Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

28 octobre 2007

Radieux de Greg Egan

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« Une heure plus tard, j’étais si nerveux qu’il tenait du miracle que je ne me sois pas encore fait sauter le pied. Je déchargeai le revolver puis m’assis pour jouer à la roulette russe avec le barillet vide. En dépit de tout, je n’étais toujours pas prêt à mettre une balle dans la tête de quiconque au nom de la défense des axiomes de la théorie des nombres. »

 

Second recueil de Greg Egan et très bonne surprise : les nouvelles plongeant au cœur de la science sont moins nombreuses et seule une d’entre elles m’a laissé perplexe, sans comprendre grand-chose : La Plongée de Planck. Les autres nouvelles sont plus légères côté science mais soulève beaucoup de question quant à la personnalité, la notion de bonheur, la conscience de soi, l’acceptation de l’homosexualité, le besoin d’irrationnel. 

« Pour la plupart des gens, naviguer à l’intérieur de leur propre psyché, c’est comme tourner en rond dans un labyrinthe. C’est ça que l’évolution nous a légué : une prison misérable et déroutante. Et la seule chose que les drogues grossières comme la cocaïne, l’héroïne et l’alcool ont jamais faite, c’est de construire des raccourcis vers telle ou telle impasse. Ou, en ce qui concerne le LSD, de tapisser les murs avec des miroirs. Quant aux Chevaliers blancs, ils n’ont fait que présenter les mêmes effets sous un emballage différent.
Mais les Chevaliers gris, eux, vont permettre de transformer le labyrinthe à volonté. Ils ne vous confinent pas dans un minuscule répertoire émotionnel ; ils vous donnent le pouvoir complètement. Ils vous laissent décider exactement qui vous êtes, ce que vous êtes. »

 
Les textes suivant ont particulièrement retenus mon attention :

Paille au vent : pour sa remise en question du soi et de sa personnalité.

Radieux : une approche poétique des mathématiques sous couvert de thriller.

Cocon : une excellente interrogation sur l’homosexualité dans notre société et le droit à la différence.

Vif Argent : pour le besoin d’irrationnel présent en chacun de nous.

Des raisons d’être heureux : magnifique texte sur la notion de bonheur et sur l’absence de celui-ci.

 
Globalement ces textes sont  donc moins ardus que ceux d’Axiomatique mais tout aussi riche, seuls des détails techniques sont passés à la trappe ce qui rend la lecture d’autant plus agréable pour le novice en science. La plupart de ces nouvelles empruntent la forme du thriller et de l’enquête ce qui contribue sans doute aussi à l’allégement de la part scientifique, le narrateur découvrant progressivement le nœud de l’intrigue en même temps. Un bon recueil pour découvrir Greg Egan sans avoir besoin d’une solide culture scientifique.
 

« Nous pensions que nous transmettions à nos enfants tout ce qui importait : la science, l’histoire, la littérature, l’art. De vastes bibliothèques d’information se trouvaient à portée de leurs doigts. Mais nous ne nous étions pas suffisamment battus pour faire passer la vérité la plus chèrement acquise : la morale ne peut venir que de l’intérieur. La signification ne peut surgir que du dedans. En dehors de nos crânes, l’univers est indifférent.
Peut-être, à l’Ouest, avions nous porté les coups fatals aux vieilles religions doctrinaires, aux vieux monolithes de l’illusion… mais cette victoire ne signifiait rien.
Parce que partout, le poison insidieux de la spiritualité prenait maintenant leur place. »

 

 

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20 octobre 2007

Deadwood de Pete Dexter

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« Bill et Charley étaient à Deadwood depuis quatre jours quand le Mexicain arriva en ville, avec la tête d’un Indien. Il la tenait en l’air, pour que les paquets de boue qui giclaient des sabots de son cheval ne viennent pas la souiller, en poussant un cri mexicain. Il alla jusqu’au fond du bas-quartier, revint dans le centre. C’était l’évènement le plus marquant depuis le passage des chariots, aussi mineurs et voyous escortèrent-ils le Mexicain dans ses aller et retour, en imitant son cri. »
 

Deadwood, ville minière, blottie dans les Blacks Hills. Ville boueuse où les bars sont les commerces les plus nombreux. Ce roman évoque une page de l’histoire de cette ville dans la boue donc mais aussi au travers de personnages historiques tel que Wild Bill Hickok et Calamity Jane. Figures historiques profondément humaines, pathétiques, mythomanes, rongées par les maladies et l’alcool.

A Deadwood rien n’est beau, la ville bâtie en planche de pin, avec son village de tentes, son théâtre sans toit à tout d’une installation temporaire.

Pete Dexter évoque la ville et ses habitants à travers une poignée d’évènements marquants réparties en 1876 et 1878. Ce western n’est pas beau, ni aride, les personnages sont ravagés par diverses fièvres, maladies vénériennes et l’alcool frelaté quand ce n’est pas la variole qui s’en mêle.

On tire beaucoup de coup de feu… en l’air ! Pas d’intrigues haletantes dans ce roman mais les destins croisés de nombreux personnages.
Une vision du western très humaine et loin des archétypes habituels. Un bon moment.

« Bill et le chien gravirent une colline, à l’est de la clairière, et parvinrent dans un autre pré, plus petit, qui dominait Deadwood. De là, on ne voyait pas la ville, mais on la sentait.
Elle était là, de même que sa maladie. Une présence harcelante, à laquelle il ne pouvait échapper.
Le bouledogue enfouit son museau sous la main de Bill, pour qu’il le gratte à l’endroit de son oreille absente. Il s’exécuta, tout en pensant au Chinois qu’ils avaient mis dans le four. Il avait pour principe de toujours oublier ce qu’il avait fait, de bien ou de mal, de faire comme si ça n’avait jamais existé, sous prétexte que c’était du passé.
Il avait même oublié ce mensonge, car il savait que c’en était un. »

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09 octobre 2007

Le goût de l’immortalité de Catherine Dufour

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« D’innombrables générations de femmes ont, à travers les siècles, laissé leurs yeux sur des ouvrages minutieux et mal payés. Ma mère me paraissait atteindre une stature historique, celle de la femme veuve qui reprise patiemment la survie de sa famille à la lueur d’une chandelle. La chandelle était halogène mais ça ne changeait rien à cette détresse alimentaire, ni à son inextinguible patience. L’humanité doit tout à ces parques obscures qui ont nourri leurs enfants maille après maille, puis tiré leur suaire sur leurs yeux usés sans une plainte tandis que le monde se chargeait de leur précieuse progéniture, transformant leurs fils en chair à canon et leurs filles en chair à soldats. Tant de résignation effraie, elle intimide aussi. Les Animaux ne s’embarrassent pas de portées quand les circonstances ne s’y prêtent pas. Si toutes les mères abandonnées avaient fait pareil, si elles avaient, sans patience, jeté leurs rejetons dans la marmite à soupe au lieu d’essayer de les élever, l’être humain ne serait plus qu’un mauvais souvenir. »

 

Dans le futur, une vieille femme chinoise, quelque peu cynique, se lance dans une série d’aveux, narrant les évènements qui ont marqués son enfance, plus d’une centaine d’année plus tôt. Le livre est cette narration adressée tant à cet interlocuteur qu’au lecteur.

L’avenir dépeint par Catherine Dufour n’est pas gai, bien au contraire, tout n’est plus que pollution et nature à l’agonie. L’humanité se terre dans d’immenses cités constituées de bâtiments gigantesques. Les plus riches vivent au somment les plus pauvres vers la base, les exclus dans les sous sols ou dehors, ces derniers constituant la caste la plus nombreuse.
Dans cet univers terne une jeune fille chinoise, à l’enfance tragique, croisera le chemin d’un biologiste de retour d’une enquête avortée en Polynésie sur une soudaine réapparition du paludisme.
A travers le récit de leur vie et celui d’une poignée de personnes proches, c’est tout un monde en décomposition qui est dépeint.

Fable cynique, techno thriller teinté de magie vaudou, anticipation pessimiste, le goût de l’immortalité ne laisse pas indifférent. Très original dans sa forme, captivant et glaçant. A lire d’urgence !


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06 octobre 2007

Un monde d’azur de Jack Vance

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« Il entra dans le bungalow et se versa une coupe de vin, puis retourna rêvasser sur le banc. La sérénité du ciel et le calme des eaux l’apaisèrent et il finit même par sourire de sa propre véhémence jusqu’au moment où, son regard venant se poser sur l’endroit dévasté dernièrement par le Roi Kragen, sa mauvaise humeur le reprit de plus belle.
Il observa pendant quelques instants les signaux lumineux et cela ne fit que le confirmer dans son opinion que le style de Zander toujours fort dépouillé se desséchait à l’extrême. Comme il se retournait il aperçut un remous noirâtre à la surface de l’eau, tout contre le filet de protection : une masse sombre et luisante, au milieu des herbes marines et des lianes aquatiques, que les remous de l’eau entouraient de festons scintillants. Il s’approcha du bord et écarquilla les yeux pour mieux voir dans l’obscurité, totale maintenant. Un petit Kragen essayait de pénétrer dans le lagon de Tranque malgré le filet protecteur. »

 

Des criminels transférés en vaisseau spatial se révoltent et échouent leur engin sur une planète inhabitée totalement dépourvue de terres émergées.
Dix générations plus tard une civilisation s’est constituée sur les gigantesques plantes aquatiques qui prospèrent le long de l’équateur. L’absence de terres émergées et le climat doux et constant ont donnés lieux à une société primitive où le recyclage est un mode de vie, les os humains constituant la plupart des outils.
Tout irait pour le mieux si les humains n’étaient victime des kragen, créatures marines intelligentes qui viennent piller et ravager les cultures. Le pire de tous étant le Roi Kragen, monstre de vingt mètres de long, dont les humains achètent la protection à coup d’offrandes.
Sklar Hast, jeune homme impétueux, décide que la coupe est pleine quand un jeune kragen vient roder autour de chez lui et que le Roi Kragen ne daigne pas se montrer et assurer sa part du Pacte, à savoir protéger les humains des kragens. Avec quelques autres sous le coup de la colère, ils vaincront la créature qui les terrifie depuis des générations.
Le temps de la soumission semble terminer mais c’est sans compter sur la caste des médiateurs qui prospèrent grâce à leur monopole de la communication avec le Roi Kragen.
Très vite l’adversaire ne devient pas la créature mais les tenants de l’ordre établi, aussi inique soit il. 

Avec « Un monde d’azur », Jack Vance propose un magnifique récit sur la résistance et les mécanismes de l’autoritarisme. Assez court, ce roman se dévore en quelques heures et est difficile à abandonner une fois commencé. Certainement l’un de ses meilleurs textes. 

« Vu de loin, le Roi Kragen ressemblait à un ogre difforme en train de nager la brasse. Ses yeux antérieurs au fond de leur tube corné semblaient regarder en direction de l’îlot et se fixer sur la masse mutilée du kragen. Les hommes de leur côté le fixaient fascinés, les muscles aussi raides que la tige d’une plante marine. Le kragen qu’ils avaient capturé et qui leur avait semblé tellement monstrueux, semblait maintenant une miniature, une poupée, un jouet. »

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04 octobre 2007

Le grand dieu Pan d’Arthur Machen

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« Mais ses pensées devenaient confuses. Les hêtres s’étaient transformés en houx : çà et là une vigne serpentait de branche en branche, déployant ses pampres ou la pourpre des grappes, et le feuillage arpenté d’un olivier sauvage contrastaient parfois avec les houx obscurs. Clarke, dans les replis de son rêve, avait conscience que cette route l’avait mené de la maison paternelle à une contrée inconnue, et il en admirait l’étrangeté, quand soudain, effaçant l’été, ces parfums et ces murmures, un silence infini sembla tomber sur toutes choses : les bois se turent, et, pendant un lambeau de la durée, quelque chose qui n’était ni l’homme ni la bête, ni la vie ni la mort , mais toutes choses mêlées, l’apparence mouvante de toutes choses. Quelques secondes, et, tandis que le corps et l’âme semblaient près de se dissoudre, une voix pleura : « Allons, sortons d’ici. » Alors ce fut comme l’ombre de l’ombre par derrière les étoiles, comme l’obscurité éternelle. »

La lecture de La Pyramide de Feu m’avait motivé à acquérir ce livre mais je dois reconnaître que si cette histoire d’influence d’une puissance indicible se trouvant aux frontières de la perception humaine n’est pas inintéressante, le style très elliptique et allusif déçoit quelque peu. Tout n’est qu’enquête entre gentlemen horrifiés par ce qu’ils découvrent sans qu’on saches vraiment de ce dont il s’agit.

Pas désagréable, ni téléphoné juste un peu trop abstrait peut être quand on a beaucoup lu de Lovecraft.

« Mon cher Villiers, j’ai réfléchi à l’affaire dont vous m’avez entretenu l’autre nuit, et mon avis est celui-ci : jetez le portrait au feu ; chassez l’histoire de votre mémoire ; ne lui accordez jamais une autre pensée, Villiers, ou vous vous en repentirez. Vous allez supposer, sans nul doute, que je suis en possession de quelque information secrète, et jusqu’à certain point cela est vrai. Mais je ne sais que peu de chose ; et je suis comme un voyageur qui s’est penché sur un abîme, et a reculé terrifié. Ce que je sais est assez étrange et assez horrible ; mais par-delà ma connaissance, il y a des profondeurs et des horreurs plus horribles encore, plus incroyables que tous les contes d’hiver dits au coin du feu. J’ai résolu, et rien n’ébranlera cette résolution, de ne pas chercher à en savoir un iota de plus ; et si vous tenez à votre bonheur, vous ferez de même. »


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03 octobre 2007

Blind Lake de Robert Charles Wilson

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« Il savait très bien que, selon toute probabilité, il se trouvait face à sa dernière chance de sauver sa carrière de journaliste. Restait à savoir s'il voulait saisir cette chance. Comme l'avait souligné Elaine, d'autres options s'ouvraient à lui. L'alcoolisme ou la toxicomanie, par exemple, qu'il avait côtoyés d'assez près pour en comprendre l'attrait. Il pouvait également accepter un emploi de rédacteur de publicités ou de manuels techniques et avancer incognito jusque dans une cinquantaine paisible et respectable. Il ne serait pas le premier adulte à devoir revoir ses aspirations à la baisse et ne se sentait pas à plaindre pour cela.
Cette mission à Crossbank et Blind Lake était arrivée comme un rêve d'enfance trop longtemps différé. Un rêve éculé. Il avait grandit dans l'amour de l'espace, avait chéri les premières images des interféromètres optiques de la Nasa et d'Eurostar – des images préliminaires incluant les deux géantes gazeuses du système UMa47 (toutes les deux avec d'énormes et complexes systèmes d'anneaux) et une tache alléchante : une planète rocheuse à l'intérieur de la zone habitable de l'étoile. »

Blind Lake sera le dernier roman de Robert Charles Wilson que je lirai cette année en attendant la parution en français d'Axis en 2008.

Dans un futur proche à la géopolitique instable, un système quantique incompréhensible permet d'observer une planète lointaine avec un degré de précision stupéfiant. Il est possible de suivre la vie  d'un autochtone !  Mis au point par hasard le procédé n'est pas compris par ses concepteurs et les images obtenues bouleversent quelque peu les idées préconçues sur la place de l'humanité dans l'univers. Pour ces raisons, les sites d'observation astronomiques de Crossbanks et de Blind Lake sont hautement sécurisés et autarciques : le personnel est trié sur le volet, logé sur place avec toutes les installations civiles nécessaires à une vie de famille, seuls quelques travailleurs journaliers entrent et sortent.

« Donc, dit Charlie, on a vraiment deux projets de recherche en même temps : Hubble Plaza essaye de trier les données et ici on tente de comprendre comment on obtient les données. Mais on ne peut pas regarder de trop près. On ne peut pas démonter les O/BEC, les arroser de rayons X ou quoi que ce soit d'aussi agressif. En mesurer un, c'est le casser. Blind Lake ne se contente pas de dupliquer l'installation de Crossbank : il a fallu faire accomplir à nos machines le même processus de développement, sauf qu'on a utilisé les vieux interféromètres haute définition à la place de l'Ensemble Galilée, en abaissant délibérément la force du signal jusqu'à ce que les machines chopent le truc, quel qu'il soit. Il n'y a que deux installations de ce genre dans le monde, et toutes les tentatives d'en créer une troisième ont systématiquement échoué. On est en équilibre sur la pointe d'une épingle. C'est de ça que vous parlait ce type à Crossbank. Quelque chose de vraiment étrange et merveilleux ce passe ici, et on n'y comprend rien. Tout ce qu'on peut faire, c'est le pouponner en espérant qu'il ne va pas en avoir assez et s'éteindre tout seul. Ça pourrait s'arrêter n'importe quand. Bien entendu. Et pour n'importe quelle raison. »

Alors que les cadres dirigeants sont partis pour une conférence internationale et que trois journalistes sont admis à Blind Lake, la quarantaine est instaurée de l'extérieur sans explication. Le site de Blind Lake est toujours approvisionné en énergie et aliments mais est pour le reste totalement coupé du monde. Très vite, les détenus prendront la mesure de leur isolement en découvrant que des drones de combat mortels ont été mis en place autour du complexe. La vie s'organise alors dans ce nouveau contexte et les scientifiques continuent de travailler faute de mieux. Or c'est à ce moment là que Le Sujet, l'extraterrestre observé, change son comportement de manière radicale : il abandonne sa cité et se lance dans un périple à travers les étendues désertiques et abandonnées de sa planète.

Robert Charles Wilson s'empare ici de la mécanique quantique, très légèrement et avec une certaine poésie tout en privilégiant l'humain. Que ce soit avec Chris, journaliste sur le retour portant plusieurs fardeaux sur la conscience, Marguerite, responsable scientifique harcelée par Ray, son ex mari, responsable administratif psychotique et leurs fille, Tessa, gamine de neuf ans pertubée et sujette à des visions pour le moins inquiétante et encore quelques autres personnes. L'action se déroule sur des périodes clés, espacées dans le temps, et est décrite selon le point de vue de chacun des protagonistes.

Globalement, Blind Lake est un roman paisible loin de la fureur de BIOS, Darwinia ou des Chronolithes. L'évènement extraordinaire est ici une quarantaine inexplicable sujet de toutes les spéculations, la majeure partie de la narration concerne les protagonistes et le Sujet. Existe t il un lien entre le comportement de ce dernier et la quarantaine ? Comment fonctionne ces systèmes informatiques quantiques qui se programment     seuls ? Pourquoi cela fonctionne t il ? Et pour encore combien de temps ?
L'auteur répondra a quelques unes de ces questions tout en faisant évoluer ses personnages avec maestria. Une lecture plaisante qui se laisse dévorer très rapidement, pour un final très agréable emprunt d'une magie qui m'a donné l'impression de sortir d'un film de Miyazaki.

« Presque quatre mois de quarantaine, et on avait beau essayer de l'ignorer ou de la justifier, cela signifiait qu'il se passait quelque chose de prodigieusement mauvais – peut-être dehors, peut-être dedans. Quelque chose de mauvais, de dangereux et de caché qui finirait par venir avec bruit en pleine lumière. »

Posté par efelle à 16:06 - Science Fiction - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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