20 août 2007
La Pyramide de feu d’Arthur Machen

« Inutile de vous ennuyer avec un exposé détaillé des épreuves qu’il m’a fallu traverser pour aboutir à cette conclusion ; quelques expériences simples m’ont inspiré un doute sur ce qui était alors mon point de vue et une suite de pensées découlant de circonstances relativement futiles m’ont entraîné très loin ; ma conception de l’univers a été balayée et je suis resté là dans un monde qui me paraissait aussi étrange et terrifiant que pouvaient paraître les vagues de l’océan Pacifique déferlant à perte de vue quand on les a pour la première fois aperçues, avec leur scintillement, d’un sommet du pays de Darien. Aujourd’hui je sais que les murs des sens qui semblaient si impénétrables, qui paraissaient s’élever au dessus des cieux et plonger leurs fondation dans les profondeurs et nous enfermer à jamais, n’étaient que les plus ténus et légers des voiles qui se dissolvent devant celui qui cherche à savoir, et se dissipent dans la brise du matin, près des sources. »
Source d’inspiration et correspondant d’Howard P. Lovecraft,
Arthur Machen décrit une Grande Bretagne victorienne où les elfes de
Shakespeare sont devenus d’hideuses créatures oubliées hantant les landes et
collines désertes. S’inspirant légèrement de Conan Doyle et Robert Louis
Stevenson, Machen détourne les mythes anglo saxon pour en faire des contes
d’horreur. Les trois nouvelles de ce recueil sont assez réussis et distille un
léger malaise (sans pour autant atteindre les sommets des nouvelles les plus
réussies de Lovecraft).
Quoi qu’il en soit les protagonistes de ces nouvelles me semblent plus variés que ceux de Lovecraft et le détournement d’une mythologie existante permet d’aborder l’œuvre plus facilement. L’isolement des contrées reculées est remarquablement transcrit de même que la montée en intensité.
Un auteur très intéressant et son roman Le Grand Dieu Pan est désormais sur ma liste de livre à acheter.