Les lectures d'Efelle

Science fiction, fantasy, fantastiques et quelques oeuvres diverses et variées

25 juillet 2007

Le Chevalier de Gene Wolfe

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J’ai mis un bon moment pour me remettre de L’ombre du bourreau,  tant le style de Gene Wolfe était particulier du fait de la personnalité de son narrateur. Assez déroutant, ce livre m’a bien plu au final et j’ai l’intégrale du cycle dans ma pile à lire.

Le Chevalier ne fait pas exception à L’ombre du bourreau et Gene Wolfe adopte à nouveau un style très particulier tenant à la nature même de son narrateur : un adolescent américain mystérieusement transporté dans un univers médiéval fantastique où se mêle chevalerie arthurienne et mythologie scandinave. Univers très original et particulièrement réussi.
Le principal protagoniste a été renommé Able et nous ne serons quasiment rien de sa vie antérieure si ce n’est qu’il a un frère auquel il destine ce manuscrit.
En tant que narrateur Able n’est pas très fiable, il élude certains passages et s’étend sur d’autres apparemment moins important, n’a de cesse de faire des références à des évènements ultérieurs et admet même avoir menti sans toutefois préciser où …
Revenons à l’histoire en elle-même, Able est transporté dans les sept mondes après avoir pris une branche sur un arbre rare : l’orépine. Transporté en Aelfrie, il est soumis à un traitement dont il ne gardera aucun souvenir puis relâché en Mythgarthr par les AElfes au sein du royaume de Célidon.
Adolescent perdu, Able rencontrera la déesse Parka puis sera recueilli par Berthold, un pauvre hère qui le prend pour son jeune frère disparu. A partir de là débuteront une série de rencontres qui transformeront Able tant psychologiquement que physiquement. Doté rapidement d’un corps adulte, Able va s’identifier à un idéal de chevalerie et agir en conséquence. Able reste toutefois un jeune adolescent aux réactions assez immatures et surprenantes : il multiplie les serments au fil de ses rencontres sans se soucier de la façon de les honorer ou de ce qu’ils impliquent, visiblement manipulé par diverses factions d’AElfes il poursuis ses pérégrinations sans se poser de question…

 

Il subsiste un dernier détail dont je vais t’entretenir aussi. Je n’étais qu’un gamin. Toug m’avait pris pour un homme, quand bien même j’avais essayé de le détromper. Son père (à l’instar d’Ulfa) me prenait pour un homme, plus jeune que lui, mais un homme : des deux, j’étais de loin le plus robuste. Or, il ne fallait y voir que l’œuvre de Disiri, et je restais, en vérité, un gosse. J’étais souvent au bord des larmes. Comme cette fois-là, où je m’approchais des hors-la-loi en cherchant du regard des hommes cachés derrière des rochers, ou dans les arbres tels les Aelfes. J’ai failli pleurer une autre fois, et je t’en parlerai plus tard. Quand on est un gamin et qu’on est dans une situation difficile, on ne peut pas l’admettre, parce que tout s’écroulerait.
Je m’en gardai bien. Je continuai d’avancer vers la vaste grotte, à pas lents, en me disant :
Ma foi, s’ils me tuent, ils me tuent, et on en parlera plus.
Mais Disiri occupait l’essentiel de mes pensées. Ca n’a jamais varié le moins du monde, que ce soit en Jotun, à la Bataille de la Rivière ou ailleurs. Je l’aimais, et je la voulais si fort que ça me déchirait les entrailles.
Faute de comprendre ce simple fait, peu importe ce que tu comprendras d’autre : ça n’équivaudra à rien. Les hors-la-loi se dressaient entre nous, je devais écarter et piétiner tout ce qui nous séparait, et il en irait ainsi jusqu’au bout.
 

Avec Le Chevalier, Gene Wolfe se démarque de la fantasy classique et offre ici un texte très particulier mais aussi intelligent et très maîtrisé. Son héros, Able est très attachant par sa candeur et ses idéaux étrangers au monde qu’il parcoure. L’absence de réponse à nombre de questions posé dans ce roman peu déstabiliser mais toutes les réponses sont apportés dans le deuxième volume de ce diptyque, Le Mage, que je dévore actuellement.

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Citoyens clandestins de DOA

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Lynx s’installa dans l’une des méridiennes. Steiner l’imita.
« C’était un gros bavard, finalement, ce brave Michel. Il a confirmé avoir supervisé l’achat des lots de Vx, comme vous le saviez déjà. »
Les deux hommes s’observèrent un instant.
« Effectivement, il a beaucoup parlé.
- Plus que toi, oui. Du Vx, bravo les gars. Encore un domaine dans lequel la chimie française est parvenue à briller. » L’agent mima des applaudissements.
Charles s’énerva. « Je ne trouve pas ça très drôle.
- Ah, toi non plus ? Voyons voir, est-ce que je me souviens de mes cours NBC ? C’est loin tout ça… Le Vx, incolore et inodore sous sa forme liquide pur, est un produit chimique découvert dans les années cinquante, par accident, en Angleterre si je ne me trompe pas, dans le cadre de recherches sur les insecticides, qui révéla très vite son potentiel stratégique. C’est, à ce jour, le neurotoxique militaire le plus efficace qui soit. […]
- Si ces idiots avaient été capables de le synthétiser correctement seuls, ils n’auraient jamais eu besoin de ces lots de référence. Tu comprends un peu mieux les raisons de tout ce bordel. A une époque où notre industrie pétrochimique est déjà sous le coup de plusieurs actions en justice, il est inutile de rappeler au bon souvenir de l’opinion publique cet épisode glorieux de son histoire passée.
- J’imagine que l’explosion de Toulouse n’arrange pas les choses. Notre affaire, étalée à la une, jetterait sur cette catastrophe un éclairage plutôt…
- Délicat ? Oui. Et il y a un autre problème. » Steiner soupira. « Nous pensons qu’une partie de l’exécutif américain pousse pour trouver une excuse qui justifierait une invasion de l’Irak. Ils savent que nous ne laisserons pas faire sans rien dire et comme nous siégeons au Conseil de sécurité de l’ONU… ils cherchent déjà à décrédibiliser notre parole par tous les moyens. Ils vont probablement faire sortir quelques histoires de corruption dans le cadre de Pétrole contre Nourriture. Parmi celles-ci, certaines concernent des personnes proches du sommet de l’Etat. »
Lynx ricana : « Avec des amis pareils, plus besoin d’ennemis. »

 

Début 2001, le régime Irakien s’affaiblit déjà et les tractations douteuses se multiplient.
Des terroristes islamistes réussissent ainsi à sortir du pays assez discrètement deux fûts d’armes chimiques, vendues par la France à l’Irak bien des années auparavant.
Tandis que ces armes commencent leur périple clandestin vers leur pays de création, les services secrets français finalement mis au courant commencent la traque…

Le renseignement français est une vaste nébuleuse que DOA présente très bien dans son roman (et dans l’annexe très pratique fournie avec), les services dépendant du Ministère de la Défense tente d’étouffer le scandale en agissant seuls et hors de leur juridiction… Ceux dépendant du Ministère de l’Intérieur tente de comprendre ce qui se passe et d’où provient cette hécatombe dans les rangs des islamistes français.

Deux ministères en concurrence, des services qui se tirent dans les pattes une fois sur deux, des factions au sein de ces mêmes services qui jouent des cartes personnelles. Cette affaire est un vrai bourbier compliqué par les attentats du 11 septembre, l’explosion de l’usine AZF et le début de la campagne présidentielle…
Au centre de cette intrigue trois personnages se croiseront : un agent infiltré parmi les islamistes soumis à une pression énorme, un agent clandestin opérant de manière musclée et une jeune journaliste découvrant peu à peu les enjeux et les dangers de cette affaire… 

Excellent thriller, dont l’intensité va crescendo, Citoyens clandestins se lit d’une traite. A lire de toute urgence !

Posté par efelle à 09:52 - Divers - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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