01 juin 2007
L’enjomineur – 1794 de Pierre Bordage

Les intrigues se dénouent et nombre de personnages
secondaires oubliés refont surface…
Emile hésite entre le cauchemar sanglant de Mithra et le
paisible monde invisible tandis que Cornuaud et sa sorcière africaines, las des
carnages, s’humanisent peu à peu…
De Paris, le récit se portera rapidement en Vendée où la
répression anti-royaliste fait rage.
Emile et Cornuaud croiseront les connaissances de l’autre
puis finiront par se rencontrer une dernière fois…
L’auteur renoue avec la fureur meurtrière de 1792 en
décrivant la répression aveugle menée par les troupes républicaines en Vendée,
toutefois le récit reste emprunt d’espoir notamment dans l’évolution de la
psychologie des personnages : le temps du fanatisme est terminé et celui
des désillusions arrive. Plus que celle de Cornuaud, l’évolution d’Emile est
assez intéressante et pleine de rebondissement même si ses propres aventures
sont quelques peu répétitives dans leur structure, cela tenant sans doute à la
nature non belliqueuse du personnage.
Le cycle de l’Enjomineur se termine donc ici sur une note
humaniste, la révolution française et la révolte vendéenne auront été conté
sans manichéisme : les manœuvres des deux camps étant présentés sans fard.
La narration n’est pas sans rappeler celle des « Chemins de Damas »
avec l’apparition de plus en plus fréquente de grain de sable dans les rouages
des machines à massacrer au fur et à mesure que la lassitude et les
désillusions apparaissent et que la compassion revient.
Une trilogie pleine de fureur se terminant de manière quelque peu rapide
et téléphonée pour Emile mais rehaussée par l’histoire de Cornuaud. Un bon
moment pour les amateurs de Bordage.
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