11 septembre 2007
BIOS de Robert Charles Wilson

« Ce qui faisait entre
autres de la planète une vaste et nouvelle pharmacopée.
L'essentiel du financement de l'exploitation de Yambuku provenait
d'ailleurs des collectifs pharmaceutiques chapeautés par le
Trust des Travaux. Cela n'allait pas sans poser de problèmes :
il fallait ainsi justifier auprès des comptables du Trust tout
ce qui sortait de Yambuku. Nulle trace, ici, pour la science pure, on
le faisait clairement comprendre aux employés d'origine
kuiper. Hayes était particulièrement apprécié
des Trusts, présumait-il, précisément parce
qu'il n'était pas reparti chez lui pour y publier aussitôt
une dizaine d'articles dans des revues scientifiques indépendantes
; un comportement qui, pour les Trusts, revenait à offrir à
qui en voulait ce pour quoi ils avaient payé. »
Dans un futur lointain, la Terre est
dominée par des Trusts eux même au main des Familles,
aristocrates héréditaires, gouvernant la majeure partie
de l'humanité d'une main de fer.
Tourné uniquement vers le
profit, ces entités laisse croupir la main d'oeuvre non
qualifiée dans des conditions misérables. L'espace a
néanmoins été colonisé, des gouvernements
indépendants se sont constitués sur Mars et dans des
habitats spatiaux.
Aux confins de la sphère humaine
se trouve Isis, une planète disposant d'une biodiversité
comparable à celle de la Terre si ce n'est qu'elle est
mortelle. Dans le passé d'Isis, la compétition des
organismes mono cellulaires a été plus longue et plus
intense que sur la Terre, les micro organismes sont agressifs et
dotés de moyens de défense très élaborés.
Intéressé par les débouchés
pharmaceutiques potentiels, les Trusts ont financés l'étude
d'Isis. Une station orbitale y a été installé
ainsi que des stations d'études scientifiques au sol,
véritables forteresses assiégées par les virus
autochtones.
« Autour de la station, on
avait brûlé ou assaisonné d'herbicides longue
durée une large bande de terrain pour la débarrasser de
sa végétation. Le coeur et les quatre anneaux coaxiaux
de Yambuku étaient enchâssés dans ce désert
noir telle une perle tombée à terre. La zone de
combustion empêchait les plantes autochtones de grimper sur les
murs en agrégat compressé de la station, d'obstruer ses
sorties et d'affaiblir ses joints. Elle évoquait aussi à
Hayes l'espace vide entre une forteresse et son mur d'enceinte. Un
champ de tir.
Mais ce no man's land n'était
d'aucune efficacité contre les micro-organismes aériens,
cause probable des défaillances à répétition
des joints, et déjà les mauvaises herbes tentaient de
nouvelles avancées, comme si la forêt étendait à
tâtons ses doigts verts. »
Zoé Fisher est la dernière
avancée scientifique des Trusts, génétiquement
créée, modifiée à coup de
nanotechnologie, elle doit pouvoir évoluer sur Isis avec un
équipement allégé. Sabotée par un médecin
afin qu'elle puisse ressentir des émotions, Zoé est
envoyée sur Isis avec son cortège de cauchemars et
d'émotions naissantes.
Sur place, jouet des intrigues
byzantines des Familles et de la veulerie des cadres des Trusts, elle
devra commencer son exploration d'Isis au moment où tout
commencera à tourner à la catastrophe.
« Imaginez Isis comme une
tueuse. Elle veut entrer. Elle nous veut, nous. Jusqu'à
présent, elle a tâtonné dans la serrure avec un
trousseau de clés – des composés chimiques – en
cherchant celle qui correspondait. Un effort terriblement long et
frustrant, ce qui nous a amenés à nous croire plus ou
moins en sécurité. Mais voilà qu'elle a trouvé
la bonne clé. La tueuse a la clé, et tout ce qu'il lui
reste à faire, c'est de l'utiliser, d'ouvrir patiemment une
porte après l'autre, parce qu'il est trop tard pour changer la
serrure. » Il résuma son point de vue : Bref, on
est baisé.
Dans ce court roman, Robert Charles Wilson, alterne les points de vue et les lieux, Zoé n'étant qu'un protagoniste parmi d'autres, ce qui donne au texte un grand dynamisme. Anticipation sociale, « film catastrophe », découverte d'entité véritablement extra terrestre, Wilson réussit à mêler tout ces thèmes de manière très efficace. Son livre se lit rapidement avec plaisir et se conclut de manière surprenante. Pas révolutionnaire, ni aussi remuant que Spin ou les Chronolithes, BIOS reste un bon roman qui passe agréablement le temps.
Commentaires
Robert C Wilson, c'est d'la balle
je pense le lire aussi celui là. j'apprécie tout particulierement chez cet auteur sa capacité a intégrer des concepts scientifiques interressants (sans faire de vents ou en racontant des betises) et l'etude des relations sociales, ajoutés à un zeste d'action rondement mené. j'ai l'impression que çà ressort un peu dans ce roman là. je me trompe ?
Il y a en effet les ingrédients qui ont fait le succès de Spin dans BIOS mais avec un petit moins d'émotion et de vertige.
Quoi qu'il en soit si tu veux entendre parler de biologie, de relations sociales et un zest d'action (on est entre scientifique après tout, t'attend pas à voir Bruce Willis), tu tires le bon numéro.
Dans la maîtrise des concepts scientifique Axiomatique de Greg Egan tient quand même le haut du pavé, ne te fie surtout pas à la couverture.
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