04 juin 2007
Fight Club de Chuck Palahniuk

« Tyler et moi au bord du toit, l’arme dans ma bouche,
je me demande si cette arme est vraiment bien propre. »
D’après la fiche auteur du www.cafardcosmique.com le livre a donné lieu au film de Fincher qui
a fait connaître le livre. L’un et l’autre sont très proches et l’on se demande
en début de lecture si la lecture du livre est essentiel tant l’adaptation
cinématographique parait fidèle.
Oui cette lecture présente un intérêt !
Rapidement le livre diverge du roman tant dans sa
construction, le narrateur multipliant les flashs back et les associations
d’idées que pour la cohérence du récit. Le roman est plus cynique, ironique,
trash, violent mais surtout plus cohérent : la fin est différente, moins
hollywoodienne et plus inquiétante mais
reprenons depuis le début au cas où vous n’auriez pas vu le film.
Le narrateur (on ne connaîtra pas son nom), un technicien en
rappel pour une firme automobile est mal dans sa peau et souffre d’insomnie.
Les neuroleptiques lui étant refusé par un médecin, il trouve le réconfort
en fréquentant des groupes de soutien pour malades incurables. Il y rencontrera
Marla, tout comme lui touriste du morbide paumée vivant d’expédiant… La
présence de l’un gênant la présence de l’autre, ils se partageront les réunions
et garderont le contact pour maintenir le statu quo.
Entre alors en scène Tyler Durden, philosophe de bazar lors
de vacances. Suite à la destruction de son appartement, le narrateur rejoindra
ce dernier. Au cours d’une discussion autour d’une bière, ils réaliseront leur
haine commune du système et mettront en place un nouveau mode de vie nihiliste
et violent basé sur des combats de rue. C’est quand on touche le fond que l’on
est vraiment libre. Tout un programme !
De combat en actions subversives, les adeptes de ce système
vont se multiplier tandis que Tyler nouera des liens avec Marla au grand
désarroi du narrateur. Tyler théorise tout de la symbolique de l’auto
destruction, à l’imposition à la population de figures détruites des membres du
Fight Club, de l’insertion d’image pornographique dans les films grands publics
en passant par l’introduction de déjections dans les repas servis au
restaurant.
« Je suis de l’ordure, a dit Tyler. Je suis de l’ordure, je suis de la merde, je suis cinglé à vos yeux et aux yeux de tout ce putain de monde, a dit Tyler au président du syndicat. Vous vous fichez bien de l’endroit où je vis, des sentiments que j’éprouve, de ce que je mange ou de la manière dont je nourris mes mômes ou dont je paie le médecin si je tombe malade, et oui, je suis stupide, je m’ennuie, je suis faible, mais je suis encore sous votre responsabilité. »
Bien vite avec la multiplication des Fight Clubs et la mise en fonction de cellules quasi terroristes, le narrateur va se trouver dépassé et encombré par son ami mentor tandis que ce dernier lui rendrait bien la réciproque. Commence alors une lutte pour la primauté, l’un voulant détruire l’œuvre de l’autre mais cela est il encore possible ?
Trash et jubilatoire, Fight Club ne laisse pas indifférent tant la critique de notre société y est acide. Tout y passe du système qui broie les individus, la douce torpeur qui engourdie suite à trop de conforts ou l’inutilité de notre mode de consommation. Tout cela narré dans un style très particulier mais pas désagréable. A lire !
Commentaires
le film m'avait vraiment plu. j'essayerai sans doute le bouquin. (tyler Durden, le camarade jettable de vacances...)
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