durs, la poitrine développée, les membres pleins de force. Il s’était transformé en guerrier.
« Il faut absolument que tu quittes les bois, Steve. Et pour l’amour de Dieu, n’y reviens pas ! »

Au contact de l’inconscient d’un humain vivant, le bois donne vie à divers mythes, les mythagos. Hanté de plus en plus fréquemment par ses êtres qu’il aperçoit à la lisière du bois ou qui viennent le visiter, Steven commencera à explorer le bois, jusqu’à rencontrer la Guiwenneth de Christian.
Après quelques évènements tragiques, Steven accompagné d’Harry Keeton, un pilote ayant croisé une forêt similaire pendant la guerre, entreprennent l’exploration des tréfonds du bois. 

Des humains qui évoquent des mythes puis finissent par en devenir acteur… L’idée est brillante, les mythagos variés, de l’aube de l’humanité à la première guerre mondiale.
La forêt des mythagos est difficile à lâcher avant la fin tant le passage du monde moderne à la fantasy est bien amené.
Je n’ai qu’un regret après l’avoir lu : celui de l’avoir laissé si longtemps dans ma pile
à lire !

Posté par efelle à 23:08 - Fantasy - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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