Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

26 juillet 2007

Le Mage de Gene Wolfe

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Vous avez tous du travail. J’en ai pleinement conscience. J’ai du travail, et je m’efforce de le faire. Je suis moins inquiet que pensif. Nul ne réfléchissait guère au Sciel… et moi le dernier. Le Père des Batailles, la Dame et Thunor étaient très sages, cela nous suffisait. Nous les servions à la moindre occasion, autrement nous mangions, nous buvions, nous joutions et nous chantions. A présent, il n’y a plus personne pour réfléchir à ma place, et je me posai la question : Le Père des Batailles l’avait-il prévu ?

Suite et fin du Chevalier donc et changement de ton et d’ambiance. Able narre des épisodes qui lui ont été contés mettant en avant d’autres personnages puis reprend le cours de ses propres aventures. Par ailleurs, il a bien mûri et le regard qu’il porte sur les autres a changé, des personnages ne sont plus du tout décrit de la même façon d’un tome à l’autre !

La plupart des faits non explicités et des intrigues laissées en suspend dans Le Chevalier sont terminées ici. Able tiendra tous ses serments mais à sa façon tant ils sont nombreux et contradictoires. Très épique,  chevaleresque et proche de la mythologie scandinave, moins déroutant que Le Chevalier, ce roman est un excellent moment et une superbe conclusion à ce diptyque.
 

Je devrais décrire notre descente par les falaises jusqu’à la plage, mais j’en garde fort peu de souvenirs. Il me revenait à l’esprit les images de Disiri, de Gauvain, de Berthold, du Père des Batailles et de bien d’autres, dont un garçon qui allongé dans l’herbe au milieu des collines, avait vu dans les nuages cent choses étranges, parmi lesquelles un château.


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25 juillet 2007

Le Chevalier de Gene Wolfe

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J’ai mis un bon moment pour me remettre de L’ombre du bourreau,  tant le style de Gene Wolfe était particulier du fait de la personnalité de son narrateur. Assez déroutant, ce livre m’a bien plu au final et j’ai l’intégrale du cycle dans ma pile à lire.

Le Chevalier ne fait pas exception à L’ombre du bourreau et Gene Wolfe adopte à nouveau un style très particulier tenant à la nature même de son narrateur : un adolescent américain mystérieusement transporté dans un univers médiéval fantastique où se mêle chevalerie arthurienne et mythologie scandinave. Univers très original et particulièrement réussi.
Le principal protagoniste a été renommé Able et nous ne serons quasiment rien de sa vie antérieure si ce n’est qu’il a un frère auquel il destine ce manuscrit.
En tant que narrateur Able n’est pas très fiable, il élude certains passages et s’étend sur d’autres apparemment moins important, n’a de cesse de faire des références à des évènements ultérieurs et admet même avoir menti sans toutefois préciser où …
Revenons à l’histoire en elle-même, Able est transporté dans les sept mondes après avoir pris une branche sur un arbre rare : l’orépine. Transporté en Aelfrie, il est soumis à un traitement dont il ne gardera aucun souvenir puis relâché en Mythgarthr par les AElfes au sein du royaume de Célidon.
Adolescent perdu, Able rencontrera la déesse Parka puis sera recueilli par Berthold, un pauvre hère qui le prend pour son jeune frère disparu. A partir de là débuteront une série de rencontres qui transformeront Able tant psychologiquement que physiquement. Doté rapidement d’un corps adulte, Able va s’identifier à un idéal de chevalerie et agir en conséquence. Able reste toutefois un jeune adolescent aux réactions assez immatures et surprenantes : il multiplie les serments au fil de ses rencontres sans se soucier de la façon de les honorer ou de ce qu’ils impliquent, visiblement manipulé par diverses factions d’AElfes il poursuis ses pérégrinations sans se poser de question…

 

Il subsiste un dernier détail dont je vais t’entretenir aussi. Je n’étais qu’un gamin. Toug m’avait pris pour un homme, quand bien même j’avais essayé de le détromper. Son père (à l’instar d’Ulfa) me prenait pour un homme, plus jeune que lui, mais un homme : des deux, j’étais de loin le plus robuste. Or, il ne fallait y voir que l’œuvre de Disiri, et je restais, en vérité, un gosse. J’étais souvent au bord des larmes. Comme cette fois-là, où je m’approchais des hors-la-loi en cherchant du regard des hommes cachés derrière des rochers, ou dans les arbres tels les Aelfes. J’ai failli pleurer une autre fois, et je t’en parlerai plus tard. Quand on est un gamin et qu’on est dans une situation difficile, on ne peut pas l’admettre, parce que tout s’écroulerait.
Je m’en gardai bien. Je continuai d’avancer vers la vaste grotte, à pas lents, en me disant :
Ma foi, s’ils me tuent, ils me tuent, et on en parlera plus.
Mais Disiri occupait l’essentiel de mes pensées. Ca n’a jamais varié le moins du monde, que ce soit en Jotun, à la Bataille de la Rivière ou ailleurs. Je l’aimais, et je la voulais si fort que ça me déchirait les entrailles.
Faute de comprendre ce simple fait, peu importe ce que tu comprendras d’autre : ça n’équivaudra à rien. Les hors-la-loi se dressaient entre nous, je devais écarter et piétiner tout ce qui nous séparait, et il en irait ainsi jusqu’au bout.
 

Avec Le Chevalier, Gene Wolfe se démarque de la fantasy classique et offre ici un texte très particulier mais aussi intelligent et très maîtrisé. Son héros, Able est très attachant par sa candeur et ses idéaux étrangers au monde qu’il parcoure. L’absence de réponse à nombre de questions posé dans ce roman peu déstabiliser mais toutes les réponses sont apportés dans le deuxième volume de ce diptyque, Le Mage, que je dévore actuellement.

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Citoyens clandestins de DOA

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Lynx s’installa dans l’une des méridiennes. Steiner l’imita.
« C’était un gros bavard, finalement, ce brave Michel. Il a confirmé avoir supervisé l’achat des lots de Vx, comme vous le saviez déjà. »
Les deux hommes s’observèrent un instant.
« Effectivement, il a beaucoup parlé.
- Plus que toi, oui. Du Vx, bravo les gars. Encore un domaine dans lequel la chimie française est parvenue à briller. » L’agent mima des applaudissements.
Charles s’énerva. « Je ne trouve pas ça très drôle.
- Ah, toi non plus ? Voyons voir, est-ce que je me souviens de mes cours NBC ? C’est loin tout ça… Le Vx, incolore et inodore sous sa forme liquide pur, est un produit chimique découvert dans les années cinquante, par accident, en Angleterre si je ne me trompe pas, dans le cadre de recherches sur les insecticides, qui révéla très vite son potentiel stratégique. C’est, à ce jour, le neurotoxique militaire le plus efficace qui soit. […]
- Si ces idiots avaient été capables de le synthétiser correctement seuls, ils n’auraient jamais eu besoin de ces lots de référence. Tu comprends un peu mieux les raisons de tout ce bordel. A une époque où notre industrie pétrochimique est déjà sous le coup de plusieurs actions en justice, il est inutile de rappeler au bon souvenir de l’opinion publique cet épisode glorieux de son histoire passée.
- J’imagine que l’explosion de Toulouse n’arrange pas les choses. Notre affaire, étalée à la une, jetterait sur cette catastrophe un éclairage plutôt…
- Délicat ? Oui. Et il y a un autre problème. » Steiner soupira. « Nous pensons qu’une partie de l’exécutif américain pousse pour trouver une excuse qui justifierait une invasion de l’Irak. Ils savent que nous ne laisserons pas faire sans rien dire et comme nous siégeons au Conseil de sécurité de l’ONU… ils cherchent déjà à décrédibiliser notre parole par tous les moyens. Ils vont probablement faire sortir quelques histoires de corruption dans le cadre de Pétrole contre Nourriture. Parmi celles-ci, certaines concernent des personnes proches du sommet de l’Etat. »
Lynx ricana : « Avec des amis pareils, plus besoin d’ennemis. »

 

Début 2001, le régime Irakien s’affaiblit déjà et les tractations douteuses se multiplient.
Des terroristes islamistes réussissent ainsi à sortir du pays assez discrètement deux fûts d’armes chimiques, vendues par la France à l’Irak bien des années auparavant.
Tandis que ces armes commencent leur périple clandestin vers leur pays de création, les services secrets français finalement mis au courant commencent la traque…

Le renseignement français est une vaste nébuleuse que DOA présente très bien dans son roman (et dans l’annexe très pratique fournie avec), les services dépendant du Ministère de la Défense tente d’étouffer le scandale en agissant seuls et hors de leur juridiction… Ceux dépendant du Ministère de l’Intérieur tente de comprendre ce qui se passe et d’où provient cette hécatombe dans les rangs des islamistes français.

Deux ministères en concurrence, des services qui se tirent dans les pattes une fois sur deux, des factions au sein de ces mêmes services qui jouent des cartes personnelles. Cette affaire est un vrai bourbier compliqué par les attentats du 11 septembre, l’explosion de l’usine AZF et le début de la campagne présidentielle…
Au centre de cette intrigue trois personnages se croiseront : un agent infiltré parmi les islamistes soumis à une pression énorme, un agent clandestin opérant de manière musclée et une jeune journaliste découvrant peu à peu les enjeux et les dangers de cette affaire… 

Excellent thriller, dont l’intensité va crescendo, Citoyens clandestins se lit d’une traite. A lire de toute urgence !

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06 juillet 2007

Le prestige de Christopher Priest

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Andrew Wesley, enfant adopté devenu journaliste pour plaire à son père adoptif, a toujours eu l’impression d’avoir un frère jumeau. Des impressions lui arrive et il lui semble en transmettre à son tour quand son frère en éprouverait le besoin.
 Un fait divers étrange est signalé à son journal et le correspondant insiste pour que cette affaire soit couverte par Andrew, est joint à l’envoi un livre retranscrivant le journal personnel d’Alfred Borden. Borden étant le nom de naissance d’Andrew.
Sur place Andrew est poussé en avant par les impressions reçues de son jumeau, il rencontre Kate Angier l’instigatrice de cette rencontre. Elle lui narre alors le conflit opposant leur deux familles depuis l’affrontement de leur ancêtre, Alfred Borden et Rupert Angier, illusionniste concurrents.
Le récit est alors transposé à la fin du XIXe siècle au travers du journal personnel de chacun des deux magiciens. Borden vit par et pour la magie et son récit en est fortement marqué tandis qu’Angier habile à la mise en scène ne comprend pas grand-chose à son art si on ne lui en révèle pas les dessous.
Le récit de ses deux antagonistes est passionnant, leur vision des choses concernant leur concurrent est biaisée et la rivalité qui se discerne à travers de nombreuses ellipses n’en parait que plus mesquine et leurs auteurs antipathiques.
Au terme de ces deux récits, l’action retournera vers Andrew Wesley pour la résolution du mystère de sa gémellité putative.
 

Le Prestige est un excellent récit passionnant mais dont la fin tombe quelque peu à plat.
Les approches antagonistes de la magie de Borden et d’Angier sont parfaitement décrites et le roman se dévore malgré tout jusqu’à son terme.
Un bilan mitigé donc qui m’incite à conseillé le film plutôt que le livre, l’adaptation ne mettant en scène que les deux rivaux initiaux et rendant moins puérile leur conflit (ce qui n’est pas forcément mieux mais ça passe bien à l’écran).

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02 juillet 2007

Reaper’s Gale de Steven Erikson

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« The Malazan Book of the Fallen » est une décalogie de Dark Fantasy dans la veine de la Compagnie Noirede Glen Cook. Reaper’s Gale, le septième et dernier volume paru lui est d’ailleurs dédié.

 

The city was a mess. Riots and earthquakes and Moranth munitions. Lostara Yil began to realize that, if the arrival of the Bonehunters signified anything, it was the promise of a return to order, a new settling of civilization, of laws and, ironically of peace.
            But Adjunct, if we tarry here too long, that will turn.
It always does. Nobody likes being under an occupier’s heel. Simple human nature, to take one’s own despair and give it a foreigner’s face, then let looste the hounds of blood.
See these citizens ? These bright, gladdened faces ? Any one of them, before long, could turn. The reapers of violence can hide behind the calmest eyes, the gentlest of smiles.

 
Archéologue et anthropologue de
formation, Steven Erikson se fait un malin plaisir à multiplier les peuples et les ethnies plus que des races stéréotypées. Dans son univers, l’humanité est prédominante et les races non humanoïdes sont très rares ou quasiment éteintes. 

He looked again to the wall on the right, where, hanging from an iron hook, there was a bundle of fetishes. Feathers, strips of sealskin, necklaces of strung shells, shark teeth. The bedraggled remnants of three children – all that remained to remind them of their lives.

  L’empire « Malazan » s’étend sur trois continents mais est en phase de déclin. Laseen l’impératrice actuelle s’est emparée du trône en liquidant l’empereur, son assassin de bras droit et sa secte d’assassin. A la tête de sa propre secte – police politique, elle s’est assurée ensuite la pérennité de son règne en dégradant les cadres de l’ancien régime qui n’avaient pas optés pour la clandestinité. Las ce comportement lui a valu l’inimitié de deux dieux et l’affaiblissement de l’empire a donné des idées à d’autres ambitieux.
Tout cela serait simple si des règlements de compte entre ascendants ne resurgissaient à nouveau à la surface.

Qu’est ce qu’un ascendant ? Simplement un mortel qui a travers la magie ou des épreuves à transcender son état. Tous les dieux sont des ascendants mais tous les ascendants ne sont pas des dieux. Plus clairement un dieu est un ascendant qui s’est retrouvé doté de croyant et généralement règne sur une contrée magique. Les dieux ne sont donc pas éternels ni à l’origine du monde malgré les prétentions des trois races humanoïdes Tiste (Tiste Andi, Tiste Liosan et Tiste Edur, respectivement peuples des ténèbres, de la lumière et de l’ombre) qui affirme que tout est issue de Mother Dark la déesse qui les a engendrée. Il semblerait aussi que les dieux soit quelque peu prisonnier de leur propre culte et privés d’une partie de leur libre arbitre par les a priori de leur fidèles.

Dans cette série, nous suivons donc les conflits qui opposent les membres de l’ancienne garde « malazan » aux conflits et insurrections qui secouent l’empire et le monde. En effet, dans un lointain passé des magiciens ont amenés dans ce monde une divinité issue d’un autre afin de lutter contre un tyran. Le rituel a mal tourné, les magiciens ont été détruits et l’entité a été brisée lors de son arrivée. Fortement lié au chaos et folle de douleur, elle a entrepris la destruction de son environnement puis a été stoppée et enchaîné par les ascendants de l’époque, cette entité connue sous le nom de Crippled God agit désormais discrètement et manipule tout ceux qu’elle peut atteindre afin de noyer le monde dans le sang, enfin en apparence…

Les intrigues sont multiples et les personnages innombrables malgré la forte attrition qui les frappent. Chez Erikson tout est lié et des évènements ayant eu lieu des millénaires auparavant peuvent avoir des répercussions au cours de l’époque contemporaine. Certains ascendants n’ont de cesse de se mêler des grandes lignes de l’histoire tandis que d’autres se contentent de rester neutre ou de se comporter de manière infantile. Toutefois les uns comme les autres peuvent se faire piéger par des mortels de manière assez jubilatoire.

 

Bugg walked across the roof to stand beside the bed. He studied the repose form of Tehol Beddict for a moment, then he collected the netting and draped it over his master.
Eyes, one brown, the other blue, blinked up at him. “Shouldn’t there be a frame or
something ? I feel I am readied for my own funeral here.”
“We used the frame for this morning’s fire.”
“Ah. Well, is this going to keep me from being bitten ?”
“Probably not, but it looks rather fetching.”
Tehol closed his blue eye.
“I see…”
Bugg sighed. « Gallows humour, Master. »
« My, you are in a state, aren’t you ? »
“I am undecided,” bugg said, nodding. “Yes I know, one of my eternal flaws.”
“What you require, old friend, is a mortal’s perspective on things. So let’s hear it. Lay out the dilemma for me, Bugg, so that I might provide you with properly pithy solution.
    “The Errant follows the Warlock King, to see what he plans. The Warlock King meddles with nefarious rituals set in place by another ascendant, who in turn leaves off eating a freshly killed corpse and makes for an unexpected rendezvous with said Warlock King, where they will probably make each other ‘s acquaintance then bargain to mutual benefit over the crumbling chains binding another ascendant – one soon to be freed, which will pertub someone far to the north, although that one is probably not yet ready to act. In the meantime, the long-departed Edur fleet skirts the  Draconean Sea and shall soon enter the river mouth on its fated return to our fair city, and with it are two fell champions, neither of whom is likely to do what expected of them. Now, to add spice to all that, the secret that is the soul of one Scabandari Bloodeye will, in a depressingly short time, cease to be a secret, and consequently and in addition to and to concomitant with, are in for an interesting summer.”
“Is that all ?”
“Not in the least, but one mouthful at a time, I always say.
 

 

Par ailleurs, la guerre est courante et sale ! Les champs de batailles sont marqués par l’utilisation de la magie, d’explosifs chimiques (pour les malazan) et d’armement médiéval, un mélange baroque à mi chemin entre guerre moderne et antique. Les membres et les tripes jonchent le sol, les génocides sont monnaie courante sans parler de meurtres, viols et compagnie conséquences des intrigues politiques de moindre envergures.

Aussi sombre que soit son univers, Steven Erikson y a intégré une note humoristique par l’ajout de protagonistes pour le moins improbables déjantés ou dotés d’une faconde hallucinante. Chaque tome intègre ainsi une part d’humour entre de grandes séquences héroïques bien sombres, on reste toutefois très loin de l’humour de Eddings ou de Vance, bien qu’Erikson tourne quelque fois en dérision les poncifs du genre, à sa manière : sombre. 

A snort from Fear Sengar, where he sat on a stone bench near the portal way. “Boredom is stealing the last fragments of sanity in your mind, slave. I for one will not miss them.”
“The wizards and Silchas are probably arguing the manner of your execution, Fear Sengar,” Udinaas said. “You are their most hated enemy, after all. Child of the Betrayer, spawn of lies and all that. It suits your grand quest, for the moment at least, doesn’t it ? Into the viper’s den – every hero needs to do that right ? And moments before your doom arrives, out hisses your enchanted sword and evil minions die by the score. Ever wondered what the aftermath of such slaughter must be ? Dread depopulation, shattered families, wailing babes – and should that crucial threshold be crossed, then inevitable extinction is assured, hovering before them like a grisly spectre. Oh yes, I heard my share when I was child, of epic tales and poems and all the rest. But I always started worrying… about those evil minions, the victims of those bright heroes and their intractable righteousness. I mean, someone invades your hide-out, your cherished home, and of course you try to kill and eat them. Who wouldn’t ? There they were, nominally ugly and shifty-looking, busy with their own little lives, plaiting nooses or some such thing.
Then shock ! The alarms are raised !
The intruders have somehow slipped their chains and death is a whirlwind in every corridor ! » 

Reaper’s Gale se détache un peu de la série dans la mesure où elle apporte de nombreuses réponses et résout de nombreuses intrigues secondaires lancées en début de série. Les pistes en suspend sont moins nombreuses en fin de volume qu’en début, ce qui est un soulagement par rapport au tome précédent « The Bonehunters » et relance de fait l’intérêt de la série qui avait quelque peu décru.

« The malazan book of the fallen » est une série fleuve sombre, complexe, épique et résolument dramatique tant Erikson arrive à nous surprendre en exécutant les personnages les plus attachants aux moments les plus inattendus. A réserver aux amateurs chevronnés.

A noter que cette série est depuis peu éditée en français chez Calmann-Lévy.

 

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